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Vermette, le dernier morceau du puzzle à Anaheim?

Bouchard : Quel rendement affichera le centre québécois au centre du troisième trio des Ducks?

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Le rachat du contrat d'Antoine Vermette par les Coyotes de l'Arizona en a surpris plus d'un, vu la date tardive de l'événement. Ce faisant, les Coyotes affirmaient vouloir laisser toute la place à leurs jeunes joueurs (et épargner, au passage, un peu plus d'un million de dollars). Reste qu'un mois après l'ouverture du marché des joueurs autonomes, le jeu de chaise musicale de l'entre saison est pour ainsi dire terminé. Vermette n'a pourtant pas mis beaucoup de temps à se trouver une nouvelle chaise, chez les Ducks d'Anaheim.

 

L'équipe californienne y est allée de quelques remaniements à la suite d'une saison qui ne s'est pourtant pas si mal terminée. Après un départ catastrophique (une victoire et neuf défaites en octobre!), les Ducks ont graduellement retrouvé leurs marques, au point de terminer la saison en tête de leur section. Et l'équipe n'était pas exactement un tigre de papier, dopé par des pourcentages intenables à long terme. Ajusté au score et observé sur une fenêtre de 10 matchs tout au long de la saison, le taux de possession de l'équipe se maintient presque systématiquement au-delà de la marque des 50 pour cent.

Il est normal, dans ce contexte, qu'on ne fasse pas beaucoup de changements. Mais l'équipe a connu une baisse de régime en fin de saison et a été éliminée dès la première ronde par les Predators de Nashville. On a donc décidé de brasser la soupe en congédiant l'entraîneur Bruce Boudreau (pourtant l'un des meilleurs de sa profession; il s'est d'ailleurs rapidement retrouvé du boulot au Minnesota) et en ramenant Randy Carlyle, qui a déjà remporté la Coupe Stanley avec cette franchise.

Antoine Vermette s'amène donc à Anaheim, de toute évidence pour prendre le rôle occupé l'an dernier par Shawn Horcoff.

Si Ryan Getzlaf et Ryan Kesler sont confortablement installés dans leurs rôles de premier et deuxième centres, les choses se compliquent par la suite. Au départ occupé à mi-temps par Horcoff et Nate Thompson, ce rôle est graduellement devenu celui de Thompson, qui n'est pourtant pas exactement un joueur offensif de premier plan. En séries éliminatoires, on a même vu Rickard Rakell jouer en compagnie de Thompson sur cette unité. Bref, on cherche un peu plus de punch offensif. Rakell, qui peut jouer au centre, pourrait faire partie de la solution, maisil est franchement mauvais sur les mises en jeu, alors que Thompson, qui excelle dans cette discipline, ne produit rien sur le plan offensif.

Vermette apporte donc en théorie le meilleur des deux mondes à ce groupe de joueurs de soutien. D'une part, il demeure excellent sur les mises en jeu (il a remporté près de 56 pour cent de ses duels à 5-contre-5 l'an dernier) et produit une quarantaine de points par saison.

Mais il n'est pas tout à fait clair que tout ça va cliquer d'emblée. Vermette a bénéficié ces dernières saisons d'un temps de glace digne d'un deuxième centre et principalement joué avec l'increvable Shane Doan et le talentueux Mikkel Boedker. Rakell risquant fort de retourner aux côtés de Getzlaf et Perry, que peut-on lui offrir comme ailier de qualité? Outre le jeune Nick Ritchie, il n'est pas clair qu'on dispose à Anaheim du genre de talent permettant à Vermette de continuer à accumuler les points à 5-contre-5.

Autre problème, le jeu de possession de Vermette n'est plus ce qu'il était. En gros, depuis quatre ans, son équipe recale sur la part des tirs obtenus lorsqu'il est sur la glace à forces égales.

 

La dernière campagne semble indiquer un certain rebond, mais tout ça doit être mis en contexte. Alors qu'en 2012-13, 2013-14 et 2014-15 Vermette est utilisé à toutes les sauces, on le voit devenir un joueur plus spécifiquement déployé dans un contexte offensif en 2015-16. Ce contexte offensif (en gros : plus de mises en zone offensive, plus de temps de glace lorsque l'équipe tire de l'arrière par un score serré en fin de match et moins de responsabilités défensives) explique-t-il en partie l'amélioration de ses statistiques de possession de rondelle? Si c'est le cas, on pourrait avoir une bien mauvaise surprise à Anaheim en tentant de lui donner de plus grandes responsabilités défensives. Mais si, par exemple, on signe à nouveau Brandon Pirri et on construit autour de ces deux joueurs une troisième ligne à vocation plus offensive (le trio de Kesler est de toute façon celui qui se tape le sale boulot), le résultat pourrait être fort réjouissant. Il sera donc intéressant de voir dans quel contexte on déploiera
le Québécois en début de saison.

Un dernier point en terminant. Les Ducks ont présentement près de 65 millions engagés en salaires pour la prochaine saison. Étant une des équipes de la ligue semblant travailler avec un plafond « interne », c'est, en gros, le seuil autour duquel ils se tiennent année après année. Or, on doit encore signer Rakell et, ça n'est pas rien, Hampus Lindholm! Les Ducks n'ont donc manifestement pas terminé leur été et ils sont donc l'une des rares équipes susceptibles de continuer à poser des gestes majeurs d'ici l'ouverture des camps. À suivre…

 

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