TkachukLepage2

KANATA – Le message a été lancé dès que les partisans des Sénateurs d’Ottawa ont franchi les tourniquets du Centre Canadian Tire, mercredi: Brady Tkachuk n’est plus le bienvenu dans la capitale fédérale.
 
Partout où l’on tournait le regard, il y avait des pancartes se moquant de l’ancien capitaine de l’équipe et d’anciens chandails numéro 7 sur lesquels son nom avait été rayé au profit de qualificatifs peu flatteurs – le mot traître était particulièrement populaire.
 
Le départ de Tkachuk pour la Floride a manifestement froissé la fierté des partisans des Sénateurs. À son premier match à Ottawa dans l’uniforme des Panthers, ils lui ont fait comprendre par des chants plutôt inventifs qu’ils ne lui avaient pas pardonné. 
 
« On n’a pas besoin de toi »
 
« Tu ne sais pas lire »
 
« Sur-estimé »
 
« Tu manges des crayons »
 
« Qui est ton père? »
 
« Stützle est meilleur »
 
« F\\* ton podcast »
 
Et ce n’était pas tout : d’autres messages, beaucoup moins polis, ne peuvent être écrits ici. Ils ont été accompagnés, bien sûr, de huées chaque fois qu’il sautait sur la patinoire et d’un tonnerre d’applaudissements lorsque l’attaquant américain perdait la rondelle ou se retrouvait sur le derrière.
 
Les moqueries ne faisaient que s’intensifier à mesure que les Sénateurs creusaient l’écart dans ce match qu’ils ont finalement remporté 5-1 après avoir concédé le premier but à – vous l’aurez deviné – Brady Tkachuk.

FLA@OTT: B. Tkachuk ouvre la marque en A.N.

« Les partisans ont été impitoyables? », a d’abord feint l’ancien favori local en esquissant un léger sourire. « Non, j’ai trouvé ça bien. Ça démontre toute la passion qu’ils ont. C’était bien de jouer devant eux. »
 
Ses anciens partisans ne lui ont laissé aucun répit. De l’annonce de la formation partante jusqu’à ce qu’il retraite au vestiaire à la suite de sa troisième pénalité de la rencontre, ils l’ont pris à partie. Le point culminant est survenu lors de la vidéo hommage soulignant ses huit saisons dans l’uniforme des Sénateurs à la première pause publicitaire.
 
La bande sonore a été enterrée par des huées, mais Tkachuk a tout de même effectué un petit tour d’honneur au centre de la patinoire avec un grand sourire. En comparaison, Lars Eller a reçu une ovation debout quand son retour en ville a été souligné. Il a endossé l’uniforme noir et rouge pour 68 matchs, la saison dernière. 
 
« Comme je l’ai dit ce matin, ça ne change rien à ma façon de percevoir les partisans, a réitéré Tkachuk. J’ai connu de grands moments ici. Il y a eu des hauts et des bas, mais je n’ai que de bonnes choses à retenir de mon passage avec cette équipe. »

FLA@OTT: Les Sénateurs saluent Tkachuk à son retour à Ottawa

La tension monte
 
La rancœur et l’amertume des amateurs ottaviens ont ainsi transformé ce petit match d’octobre en véritable duel de séries. Plus les minutes passaient, plus l’animosité grimpait. Sur la glace et dans les gradins. 
 
La tension a atteint son paroxysme au début de la troisième période, lorsque le gardien Linus Ullmark s’est blessé en effectuant un arrêt de routine. Pendant qu’il retraitait au vestiaire en douleur, les deux frères Tkachuk se sont approchés du banc des locaux. L’échauffourée a éclaté, évidemment.
 
Dylan Cozens, qui est débarqué chez les Sens la saison dernière, semblait en avoir long à dire à son ancien capitaine pendant que des dizaines de chandails étaient jetés sur la glace.
 
« Tout ça, c’était nouveau, a reconnu Tkachuk. Ces gars-là étaient mes coéquipiers, il n’y a pas si longtemps. C’était une nouvelle expérience, je dirais même une expérience unique. J’ai essayé de m’amuser le plus possible. »
 
Tkachuk n’a jamais eu peur de jouer le rôle du méchant. Cette fois, il a toutefois peut-être poussé le bouchon un peu trop loin. Après avoir ouvert la marque, il a commis deux revirements qui ont mené à des buts, en plus de multiplier les écarts de conduite.
 
Il a regagné le vestiaire avec 1:16 à faire, sous les huées nourries des partisans, pendant qu’un classique résonnait au Centre Canadian Tire : « Hit the Road Jack »… et ne reviens plus jamais.
 
« Un chapitre s’est fermé ce soir, a conclu Tkachuk. Je suis excité pour le nouveau. »