Skip to main content

Thibault : Les gardiens aussi veulent donner un spectacle

Notre chroniqueur revient sur sa participation au Match des étoiles en 2003 et sur le rôle des gardiens au Concours d'habiletés

par Jocelyn Thibault @tibs41 / Chroniqueur LNH.com

Choix de première ronde des Nordiques de Québec au Repêchage 1993 de la LNH, Jocelyn Thibault a disputé 586 matchs au cours de sa carrière de 15 saisons dans la LNH. Il a porté l'uniforme des Nordiques, de l'Avalanche du Colorado, des Canadiens de Montréal, des Blackhawks de Chicago, des Penguins de Pittsburgh et des Sabres de Buffalo, signant 238 victoires. Il a été entraîneur des gardiens de l'Avalanche pendant deux saisons et il est désormais propriétaire et directeur général du Phoenix de Sherbrooke dans la LHJMQ. Il a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com pour traiter des dossiers chauds devant les 31 filets de la Ligue.

Le Match des étoiles de la LNH est d'abord et avant tout un spectacle, où les meilleurs joueurs au monde peuvent montrer au monde entier toute l'étendue de leur talent. Même si leur rôle est souvent un peu ingrat dans ce genre de compétition, ne pensez surtout pas que les gardiens ne veulent pas aussi en mettre plein la vue.

Que ce soit pendant le Match des étoiles ou le Concours d'habiletés, les gardiens qui ont été sélectionnés laissent la technique au vestiaire le temps d'un week-end et tentent d'épater la galerie en réalisant des arrêts à couper le souffle. Nous ne sommes pas là pour faire plaisir à nos entraîneurs des gardiens, mais bien pour montrer ce dont nous sommes capables. Il s'agit d'une reconnaissance pour notre rendement pendant la saison, et c'est un honneur d'être sélectionné.

Il ne faut pas se leurrer, les gardiens ont aussi leur fierté. En fait, aucun athlète ne peut atteindre le plus haut niveau de son sport sans avoir une bonne dose d'orgueil. C'est cependant certain que les gardiens ne se retrouvent pas dans les meilleures conditions possible au cours du Match des étoiles, puisque l'on donne aux meilleurs joueurs de la Ligue tout le temps et l'espace dont ils ont besoin pour réaliser les manœuvres de leur choix.

Accorder du temps et de l'espace aux meilleurs joueurs adverses pendant un match de saison régulière, c'est déjà une recette parfaite pour un désastre. Dans un Match des étoiles, où les replis défensifs et le jeu physique sont absents, c'est la débandade! C'est encore plus difficile pour les gardiens aujourd'hui avec la formule à 3-contre-3. Le Match des étoiles se disputait encore à 5-contre-5 à mon époque, et c'était déjà quelque chose.

Je dois toutefois dire qu'au cours de ma participation au Match des étoiles en 2003, le match avait été très serré. Nous nous étions imposés 6-5, alors que nous avions eu besoin de la prolongation et des tirs de barrage pour l'emporter. Quand je disais que les joueurs ont leur fierté, je me souviens avoir vu Jeremy Roenick, qui représentait les Flyers de Philadelphie, distribuer quelques mises en échec en troisième période! Ça avait fait en sorte que l'intensité avait grimpé d'un cran. Je pense que c'était la première fois que je voyais un coup d'épaule intentionnel être donné dans cette classique annuelle.

Amenez-en des tirs…

Comme je l'ai dit plus haut, l'essentiel au cours de ces célébrations du Match des étoiles, c'est que les partisans assistent à de belles performances de leurs joueurs préférés. On tente le plus possible d'impliquer les gardiens dans ce processus, et on a tenté au fil du temps de leur trouver des épreuves où ils peuvent briller.

Il y a toujours eu la classique échappée, où le gardien tente de freiner les patineurs qui s'amènent à 1-contre-1 devant eux. Lors de ma participation, j'avais cédé deux fois sur six tirs, alors que j'avais stoppé des joueurs de la trempe de Zdeno Chara, qui m'a fait la faveur de ne pas décocher un tir frappé de l'enclave, et Marian Hossa. Les deux seuls joueurs à m'avoir déjoué sont l'illustre Jaromir Jagr et Sergei Gonchar, les deux porte-couleurs des Capitals de Washington. Disons que j'ai eu une petite seconde de frayeur contre Gonchar, que j'ai fait tomber en tentant de harponner la rondelle. Faire chuter une vedette de la Ligue qui s'amène sans casque ne faisait pas partie du scénario rêvé! Plus de peur que de mal cependant, et il ne m'en a pas tenu rigueur. 

En 2003, j'avais participé à l'épreuve du 3-contre-0, où trois joueurs s'amenaient contre le gardien à trois reprises. Tous les joueurs devaient avoir touché au disque avant de tenter un tir. Croyez-le ou non, j'ai trouvé cette dernière épreuve plus facile que les tirs de barrage classiques. Quand des joueurs s'amènent à deux ou à trois contre un gardien, et c'est aussi vrai dans les matchs de saison régulière, ils ont tendance à vouloir effectuer une passe de trop afin de ne pas être considérés comme des « mangeux de puck ». Le gardien se doit alors d'être patient et de demeurer profondément dans son demi-cercle en anticipant la passe.

On a vu toutes sortes d'autres épreuves impliquant des gardiens, notamment une épreuve où ils tentaient de marquer d'un bout à l'autre de la patinoire. Peu importe ce qui nous est demandé de faire, nous nous y plions avec plaisir, car personne ne se prend vraiment au sérieux au cours de cet événement.

Une belle complicité

Les gardiens d'une équipe ont souvent tendance à se tenir ensemble, peu importe les circonstances. Au Concours d'habiletés, alors que les cerbères ne sont en action que dans une ou deux épreuves, c'est la même chose qui se produit. Disons que nous avons beaucoup de temps pour discuter!

J'ai eu la chance de côtoyer des légendes comme Patrick Roy et Martin Brodeur en 2003, et puisque Patrick Lalime était aussi invité, la délégation québécoise était assez importante. C'était l'époque où les gardiens du Québec étaient dominants aux quatre coins de la Ligue, un statut qui s'est tranquillement effacé depuis.

Comme l'ont mentionné Simon Gagné l'an dernier et Philippe Boucher il y a quelques jours, le Match des étoiles est surtout une expérience agréable sur le plan familial. La LNH fait les choses en grand et nous sommes traités aux petits oignons, tout comme les membres de notre famille. J'y étais avec mes deux filles aînées, ma conjointe, qui était enceinte, ainsi que ma belle-famille. Nous avons eu beaucoup de plaisir en compagnie des autres joueurs de la Ligue, et de plusieurs légendes.

*Propos recueillis par Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com

En voir plus

La LNH a mis à jour sa Politique de confidentialité en date du 27 février 2020. Nous vous encourageons à la lire attentivement. La LNH utilise des témoins, des pixels espions, et d'autres technologies similaires. En utilisant les sites Web de la LNH ou d'autres services en ligne, vous acceptez les pratiques décrites dans notre Politique de confidentialité et nos Conditions d'utilisation, ce qui inclut notre Politique à l'égard des témoins.