Arber Xhekaj badge Chaumont

MONTRÉAL – En trois matchs depuis le début de cette série contre le Lightning de Tampa Bay, Arber Xhekaj n’a jamais dépassé le plateau des 11 minutes de temps de jeu : 10:59, 9:05 et 10:40.

Mais dans la simplicité, il y a du beau. 

Xhekaj joue du hockey inspiré dans un rôle de sixième défenseur. 

« Je sens qu’il n’y a rien d’autre qui importe. Je me concentre sur ma prochaine présence et mon prochain match. Je veux empiler les bonnes présences, les bonnes pratiques et les bonnes journées. »

Xhekaj ne pouvait choisir une meilleure expression que d’empiler les bonnes présences. 

Au troisième match contre le Lightning, le numéro 72 a posé ses patins sur la patinoire sur Centre Bell à 14 reprises, le plus faible total parmi les défenseurs et l’avant-dernier au sein de l’équipe. Seul Oliver Kapanen a obtenu moins de présences avec 11. Mais dès qu’il enjambait la bande pour sauter dans l’action, Xhekaj en profitait pour s’illustrer.

Il a terminé le dernier match avec une passe (sur le but de Kirby Dach), huit mises en échec, deux tirs et cinq tirs tentés, en plus d’un dossier de +2.  

« Jaco (Xhekaj) ne veut pas qu’on lui donne tout gratuitement, il bâtit sa propre carrière, a noté Martin St-Louis samedi matin après un entraînement optionnel au Centre Bell. Ce n’est pas la norme avec la génération d’aujourd’hui. Souvent, les jeunes veulent tout facilement. »

« Un joueur peut toujours utiliser des excuses, comme si je jouais plus, je jouerais mieux. Mais l’entraîneur dira que si tu joues mieux, tu joueras plus, a-t-il poursuivi. Il faut être réaliste et juste. Nous travaillons ensemble. Arber sait qu’à ses débuts dans la LNH, nous manquions de profondeur à la défense avec cinq recrues. Il a acquis du millage à ses débuts avec plus de minutes. Aujourd’hui, nous comptons sur plus de bons défenseurs. Il est réaliste avec sa place, mais il est aussi un compétiteur et il en veut plus. »

Jayden Struble, le partenaire de Xhekaj à la ligne bleue depuis le début des séries, a aussi louangé son travail. 

« Il a un impact dans cette série, a dit Struble vendredi soir. Il mesure 6 pi 4 po ou 6 pi 5 po et il pèse 240 livres. Il représente une menace sur la glace. Mais il le fait d’une façon intelligente, il contrôle bien ses émotions pour ne pas écoper de mauvaises punitions. Il joue vraiment bien. Quand nous sommes sur la patinoire, nous contenons les trios adverses, mais nous avons aussi nos chances offensivement. Il y a une belle complicité entre nous. »

Avant les matchs de samedi, Xhekaj se retrouvait au sommet de la LNH avec un taux de possession de la rondelle de 72,22% (Corsi). Struble suit parmi les joueurs du CH au 20e rang à 64,79%.

Xhekaj n’a pas bu une potion magique pour devenir un modèle de stabilité. 

« Vers la fin de la saison, j’ai regagné ma confiance, a-t-il affirmé dans le vestiaire du Tricolore vendredi soir après ce gain de 3-2 en prolongation. J’ai recommencé à bien me sentir avec la rondelle, à réaliser de bons jeux, à sortir de bonnes mises en échec et de bonnes lectures. Je voulais poursuivre sur la même route pour les séries. En ce moment, je me sens bien. »

En l’absence de Noah Dobson, toujours incommodé par une blessure à la main gauche, Xhekaj a saisi sa chance. Il n’y a pas si longtemps, l’Ontarien de 25 ans était incapable de maintenir sa place parmi les six défenseurs de l’équipe. Au retour des Jeux olympiques de Milano Cortina, il a sauté son tour pour 10 des 25 derniers matchs, regardant même six matchs d’affilée de la passerelle de presse à la fin du mois de mars.  

« C’est difficile mentalement quand tu as un paquet de trucs qui se passent sans pouvoir les contrôler parfaitement, a rappelé Xhekaj. Tu aimerais obtenir des réponses, mais parfois il n’y a pas de réponses. Quand mon esprit est clair, je joue mon meilleur hockey. Ce soir (vendredi), c’était un très bon match. » 

Questionné à savoir s’il venait de connaître son meilleur match de l’année dans cette première rencontre à Montréal contre le Lightning, le colosse a répondu par l’affirmative. 

« Je crois que oui. J’ai joué de bons matchs, mais avec l’intensité d’un match des séries, je dirais que c’était mon match le plus complet. L’enjeu est grand. C’est plus difficile d’être à son sommet dans de telles conditions, mais je pense m’être bien débrouillé. »

Trois matchs, trois prolongations

Dans une conférence-fleuve de plus de 25 minutes samedi où il a parlé de son amour pour la série Seinfeld, St-Louis a rappelé qu’il n’y avait rien de joué pour son équipe malgré une avance de 2-1 après trois rencontres. 

« Nous pourrions perdre 3-0, comme nous pourrions mener 3-0 après trois matchs en prolongation, a-t-il rappelé. La ligne est vraiment fine. Nous sommes heureux de mener 2-1, mais nous n’avons rien fait encore. »

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