Krantz Stockselius

WINDSOR, Ontario – Loke Krantz et Theo Stockselius sont arrivés à la Vitrine estivale du Championnat mondial junior avec le même objectif, soit celui de se tailler un poste au sein de la formation de la Suède en vue du Mondial junior 2027.  

Mais pour les deux attaquants, le simple fait d’être ici, en Ontario, représente quelque chose de beaucoup plus important. 

Krantz, choix de septième tour (218e) du Kraken de Seattle au repêchage de 2025, a survécu à une leucémie après avoir reçu un diagnostic à l’âge de 8 ans. Stockselius, sélectionné en deuxième ronde (54e) par les Flames de Calgary en 2025, a vaincu un cancer de la thyroïde qui l’a frappé à 15 ans et qui a nécessité deux opérations en 2022. 

Aujourd’hui, quelques années après les moments les plus difficiles de leur vie, les coéquipiers suédois rivalisent côte à côte pour avoir la chance de représenter leur pays dans le meilleur tournoi de hockey junior au monde. 

« C’est un moment spécial parce que nous avons traversé la même épreuve, a dit Krantz. Nous savons que le cancer est difficile et nous savons ce que l’autre a vécu. C’est un moment spécial à partager de pouvoir jouer à l’international avec lui. Je suis tellement content pour lui qu’il ait vaincu le cancer. »

Le diagnostic de leucémie est tombé en 2015 pour Krantz. Il a subi des traitements de chimiothérapie et a régulièrement fréquenté l’hôpital avant d’être considéré comme en rémission à l’été 2018. Le jeune homme soutient que cette épreuve a changé sa vision des choses, y compris au hockey. 

« Quand j’ai eu le cancer, je ne savais pas si j’allais pouvoir rejouer au hockey, a raconté Krantz. Je n’en savais pas beaucoup sur le cancer lorsque j’avais 8 ans. J’ai rejoué un premier match un an après mon diagnostic. J’étais tellement heureux de revenir et de renouer avec la chose que j’aime le plus. »

Cette perspective est restée en lui. À 6 pieds 2 pouces et 192 livres, Krantz est devenu un ailier de puissance doté d’un style physique à Linkoping, en Suède. L’attaquant de 19 ans a joué 18 matchs pour l’équipe junior de Linkoping la saison dernière, inscrivant 12 buts et 20 points. Il a également disputé 30 matchs avec Linkoping dans la Ligue élite suédoise (SHL), où il est sous contrat jusqu’en 2027-28. 

Un autre exploit est survenu lorsque Seattle l’a repêché en 2025. 

« Même si c’est au septième tour, tu es très content qu’une équipe de la LNH te sélectionne et veuille te développer, a-t-il souligné. Je veux atteindre la LNH, alors j’étais fou de joie lorsque le Kraken m’a appelé pour me repêcher. »

Le parcours de Stockselius a été différent, mais non moins éprouvant. Malgré les opérations réussies en août et en novembre 2022, il doit être suivi tous les six mois. Il n’a pas eu besoin d’avoir recours à la chimiothérapie, mais il a dû prendre de la médication pour « éliminer tout ce qu’il y avait dans ma gorge ». 

À travers tout cela, le hockey est devenu son point d’ancrage. 

« Le hockey m’a beaucoup aidé quand je traversais des moments difficiles, a dit Stockselius. Je comptais sur de très bons coéquipiers quand j’avais le cancer. Ils m’ont beaucoup aidé. Me rendre à l’aréna chaque jour pour jouer au hockey m’a grandement aidé à passer au travers. »

« Je connais Loke depuis longtemps. Nous jouions l’un contre l’autre quand nous étions plus jeunes et qu’il souffrait d’un cancer, a mentionné l’attaquant Eric Nilson (Ducks d’Anaheim). J’ai joué contre lui et contre Theo également il y a quelques années. Ils ne se sont jamais plaints de quoi que ce soit. Ils ont continué à travailler et ils ont toujours gardé le désir de revenir ici pour avoir la chance de se tailler un poste dans cette équipe. »

Stockselius (6-2, 181), qui a eu 19 ans vendredi, a signé son contrat de recrue avec les Flames en mai. Il devrait retourner à Djurgardens cette saison, une décision qui, selon lui, l’aidera à continuer de grandir en jouant contre des hommes dans la SHL. 

« Je suis à la bonne place à Stockholm avec Djurgardens, a dit Stockselius. Il y a de bonnes personnes autour de l’équipe et je pense que je vais développer mon jeu là-bas. L’équipe compte sur un très bon entraîneur et de très bons joueurs, et je crois que c’est le meilleur endroit pour moi [pour le moment]. »

Il se concentre sur l’objectif de devenir un joueur offensif plus affirmé. 

« Je dois faire plus de choses avec la rondelle, a-t-il expliqué. Créer plus de chances de marquer, réaliser des jeux. Je sais que j’affronte de gros bonshommes, mais je dois avoir davantage confiance en mes moyens et mes forces. »

Pendant ce temps, Krantz s’est forgé une identité d’attaquant de puissance qui l’a aidé à se faire repêcher. Ayant toujours aimé le côté physique du jeu, il a grandi en regardant des vidéos de grosses mises en échec.

« J’aime frapper l’adversaire et être physique, a-t-il dit. J’ai appris à donner des mises en échec en regardant YouTube. J’aime frapper tout ce qui bouge. » 

Pour la Suède, la Vitrine estivale est un terrain d’essai. Pour Krantz et Stockselius, c’est également un rappel de tout le chemin parcouru. 

« Ils sont tellement jeunes, a rappelé l’entraîneur de la Suède Magnus Havelid. C’est un rappel qu’il faut apprécier le sport et la compétition, mais la question de la santé prime toujours. Ce n’est pas facile à cet âge, mais ça offre une autre perspective. Prends soin des détails à chaque entraînement et fais de ton mieux quand tu es sur la glace. Mais aussi, apprends à relaxer ensuite. 

« Il y a de la pression sur ces jeunes, mais ils la gèrent très bien. »

Krantz et Stockselius peuvent sans aucun doute espérer participer au Mondial junior, mais ils sont également des coéquipiers liés par quelque chose de bien plus gros que le hockey. 

« Je suis simplement heureux que nous soyons ici tous les deux, que nous jouions au hockey et que nous nous sentions bien », a résumé Stockselius.