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Tout au long de la saison, les membres du LNH.com participeront à des tables rondes pour répondre à diverses questions. En interagissant entre eux, nos experts donnent leur opinion sur plusieurs sujets chauds à travers la LNH.
Aujourd'hui, on leur a proposé l'énoncé suivant : Après deux semaines d'action, certaines de nos prédictions de début de saison semblent se confirmer, mais d'autres sont en voie de nous faire très mal paraître... quelle équipe que vous n'aviez pas placée en séries est la plus susceptible de vous faire mentir à la fin de la saison?

Hugues Marcil, pupitreur LNH.com

Sans dire que j'écartais complètement les Golden Knights de Vegas du portrait des séries éliminatoires de la Coupe Stanley, je ne donnais pas cher de leur peau à l'aube de la saison.
Après tout, Vegas avait échangé Max Pacioretty et Dylan Coghlan aux Hurricanes de la Caroline en retour d'absolument rien durant l'été, puis on a appris que le gardien Robin Lehner allait rater toute la saison en raison d'une blessure à une hanche. C'est sans compter l'état de santé de Mark Stone, qui avait été opéré au dos en mai et qui possède une carte fidélité à l'infirmerie de l'équipe. Je me disais que ça laissait bien peu de joueurs pour faire la différence à Vegas.
Au sein de la section Pacifique, je voyais deux très bonnes équipes - les Flames de Calgary et les Oilers d'Edmonton - une équipe en pleine progression - les Kings de Los Angeles - et une équipe qui allait rebondir - les Canucks de Vancouver. Jusqu'ici, seuls les Flames répondent à mes attentes, et Vegas en profite pour prendre une longueur d'avance.
Force est d'admettre que Logan Thompson livre la marchandise en remplacement de Lehner. J'avais aimé ce que j'avais vu de lui en 19 matchs la saison dernière, mais l'échantillon était mince pour lui donner le Bon Dieu sans confession. Il donne toutefois une chance à son équipe de l'emporter chaque fois qu'il est devant le filet.
En attaque, Jack Eichel est en train de rappeler à tout le monde qu'il appartient à l'élite de la LNH avec sept points, dont trois buts, en six rencontres. On l'avait un peu oublié avec sa longue absence et la saga de son échange des Sabres de Buffalo aux Golden Knights, vous ne trouvez pas? Lui et Stone prennent les choses en main cette saison.
Et que dire du petit gars de chez nous, Jonathan Marchessault, qui cumule six points en autant de sorties, et d'Alex Pietrangelo, qui se comporte en véritable général à la ligne bleue? L'expression qui dit que les meilleurs joueurs doivent être les meilleurs est galvaudée, mais c'est exactement ce qui se produit chez les Golden Knights cette saison.

Nicolas Ducharme, journaliste LNH.com

On savait qu'un moment donné, les Sabres de Buffalo allaient connaître de meilleurs jours. Ces jours sont peut-être arrivés.
La reconstruction a été longue à Buffalo, mais enfin, on semble s'approcher du bout du tunnel. Le défenseur Rasmus Dahlin connaît enfin son éclosion, lui qui a huit points, dont cinq buts, en autant de matchs depuis le début de la saison. L'attaquant Alex Tuch, qui a été obtenu dans la transaction Jack Eichel, joue lui aussi à son plein potentiel avec six buts et sept points. Les jeunes comme Dylan Cozens, JJ Peterka, Casey Mittelstadt, Tage Thompson, Owen Power et Peyton Krebs mettent aussi l'épaule à la roue.
Surtout, les Sabres jouent avec beaucoup plus de confiance sous les ordres de Don Granato que lorsque Ralph Krueger était derrière le banc. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Dahlin lui-même, dans un
texte paru sur notre site
cette semaine.

BUF@VAN: Dahlin marque son cinquième en cinq matchs

Est-ce que ce sera assez pour être des séries éliminatoires? Je demeure sceptique. Dans les dernières années, les Sabres nous ont habitués à connaître une excellente séquence avant de s'écraser en deuxième moitié de calendrier et rater le rendez-vous printanier. On peut douter que les gardiens Craig Anderson et Eric Comrie puissent exceller de la sorte toute la saison. À vrai dire, ce serait un exploit s'ils demeurent en santé. Les Sabres ont été particulièrement malchanceux à cette position lors des deux dernières campagnes, eux qui ont utilisé 10 gardiens. Oui, dix!
Mais ne fermons pas la porte. Le potentiel est là, et si tout tombe en place, les Sabres pourraient être des séries pour la première fois en 12 saisons.

