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MONTRÉAL – Macklin Celebrini aurait été au cœur du plan de match des Canadiens de Montréal d’une manière ou d’une autre. Mais on peut imaginer qu’après la soirée d’un but et trois aides qu’il avait connue contre eux il y a 11 jours, son nom était encerclé à l’encre rouge.

Qu’à cela ne tienne, le jeune prodige de la formation californienne a fait ce qu’il fait de mieux, samedi sur la grande scène du Centre Bell. Il a étourdi la défensive montréalaise chaque fois qu’il a touché à la rondelle et a terminé la rencontre avec deux buts et une aide dans une victoire de 4-2 des siens.

« Les meilleurs joueurs de la Ligue trouvent des moyens de générer de l’attaque, et d’avoir un impact sur les résultats de différentes façons, a commenté l’entraîneur-chef Ryan Warsofsky. Nous avons vu ça tout au long de la saison de sa part. Le monde entier l’a vu aux Jeux olympiques.

« Quand il se met en marche, et on pouvait voir qu’il avait de l’énergie ce soir, il fait tout pour créer des chances. C’est le type de joueur qu’il est. Il est ultra-compétitif et il se lève dans les grands moments. »

Les Sharks accusaient un but de retard et peinaient à générer quoi que ce soit quand Celebrini a pris les choses en main en créant l’égalité grâce à un laser des poignets, décoché de l’enclave. Il a plus tard ajouté le but d’assurance en tirant dans un filet désert.

SJS@MTL: Celebrini trouve l'ouverture et crée l'égalité

« C’est un leader, il a ça en lui, a fait valoir le défenseur Vincent Desharnais. On ne connaissait pas notre meilleure période. Il a fait un gros jeu, il est allé chercher un gros but. Tout le monde a levé son jeu d’un cran et l’a suivi. Le match a changé à partir de ce moment-là. »

Les visiteurs ont en effet marqué les deux buts suivants, et ce fut suffisant pour tenir le coup.

En deux affrontements face au Tricolore cette saison, Celebrini a désormais trois buts et sept points. Martin St-Louis a expliqué la situation en disant que sa troupe avait « joué avec un peu trop de risques, surtout quand le 71 était sur la glace ».

Ce n’est pas faux, mais il y avait aussi beaucoup d’hésitation au sein de la brigade montréalaise. Les outils de Celebrini et sa capacité à ajuster sa vitesse et sa direction le rendent réellement imprévisible. On l’a beaucoup respecté – peut-être un peu trop – ce qui lui a donné le temps et l’espace dont il avait besoin.

« Il y a beaucoup de choses qui le rendent difficile à contrer, a rigolé le défenseur Mario Ferraro, auteur d’un but. Sa vitesse, son sens du hockey, son tir; tu ne dois pas lui donner trop d’espace. Je ne veux pas trop lui lancer de fleurs, il en reçoit déjà beaucoup (rires). Il est très humble de toute façon. Il est un joueur spécial. »

La troupe de Martin St-Louis peut toutefois se consoler : elle n’est pas la seule qui a de la difficulté à contrer le jeune homme de 19 ans. Il totalise maintenant 35 buts et 94 points en 64 matchs, et il est la principale raison pour laquelle les Sharks se réveilleront dimanche matin dans le portrait des séries.

À un mois de la fin de la saison, ils sont installés en deuxième place de quatrième as, un point devant les Kings de Los Angeles avec deux matchs de plus à disputer.

« Je m’attendais à le voir connaître du succès rapidement, a conclu Lane Hutson, qui a été son coéquipier pendant une saison à l’Université de Boston. Je sais comment il travaille. Il a un talent unique, et il n’arrête jamais de bûcher sur la patinoire. »

Par chance, les Canadiens n’ont qu’à l’affronter deux fois par saison… à moins de le croiser un jour en finale de la Coupe Stanley.