Brady Tkachuk presser v2 badge Lepage

OTTAWA – Brady Tkachuk a tenté de repousser le plus possible le moment de penser aux émotions que déclencherait son retour à Ottawa. Mais quand il a mis les pieds au Centre Canadian Tire comme membre des Panthers de la Floride, mercredi, il a compris qu’il ne pouvait plus éviter d’y faire face.

« C’est assez unique, a lancé l’ancien capitaine des Sénateurs après l’entraînement des siens. C’est une expérience que je vivrai qu’une seule fois dans ma vie. »

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Cette matinée n’avait effectivement rien d’un petit mercredi tranquille du mois d’octobre.

Les journalistes se comptaient par dizaines et toutes les caméras étaient braquées sur Tkachuk quand il a sauté sur la patinoire. Le revenant a aussi répondu aux questions des médias pendant une dizaine de minutes au podium habituellement réservé aux membres de son ancienne équipe.

Tkachuk presser Ottawa

Quatre mois après la transaction qui a mis fin à la lente rupture entre l'attaquant américain et la formation ottavienne, les retrouvailles permettront de mesurer ce qu'il reste de cette relation. 

« Tout le monde a droit à son opinion, a rappelé Tkachuk. Quelles que soient les émotions des partisans, ils y ont droit. Je n'en ferai pas une affaire personnelle. Je sais ce que je ressens envers cette ville et ces partisans – à quel point je suis reconnaissant envers eux. 

« Qu’importe la réaction, ça ne changera pas mes sentiments à leur égard. »

Mais derrière la reconnaissance et les bons souvenirs, il reste une blessure. Autant chez les partisans, chez les joueurs des Sénateurs que chez celui qui a porté le « C » pendant cinq des huit saisons qu’il a passées dans la capitale fédérale.

Tkachuk a d’ailleurs profité de la soirée de mardi pour renouer avec certains anciens coéquipiers, comme Drake Batherson et Jake Sanderson. D’autres, dont Tim Stützle, qui a cohabité avec lui pendant quelque temps, n’était toutefois pas présent.

L’attaquant allemand a justifié son absence en disant qu’il avait « un chef à domicile », et il semblait avoir hâte que les questions au sujet de son ancien complice soient écoulées. Les deux ne s’étaient pas encore croisés.

« On dirait presque un match de séries, a souligné Stützle. Ce sera bruyant et je sais que nos partisans sont des passionnés. Brady a fait de très bonnes choses pour nous et pour la communauté. On n’oublie pas ça, mais on va juste se concentrer sur le match et faire ce qu’on a à faire pour l’emporter. »

Scrum Tkachuk

Quand il est devenu évident que Tkachuk n’avait pas l’intention de signer un nouveau contrat avec les Sénateurs, la machine à rumeurs s’est emballée et le bruit extérieur est devenu impossible à ignorer. La séparation a laissé des traces, et la réaction des partisans pourrait en témoigner mercredi soir.

« Si vous êtes mécontents : venez mécontents, a lancé l’entraîneur des Panthers, Paul Maurice. Si vous avez aimé le regarder jouer, venez le regarder jouer. Si vous vous sentez trahis, assumez-le. Exprimez ce que vous ressentez, peu importe ce que c’est. C’est ça, le hockey et le sport professionnel. »

Une image à défendre

Signe qu’il s’attend à un accueil houleux, Tkachuk a réitéré son souhait de se servir des chandails qui pourraient être lancés sur la patinoire pour lever des fonds pour des œuvres caritatives.

« Il y a certaines choses qui ont circulé et qui n’étaient pas vraies, a expliqué Tkachuk. Le fait que des gens se soient demandé où était ma tête dans les derniers temps et qu’ils aient douté de mon engagement envers l’équipe a probablement été la partie la plus difficile de ce processus.

« Jusqu’à mon dernier match, je pouvais me regarder dans le miroir en sachant que j’avais consacré énormément de sueur, de sang et de larmes à cette équipe et à cette organisation. »

C’est justement cette façon acharnée de jouer, soir après soir, qui avait fait de lui l’un des favoris de la foule d’Ottawa. Et c’est cette image qu’il espère préserver quand la poussière sera retombée, malgré les circonstances de son départ.

« De mon côté, je sais que j’ai tout donné : du sang, de la sueur et des larmes, a conclu Tkachuk. J’ai tout donné et j’ai essayé de le faire chaque soir. Que ce soit en marquant un gros but ou simplement en apportant de l’émotion et de la robustesse, je me suis toujours donné à fond.

« J’espère donc qu’on se souviendra de moi comme d’un gars qui se donnait à 100 % en tout temps. »