Gabriel Duhamel, pupitreur LNH.com

Les Stars de Dallas en ont surpris plusieurs le printemps dernier en poussant leur série éliminatoire face aux Flames de Calgary à la limite des sept matchs. Le début de cette saison régulière représentait pour eux un moyen de confirmer - ou d'infirmer - ce qu'ils avaient accompli en 2021-22.
Plusieurs variables rendaient toutefois la tâche ardue. La formation texane a pris le pari de combler la perte de John Klingberg (maintenant avec les Ducks d'Anaheim) à l'interne, bien que personne hormis Miro Heiskanen ne semble être capable d'accaparer une telle mission offensive. Joe Pavelski, à 38 ans, devait prouver que sa récolte de 81 points de l'an dernier ne constituait pas qu'un heureux hasard. Il est le meneur d'un noyau d'attaque vieillissant qui comprend Jamie Benn et Tyler Seguin, dont les meilleures années sont visiblement derrière eux. Puis, devant le filet, Jake Oettinger devait confirmer son éclosion de 2021-22. C'est grâce à lui que les Stars ont pu rêver au deuxième tour en mai.
La récidive était possible, mais la chute semblait l'être davantage. Surtout dans une division où l'Avalanche du Colorado règne, suivie de près par les Blues de St. Louis et le Wild du Minnesota. Tout me portait à croire qu'un passage en séries éliminatoires allait passer par la lutte au quatrième as, où les Predators de Nashville et les Golden Knights de Vegas, entre autres, allaient présenter des groupes plus sûrs.
Force est d'admettre que les Stars ont entamé cette saison sans complexe. Ils ont battu deux fois les Predators par un pointage combiné de 9-2. Ils ont obtenu un point à chacun de leurs cinq premiers matchs. Ils accordent une moyenne de 1,66 but par match, moins que quiconque dans le circuit. Jake Oettinger (efficacité de ,959) est le gardien de l'heure. Joe Pavelski (quatre buts et trois passes en cinq matchs) continue de ne pas faire son âge. Ailleurs dans la Centrale, le Wild et les Predators sont chancelants. Je me ravise donc, les Stars devraient se faufiler devant ces deux formations.

Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com

Je me disais que la saison 2022-23 allait être celle où les Bruins de Boston allaient amorcer une dégringolade au classement, après plusieurs années de succès presque ininterrompu. Et les raisons pour justifier cette décision ne manquaient pas.
Un noyau vieillissant. Une absence presque totale d'espoirs de qualité pour venir prêter main-forte à l'équipe. Une panoplie de blessures à des joueurs de premier plan. Un joueur vedette dont la situation contractuelle allait probablement devenir une distraction. Un nouvel entraîneur qui allait avoir beaucoup de travail pour implanter un nouveau système. Aucune chance que les choses se déroulent de manière positive à Boston, n'est-ce pas?
Et pourtant… Brad Marchand n'a pas encore disputé de partie cette saison, et ça n'empêche pas l'attaque de marquer 4,33 buts par match, bon pour le troisième rang du circuit. Charlie McAvoy n'est pas non plus attendu avant plusieurs semaines, tout comme Brandon Carlo, tombé au combat après quelques matchs seulement. Ça n'empêche pas les Bruins d'afficher un excellent rendement de 90,9 pour cent en infériorité numérique.
Le bon vieux David Krejci semble avoir été revigoré par son exil en Tchéquie la saison dernière, et il donne aux Bruins un redoutable deuxième trio. Qui avait prédit que Krejci allait avoir amassé deux buts et cinq passes en six matchs?
Non seulement les Bruins ne semblent pas partis pour rater les séries, ils jouent comme une équipe qui est prête à se battre pour le titre de la section Atlantique, malgré l'absence de joueurs vedettes qui vont finir par revenir au jeu.
Je l'admets, celle-là, je ne l'ai pas vue venir.

BOS@OTT: David Krejci, dans le haut du filet