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PHILADELPHIE – Dans la jungle « Heavy Metal » de la Ligue nationale, Trevor Zegras détonne.

L’attaquant des Flyers de Philadelphie est décrit par ses amis et entraîneurs comme un golden retriever, comme Jeff Spicoli, le personnage de Sean Penn dans le film « Ça chauffe au lycée Ridgemont », ou même comme un surfeur.

« Il a l’attitude d’un surfeur, du moins, dit son coéquipier Denver Barkey. Il suit le courant. Rien ne le dérange vraiment. »

À ces étiquettes s’ajoute celle de leader. Surtout depuis cet été, avec la signature d’un nouveau contrat de quatre ans et 36,5 M$ (9,125 M$/saison) avec les Flyers.

Zegras ne sera jamais l’émule de Jonathan Toews, alias Capitaine Sérieux, mais à l’aube de sa septième saison dans la LNH, il sait quelle place il doit prendre dans la LNH comme dans le vestiaire des Flyers, qui comptent cinq joueurs de moins de 23 ans au sein de leur formation. Six recrues ont enfilé l’uniforme de Philadelphie dans la victoire surprise de 3-2 contre l’Avalanche du Colorado lundi.

« On se rend compte qu’on vieillit et qu’on devient un leader, affirme Zegras. Ces joueurs sont jeunes et nous posent beaucoup de questions. Je peux me mettre dans leurs souliers, car j’ai vécu les mêmes choses qu’eux il y a peu de temps. Ce sont de bons jeunes. Ils rendent notre tâche facile. »

Zegras a d’ailleurs choisi d’ouvrir les portes de sa maison en banlieue de Philadelphie aux recrues de l’équipe.

Il a d’abord tenté l’expérience la saison dernière avec Barkey. Rappelé des Phantoms de Lehigh Valley dans la Ligue américaine en décembre 2025, Barkey a passé ses premiers moments dans la LNH en logeant dans un hôtel du New Jersey, mais au bout d’un mois, Zegras lui a cédé l’une de ses chambres d’invité.

« Je me souviens que ce n’était pas très plaisant de vivre à l’hôtel, raconte Zegras. Lorsqu’un jeune joueur arrive avec l’équipe, tu veux l’intégrer le plus rapidement possible. Je sentais que c’était la bonne chose à faire. »

L’expérience fut fructueuse. Barkey attribue une grande partie du mérite à Zegras pour sa saison recrue de 17 points (5 buts, 12 passes) en 43 matchs de saison régulière, puis de deux points (un but, une passe) en 10 rencontres éliminatoires. Si bien que les deux joueurs cohabitent encore cette année.

« Il m’a accueilli à bras ouverts, soutient Barkey. Il m’a dit que j’avais encore une place chez lui quand je le voulais. C’est très significatif venant d’un vétéran et de quelqu’un que tu admires, que tu regardais jouer en grandissant.

« Ça m’a facilité la vie. La dernière année m’a ouvert les yeux quant au passage dans les rangs professionnels, avec le style de vie et tout ce qui vient avec, le fait de devoir s’habituer à certaines situations impromptues d’une saison. […] Passer une autre année avec Trevor m’aidera et me permettra de me concentrer sur le hockey. »

L’attaquant recrue Porter Martone a lui aussi emménagé chez Zegras pendant la saison morte – sans même avoir reçu d’invitation!

« Il venait à la maison chaque soir ou presque, et j’avais un lit d’extra, explique Zegras. Il a emménagé par lui-même. »

Martone, qui aura 20 ans lundi prochain, se sent véritablement comme chez lui chez son coéquipier.

« Trevor est incroyable, lance-t-il. Il est un joueur habile et un bon fabricant de jeux. Je peux vraiment prendre des notes sur lui lorsqu’on discute de hockey. La chose la plus importante qu’il m’a dite est de ne pas trop penser, puis d’être soi-même sur la patinoire. Il m’a pris sous son aile. Il m’apprend les tenants et aboutissants de la Ligue.

« Il est super avec moi. Il est définitivement un modèle et l’un de nos principaux leaders. »

Le leadership de Zegras a été mis à l’épreuve en ce début de saison. Les Flyers ont perdu leurs neuf premiers matchs du calendrier (0-6-3), mais l’attaquant vedette a fait tout en son possible pour garder l’ambiance bon-enfant loin des patinoires. Et sur la patinoire, il a aidé les siens à décrocher leur premier gain de la saison samedi contre les Sénateurs d’Ottawa, inscrivant un but dans un filet désert pour porter l’avance des Flyers à 3-1. Il a remis ça lundi avec une prestation de trois passes contre l’Avalanche.

COL@PHI: Michkov double l'avance avec son deuxième

Zegras se retrouve donc avec un total de sept points (deux buts, cinq passes) après 11 matchs, à égalité avec Matvei Michkov au premier rang chez les Flyers.

« Trevor aime se rendre à l’aréna. Cette équipe compte tellement pour lui, assure Martone. Il y aura de l’adversité cette saison, mais il allégera l’ambiance dans le vestiaire. C’est super d’avoir quelqu’un comme lui dans notre équipe. »

Zegras compare son approche à celle de certains vétérans des Ducks d’Anaheim lorsqu’il a lui-même fait ses débuts dans la LNH en 2020-21. Josh Manson, à l’époque, avait été l’un de ses principaux mentors.

« Je n’ai pas vécu chez lui, mais il était vraiment celui qui veillait le plus sur moi », précise Zegras.

Aujourd’hui avec l’Avalanche du Colorado, Manson garde de bons souvenirs de ces années de mentorat.

« J’avais l’impression que la Ligue le moussait, qu’il y avait une certaine frénésie autour de lui, décrit-il. Oui, Trevor aime les projecteurs, il a une personnalité unique, mais il aime aussi avoir son jardin secret. Il voulait faire ses preuves à son arrivée dans la LNH.

« J’étais simplement une présence, quelqu’un à qui il pouvait parler s’il avait besoin d’un conseil, ou peu importe. C’est une ligue difficile pour un jeune joueur. C’est aussi une ligue difficile à percer, donc parfois, tu as besoin d’un confident.

Depuis, Zegras est lui-même devenu un confident pour ses plus jeunes coéquipiers.

« Tu ne veux pas te dénaturer en commençant à dire des choses à tout le monde, mais s’il y a des questions et des petits trucs avec lesquels je peux aider, ça me fait plaisir de partager, assure-t-il. C’est plaisant. »

Et ses coéquipiers lui en sont reconnaissants.

« À mon sens, il n’y a pas beaucoup de gens comme lui dans le hockey, conclut Barkey. Il est assez unique à mes yeux, et je pense que l’on peut apprendre beaucoup de choses grâce à lui en regardant la façon dont il se comporte au quotidien. C’est son état d’esprit, son attitude, sa façon de me parler. Ça m’aide à éloigner ma tête du hockey lorsque c’est nécessaire qu'elle s’éloigne du hockey.

« Et il est aussi là pour donner des conseils. Il a traversé plusieurs épreuves. Il est dans la Ligue depuis longtemps, alors je peux le contacter et lui poser des questions, que ce soit sur le hockey ou sur d’autres facettes de la vie. »

Avec la collaboration du correspondant indépendant de NHL.com Ryan Boulding

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