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MONTRÉAL – Tyrel Bauer avait les jointures bien amochées et le sourire d’un conquérant quand il s’est présenté devant les médias, mardi, dans les coulisses du Centre Bell.

À vrai dire, le défenseur des Jets de Winnipeg était encore un peu sous le choc.

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« Je ne sais pas si j’ai déjà plus voulu gagner un match dans ma vie, a lancé l’arrière de 24 ans. C’est un sentiment spécial, surtout pour le groupe en ce moment. Ce que nous venons de traverser n’est pas un secret. Nous jouions bien, nous faisions les bonnes choses, mais ça ne roulait pas pour nous.

« On savait que ça allait finir par arriver. Et c’est finalement arrivé. »

Au dixième match de sa carrière dans la LNH, le jeune homme a déclenché la remontée victorieuse de quatre buts la plus tardive dans l’histoire de la Ligue. Il l’a fait en jetant les gants avec 10:40 à faire au match et en inscrivant le premier but de sa carrière avec seulement 2:39 à écouler au cadran.

Il a complété son tour du chapeau à la Gordie Howe en amassant une aide, aussi sa première, sur le but de Morgan Barron, 42 secondes après sa réussite. Kyle Connor s’est ensuite chargé d’envoyer tout le monde en prolongation en touchant la cible deux fois dans la dernière minute de jeu.

WPG@MTL: Bauer inscrit son premier but dans la LNH

Puis, Dylan Samberg a mis la touche finale à cette irrésistible poussée en prolongation, procurant aux siens une victoire de 5-4 face aux Canadiens de Montréal.

« Chaque fois que (Bauer) saute sur la glace et qu’il laisse tomber les gants, ça allume quelque chose en nous, a souligné Connor. Il est le coéquipier ultime. Il va sacrifier son corps pour ses coéquipiers. Il joue dur, et ça permet à tout le monde d’entrer dans son match. »

Les Jets en avaient bien besoin. Parce que cette remontée est encore plus improbable quand on la replace dans son contexte. La troupe de Scott Arniel s’est présentée à Montréal sur une vilaine séquence de neuf revers (0-7-2), deux jours après avoir subi une éclatante défaite de 7-0 face aux Hurricanes de la Caroline.

Avec 2:39 à faire à une rencontre qu’ils avaient largement dominée, ils n’avaient toujours pas résolu le mystère Jacob Fowler, qui totalisait 36 arrêts. Mais ils n’ont pas jeté l’éponge.

« Nous avons fait du bon travail tout au long de la soirée, a observé Arniel. Nous avons obtenu 87 tentatives de tir. On a passé beaucoup de temps dans leur territoire. On est restés dans le match, on a fait preuve de résilience et on a trouvé une façon de l’emporter.

« On avait besoin que quelque chose se produise. Que quelque chose de fou se produise. Nous avons marqué quatre fois en 2:06. Ça n’arrive pas très souvent. »

Ça ne s’était en fait jamais produit dans l’histoire des Jets – le record d’équipe pour les quatre buts les plus rapides avait été établi en 2:16, le 9 novembre 1984. Que ça se produise à quelques minutes d’encaisser une 10e défaite de suite tient presque du miracle.

« Vous savez, neuf défaites, c’est long, a philosophé Bauer. C’est long et c’est difficile. Mais on croit les uns aux autres dans ce vestiaire. Nous en sommes fiers. Nous avions besoin de ça comme groupe. »

Et comment? Quelques semaines seulement après la transaction marquante de Connor Hellebuyck, et alors que la pression continuait d’augmenter sur l’entraîneur-chef, les Jets ne pouvaient se permettre de prolonger cette (trop) longue disette.

« Je ne me soucie pas de ce qui se dit à l’extérieur du vestiaire, a conclu Arniel. Nous sommes au début du mois de novembre, et nous n’avons que quatre points de retard dans la course aux séries. Il faut se tenir en groupe. Ç’a été éprouvant pour nous, mais nous nous sommes accrochés.

« J’espère que c’est la relance dont nous avons besoin. »