OTTAWA – William Carrier « les a toutes faites, les erreurs », dit-il.
Tenir son bâton trop serré sur la route. Se laisser intimider par les partisans de l’équipe adverse. Distribuer des mises en échec sans réel but. S’asseoir sur une avance de 3-0.
Mais après 10 saisons dans la LNH, l’attaquant québécois des Hurricanes de la Caroline est rendu ailleurs, et son équipe aussi.
« On a un bon groupe de vétérans », a-t-il souligné en entrevue avec LNH.com après une réunion d’équipe au Centre Canadian Tire, vendredi. « On a déjà été dans une position où l’on tirait de l’arrière 0-3, et on a déjà perdu des séries en sept matchs. On veut fermer les livres. »
Dans sa dernière phrase, Carrier fait évidemment référence au quatrième match de la série opposant les Hurricanes aux Sénateurs d’Ottawa, qui aura lieu samedi dans la capitale canadienne. Il s’agira pour le Montréalais d’un 100e duel de séries éliminatoires depuis le début de sa carrière. Et pour l’occasion, ses coéquipiers et lui pourraient balayer les Sénateurs.
« Ce sera le match le plus difficile à gagner. C’est un duel sans lendemain pour eux, donc ils n’ont rien à perdre. Ce sera un bon match. »
Carrier a non seulement l’ambition d’éliminer les Sénateurs, mais aussi de connaître un long printemps. C’est ce à quoi il s’est habitué dans les dernières années.
En tant que membre des Golden Knights de Vegas, il a participé à deux finales d’association (2020, 2021) et à une finale de la Coupe Stanley (2018) avant de soulever le précieux trophée en 2023. Et à sa première saison avec les Hurricanes l’an dernier, l’équipe s’est qualifié pour le carré d’as.
Lorsqu’il repense à ses premières épopées printanières avec les Golden Knights, il souligne tout le chemin parcouru et, surtout, le contraste entre le William Carrier de 23 ans et celui qui en a aujourd’hui 31.
« Je me rappelle certains matchs contre San Jose ou Los Angeles, et je me dis que j’aurais pu être plus en confiance. Il ne faut pas tomber dans le panneau des erreurs [de débutant]. […] La majorité de ces gars-là en ont déjà fait aussi et ils ne veulent plus les reproduire », a-t-il mentionné en pointant le corridor menant au vestiaire des Hurricanes.
Il comprend donc ce que vivent les Sénateurs, qui ne vivent qu’un deuxième parcours éliminatoire depuis 2018.
« Les gars sont plus jeunes de l’autre bord, et j’ai été dans cette position-là. C’est plus difficile de jouer en séries quand tu es jeune, a argué Carrier. Tu tentes d’éviter le plus possible les erreurs année après année. »
Les Hurricanes sont devenus maîtres dans l’art de limiter ces erreurs, et pourtant, il semble encore y avoir un plafond de verre sur la tête des hommes de Rod Brind’Amour. L’équipe est en séries pour une huitième année d’affilée, mais elle ne compte aucune participation à la finale de la Coupe Stanley depuis le début de cette fructueuse séquence. Le rêve a pris fin une fois au premier tour, trois fois au deuxième tour et trois autres fois en finale d’association.
Après des séries expéditives de cinq matchs contre les Devils du New Jersey et les Capitals de Washington l’an dernier, les Hurricanes ont sèchement été battus par les Panthers de la Floride en finale de l’Est – dans une autre série de cinq rencontres.
Cette année, ils sont prêts à passer à la prochaine étape, promet Carrier.
« C’est une question de maturité. Avant de te rendre jusqu’au bout, il faut vivre chaque étape, a-t-il opiné. Avant de remporter la Coupe, j’ai perdu une finale. Les Panthers ont perdu une finale avant de remporter deux fois la Coupe. Tampa a vécu des finales d’association avant ses deux championnats. Il faut gagner en confiance d’année en année. Notre équipe de cette année est mature et prête à prendre le prochain ‘step’.
« Ils sont partie prenante de nos succès »
Depuis le début de ces séries, aucun joueur dans la LNH n’a distribué plus de mises en échec que Carrier. Le Québécois a servi 20 coups d’épaule aux joueurs des Sénateurs en seulement trois rencontres.
Il contribue grandement à forger l’ADN de cette série axée sur la robustesse et la limitation du temps et de l’espace.
« N’importe quel bon joueur qui a du temps va faire de bons jeux, mais si tu as peu de temps ou si tu te fais frapper jeu après jeu, tu vas finir pour commettre un revirement ou faire un mauvais jeu. La robustesse est un outil qu’on utilise pour récupérer la rondelle. J’ai déjà été dans des situations où on ne faisait que frapper pour frapper, mais au bout du compte, il faut faire des jeux, marquer, produire, et la robustesse est un outil pour y arriver. »
On décrypte ici l’influence de l’entraîneur Rod Brind’Amour, qui ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour lancer des fleurs au trio de Mark Jankowski, Eric Robinson et Carrier vendredi. Les trois hommes ont été réunis sur la quatrième unité presque lors de chaque match depuis janvier.
« C’est un trio costaud qui fait les bonnes choses, a-t-il soutenu. Tu peux compter sur eux, et ce, peu importe qui est sur la glace de l’autre côté. Ils font du bon travail depuis le début de l’année. Ils sont partie prenante de nos succès. »


















