La cérémonie d’intronisation de la cuvée 2026 du Temple de la renommée aura lieu le 9 novembre. Patrice Bergeron, Cindy Curley, Carey Price, Pekka Rinne et Keith Tkachuk feront leur entrée au panthéon comme joueurs, et Brian Burke, comme bâtisseur. Aujourd’hui, le journaliste principal de NHL.com Dan Rosen dresse le portrait de Rinne.
À 17 ans, Pekka Rinne était en voie de devenir l’une des grandes vedettes du hockey récréatif pour adulte en Finlande.
Vingt-sept années plus tard, il s’apprête à être intronisé au Temple de la renommée. Non pas pour ses exploits de hockey récréatif, mais plutôt pour ses 772 matchs disputés dans la LNH.
Lointain choix de huitième tour au repêchage de 2004 – le 258e au total – Rinne a déjoué tous les pronostics et est devenu l’un des meilleurs à sa position pendant plusieurs années. Chez les gardiens totalisant un minimum 500 matchs d’expérience dans la LNH, il se classe au cinquième rang pour le taux d’efficacité (,917), au septième rang pour la moyenne de buts alloués (2,43), au 16e rang pour les jeux blancs (60), puis au 22e rang pour les victoires (369).
« Mon histoire n’est pas classique », admet Rinne d’emblée, dans une entrevue avec NHL.com.
Rinne n’était encore qu’un adolescent lorsqu’une intervention de Harri Hautamaki, son entraîneur de l’époque, a changé sa vie.
« Je jouais dans une petite équipe, le Kiekko-Laser, raconte-t-il. J’ai connu deux très bonnes saisons avec Harri, mais nous jouions en deuxième division finlandaise chez les juniors, donc les matchs étaient disputés à une échelle très locale. Nous ne voyagions pas beaucoup. »
Hautamaki voyait beaucoup plus grand pour son gardien.
« Après ma deuxième saison, je me suis assis avec lui et il m’a dit "Pekka, je ne te dirigerai plus". J’étais jeune, donc je me demandais si j’avais fait quelque chose de mal, mais il m’a ensuite dit que je ne devrais plus jouer dans cette ligue. "Tu dois avoir de l’ambition. Tu dois atteindre ton plein potentiel." »
Hautamaki est passé de la parole aux actes en lui dénichant un essai avec les Blues d’Espoo, une équipe junior d’un niveau supérieur en banlieue d’Helsinki, la capitale.
Rapidement, il a attiré l’attention du Karpat, l’équipe d’Oulu dans sa région natale, 600 kilomètres au nord d’Helsinski. Il a pris une chance avec le jeune gardien du coin, alors âgé de 17 ans, au sein de sa filiale junior.
« C’est à partir de ce moment-là que j’ai vraiment commencé à m’investir au hockey, indique Rinne. Je dois attribuer beaucoup de mérite à Harri, car avant ça, le hockey n’était qu’un passe-temps pour moi. L’été, je ne voulais pas m’entraîner. Je jouais au baseball, et lorsque la saison finissait, je me remettais au hockey. Il me fallait quelqu’un pour me dire de travailler plus fort et de rêver. Harri fut cette personne.
« Il y a une tonne d’autres personnes qui m’ont aidé, mais ce fut la première vraie intervention que j’ai reçue. J’ai réalisé qu’il avait raison, que je perdais mon temps, et probablement celui de tout le monde, si je continuais simplement de m’amuser, sans trop faire d’efforts. »
Après deux années chez les juniors, Rinne a été promu au sein du grand club du Karpat, en Liiga.
Niklas Backstrom, qui aura lui aussi connu une longue carrière dans la LNH avec le Wild du Minnesota et les Flames de Calgary, fut son premier acolyte dans les rangs professionnels finlandais. Rinne agissait comme adjoint. Il jouait peu, mais il gardait un bon état d’esprit et une bonne éthique de travail. Au fil du temps, il s’est formulé des buts et des aspirations.
« Au départ, j’avais presque peur de rêver trop grand, avoue Rinne. Mentalement, je n’avais pas les outils. Je n’avais pas d’ambition. Je pensais que j’en avais, mais finalement, j’étais simplement à l’aise auprès de mes amis, à pratiquer l’un de mes passe-temps. Oui, je voulais grimper au niveau supérieur, mais je ne faisais rien pour y arriver jusqu’à mon arrivée au Karpat. C’est là que j’ai vécu un certain choc culturel. »
Les Predators connaissaient Rinne grâce au dépisteur finlandais Janne Kekalainen. Le défunt Ray Shero, à l’époque DG adjoint de l’équipe, s’était rendu à Oulu pour épier Rinne. S’ils étaient chanceux, Shero et Kekalainen l’observaient en situation de match. Mais parfois, leur dépistage devait se limiter aux entraînements et aux échauffements d’avant-match.
L’équipe du Tennessee a néanmoins tenté sa chance en le sélectionnant au huitième tour. Dans la mouture à sept tours d’aujourd’hui, il aurait probablement été ignoré.
« Je savais que Nashville avait un intérêt, mais je n’aurais jamais cru être repêché, car j’avais déjà 21 ans », souligne Rinne.
Le gardien fêtait le solstice d’été dans un chalet avec des amis lorsque les Predators l’ont sélectionné. C’est son agent qui lui a appris la bonne nouvelle.
« J’étais très surpris, mais très fier, se remémore Rinne. Ça me laissait peu de chances de jouer dans la LNH, mais ça m’a donné un véritable élan de motivation et de confiance. C’était important pour moi d’être repêché. Je me suis mis à croire en moi. Quelqu’un avait vu quelque chose en moi. »























