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S’il y a un joueur qui peut afficher un large sourire en ce début de saison, c’est Vincent Desharnais.

Le défenseur québécois a enfin droit à de la stabilité, non seulement en raison du contrat de quatre ans qu’il a signé l’été dernier avec les Capitals de Washington, mais aussi parce que l’équipe semble avoir un rôle clair pour lui.

C’est tout le contraire de ce que le Québécois a vécu durant la majeure partie de sa carrière, lui qui a évolué pour les Oilers d’Edmonton, les Canucks de Vancouver, les Penguins de Pittsburgh et les Sharks de San Jose au cours des trois dernières saisons.

« J’ai pu m’acheter une maison. C’est vraiment cool, et c’est une belle étape pour moi », a-t-il souligné lors de son passage au balado de LNH.com La Tasse de café, qui sera publié jeudi. « Je suis vraiment content de la façon dont je performe en ce moment. J’y vais une journée à la fois, une pratique à la fois, un match à la fois. Et 84 matchs, c’est long. »

Cet état d’esprit rapporte, puisque Desharnais a déjà trois points au compteur en neuf matchs, ce qui représente près du tiers de sa production des deux dernières saisons (10 points en 104 parties). Mais le plus important, c’est la qualité de son jeu défensif, et les Capitals semblent satisfaits du défenseur de 6 pieds 7 pouces et 230 livres, puisqu’il a un temps de glace moyen de 19:25 depuis le début du calendrier, au troisième rang de l’équipe. Il s’agit d’un sommet en carrière pour le natif de Laval, qui présente aussi le meilleur différentiel de l’équipe (+9).

À 30 ans, il sait qu’il doit absolument saisir sa chance.

« Ça fait du bien de savoir que les coachs me font confiance, a-t-il dit. Je veux continuer de bâtir sur cette confiance que j’ai envers moi, que mes coachs ont envers moi, que mes coéquipiers ont envers moi, parce que c’est une nouvelle équipe. Ils ne me connaissent pas, et je ne les connais pas.

« Il ne me reste plus 10 ans. Nous avons une équipe pour gagner dans les prochaines années, et c’est mon but ultime. »

Desharnais est bien conscient que les choses peuvent dérailler rapidement dans la LNH. Le 1er juillet 2024, il signait un contrat de deux ans d’une valeur de 4 millions $ avec les Canucks, ce qui aurait dû apporter un peu de stabilité pour ce choix de septième ronde du repêchage de 2016, qui est passé par l’ECHL avant de finalement atteindre la grande ligue à l’âge de 26 ans.

Mais la sauce n’a jamais pris avec les Canucks, et Desharnais a fait ses valises après 34 matchs avec l’équipe.

« Le contrat, l’argent, c’est le "fun", mais j’étais vraiment content aussi avec Vancouver, a-t-il rappelé. Ç’a été la pire saison de ma carrière. J’aurais redonné tout cet argent pour ne pas avoir à vivre cela. C’était beaucoup de déprime et d’inconfort.

« C'est un beau contrat (avec les Capitals), mais quand le (directeur général Chris Patrick) me parlait du rôle qu'il avait pour moi ici, c’était quelque chose qui m'intéressait beaucoup, qui était excitant. Et de pouvoir commencer la saison comme ça, c'est sûr que ça fait du bien à ma confiance. »

Le casque d’Ovi

Desharnais a vécu l’un des beaux moments de sa carrière samedi dernier lors du match entre les Capitals et les Devils du New Jersey à Washington. Il a amassé deux mentions d’aide dans la victoire de 4-2 des siens, en plus d’être nommé la deuxième étoile de la rencontre.

Dans le vestiaire après la partie, l’attaquant Tom Wilson a dévoilé qu’après les victoires cette saison, un casque serait remis au joueur du match de l’équipe. Mais pas n’importe quel casque : celui qu’Alex Ovechkin portait lors de sa saison recrue en 2005-06, aisément reconnaissable en raison de sa visière teintée, qui a par la suite été bannie par la LNH.

C’est Desharnais qui a été le tout premier joueur à mériter le casque chanceux, que lui a remis Ovechkin lui-même. Le large sourire dans le visage du grand gaillard voulait tout dire.

« Mon père était en ville avec ses "chums" en plus!, a-t-il ajouté. J’ai eu la deuxième étoile. Ce sont plein de choses qui te font dire : "ce moment-là, on va en profiter, parce qu'on ne sait pas combien de fois ça va arriver de nouveau". »

Cette cérémonie aura en quelque sorte servi de baptême pour Desharnais au sein de l’organisation des Capitals, et de confirmation qu’il a sa place dans ce vestiaire. Ovechkin a même fait l’effort de prononcer son prénom au complet, plutôt que le surnom "Vinny", utilisé fréquemment par les anglophones.

« J’ai été le premier à voir dans sa visière, à mettre le casque, et réaliser qu’il jouait avec ça, qu’il était sérieux, a-t-il raconté en riant. Je lui ai demandé comment il faisait. Il m’a répondu que ça lui avait pris une semaine ou deux pour s’habituer, parce que la visière est tellement teintée. »

D’immenses attentes

Si les dernières semaines de Desharnais, avec le déménagement à Washington, la découverte d’une nouvelle organisation et de nouveaux coéquipiers, ont été un tourbillon, ce n’est rien par rapport à ce qui se prépare dans la capitale américaine cette saison, qui sera la dernière d’Ovechkin dans la LNH. Les attentes sont grandes, et l’objectif n’est plus un record de buts, mais plutôt de donner au capitaine une deuxième et dernière conquête de la Coupe Stanley en carrière.

S’intégrer à l’équipe dans une telle situation est donc un réel défi pour Desharnais, mais il n’est pas seul. L’équipe a ajouté d’autres vétérans durant la saison morte, dont les attaquants Alex Tuch, Jordan Kyrou et Boone Jenner. L’intégration se fait donc en groupe, et le défenseur voit déjà une grande différence après neuf matchs.

« Quand (Ovechkin) a fait cette annonce, c’est sûr que je n’étais pas le premier en ligne pour aller lui donner la main. Je ne le connaissais pas, on n’était pas rendu là encore, a souligné Desharnais avec le sourire. La culture qu'il a bâtie à Washington, tu sens qu'elle est encore là, tu sens qu'elle est forte. Tu as des gars comme Wilson, qui s'assurent que la culture est respectée. Si tu fais quelque chose d’un petit peu croche, tu vas le savoir, il va te le dire et il n'est pas gêné. Sur le plan de la motivation, c'est sûr que pour sa dernière année, finir ça avec un bang, ça serait vraiment le "fun"! »