« Le premier match, j’ai trouvé ça difficile surtout en raison de la façon de jouer des Hurricanes, a dit Helenius. Puis contre Nashville, c’était un peu plus facile. On avait la rondelle davantage et ça m’a permis de faire ce que je sais faire. Je suis un joueur offensif. J’aime jouer en possession de rondelle. »
Avec l’excellente deuxième saison qu’il connaissait alors dans la Ligue américaine – il avait amassé neuf buts et 30 points en 34 matchs – il a démontré que sa transition pouvait se faire plutôt aisément. Et ce n’est pas nécessairement une surprise pour l’état-major.
« Il a affiché une très belle constance à Rochester, a expliqué le directeur général, son compatriote, Jarmo Kekalainen. Il fonctionne à près d’un point par match et il a seulement 19 ans. Il a mérité ce rappel. Il a été très solide à son premier match, il ne paraissait pas nerveux, et il a mérité plus de chances ensuite.
« On a tous vu les résultats à son deuxième match. J’espère que ça lui permettra de gagner encore davantage en confiance. Il doit poursuivre sur cette lancée pour mériter plus de temps de jeu. »
S’il y a une leçon à retenir de ça pour les Canadiens, c’est de ne pas lui donner trop de temps et d’espace. Parce que derrière les trios de tête particulièrement menaçants, celui qu’il complète avec Noah Ostlund et la peste Zach Benson semble rapidement avoir trouvé son erre d’aller.
Le fait qu’Helenius et Ostlund ont beaucoup joué ensemble à Rochester, l’an dernier, ne leur nuit assurément pas. Et comme Benson a toujours la pédale au plancher, ça facilite grandement les choses.
« Ces trois-là étaient vraiment connectés au dernier match, ils se sont réellement aidés, a observé Ruff. Ils ont joué en bloc en zone offensive et ont envoyé des rondelles au filet. Konsta a un excellent tir. Il a obtenu de bonnes chances. Il a frappé le poteau en début de match, et il a marqué plus tard sur la même présence. »
En audition constante
On ne sait trop combien de temps durera le séjour du Finlandais avec les Sabres. Il a été rappelé au lendemain de la blessure subie par Josh Norris, et l’état de santé de ce dernier est réévalué au quotidien.
Tout ce qu’Helenius sait, c’est qu’il devra constamment prouver qu’il a sa place pour la conserver. Comme il n’en est qu’à sa deuxième saison d’expérience de ce côté-ci du globe, il est conscient qu’il a encore des choses à parfaire dans son jeu, même si ça se déroule somme toute plutôt bien.
« Ça m’a beaucoup aidé d’avoir un avant-goût du hockey nord-américain, l’an dernier, a-t-il expliqué. La Ligue américaine, ce n’est pas la LNH, mais ça reste une plus petite patinoire. J’ai pu voir que l’on n’avait pas autant de temps avec la rondelle et qu’on doit prendre des décisions rapides. C’est le plus important. »
Quoi qu’il fasse pour avoir du succès, il devra poursuivre dans cette veine. Un court entretien avec son compatriote Oliver Kapanen dans le vestiaire des Canadiens a permis d’un peu lever le voile sur la personnalité unique du très sympathique jeune homme.
« Il est excellent sur la patinoire, mais à l’extérieur, il est assez bizarre », a rigolé Kapanen, qui a joué avec Helenius au Championnat du monde, au printemps dernier. « Le duo qu’il formait avec Jesse Puljujarvi était quelque chose à voir aller. Je pense que Konsta est un gardien dans le corps d’un joueur de centre. »
Invité à commenter ces allégations, Helenius n’a pas voulu élaborer. Mais il n’a rien nié pour autant.
« J’entends souvent ça, a-t-il répondu en riant. Je crois que c’est une bonne chose. Je peux voir où il veut en venir. »