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GATINEAU, Qc – Même s’il est parvenu à passer à autre chose, Jan Larys n’oubliera jamais les émotions qu’il a dû traverser au dernier repêchage de la LNH.

Le gardien tchèque des Voltigeurs de Drummondville s’attendait à vivre la plus belle journée de sa vie. Celle qui viendrait récompenser tous les sacrifices consentis pour se rendre jusque-là et lui permettrait de faire un premier pas vers son rêve de jouer dans la grande ligue.

Son cercle rapproché avait fait le voyage à Buffalo pour vivre ce moment avec lui. Puis est venue l’attente. La longue attente. Et éventuellement, la déception : celle d'être ignoré pendant 224 choix.

« C’était l’une des pires journées de ma vie », a-t-il laissé tomber en entrevue avec LNH.com.

« Sur le coup je ne voulais pas y croire. Je n’arrivais tout simplement pas à y croire. À chaque tour, je me disais que ça s’en venait. Au cinquième tour, au sixième, j’avais encore espoir. Mais rendu au dernier tour, je savais que ça n’arriverait pas. »

Larys avait toutefois des raisons de croire en ses chances. Il avait terminé la saison, sa première dans la LHJMQ, au cinquième rang sur la liste nord-américaine des gardiens du Bureau central de dépistage de la LNH. Sans dire que ça lui garantissait une sélection, il pouvait se permettre de rêver.

Au cours des deux journées du repêchage, il a toutefois vu 32 gardiens être sélectionnés, dont trois en provenance du circuit junior québécois – Danai Shaiikov, Alexandre Raymond et Louis-Antoine Denault. À son retour à l’hôtel, Larys a finalement reçu une invitation au camp des recrues des Bruins de Boston.

« Quand j’ai eu le message, j’étais en train de pleurer, s’est-il souvenu. J’étais dévasté. L’invitation m’a fait du bien, mais j’avais encore un goût amer de ce qui venait de se produire. »

Quatre mois plus tard, Larys a fait la paix avec cette déception, sans pour autant renoncer à son objectif de convaincre une équipe de la LNH. Sa participation au Match des espoirs de la LHJMQ, la semaine dernière, indique que les recruteurs souhaitent toujours voir de quoi il est capable.

La tâche sera peut-être plus difficile pour lui derrière une jeune équipe qui entame un nouveau cycle à Drummondville, mais le portier de 18 ans préfère ne pas s’arrêter à ça. Il est plus en confiance, il sait à quoi s’attendre et profite d’une petite dose de motivation supplémentaire.

« Je pense que je commence à bénéficier de cette grande adversité à laquelle j’ai dû faire face pour une des premières fois de ma vie, a-t-il souligné. Je me suis relevé de ça, et je sens que je n’ai pas la même pression sur les épaules que l’an dernier. Je ne me mets pas de pression, je ne fais que jouer au hockey. »

Des séries douloureuses

Larys croit savoir où sa cote a commencé à dégringoler aux yeux des dépisteurs la saison dernière. Après avoir maintenu une moyenne de buts alloués de 2,86 et un taux d’efficacité de ,908 en 38 matchs de saison régulière, il a connu de très difficiles séries éliminatoires.

Ses ennuis – il a affiché une moyenne de 4,29 et une efficacité de ,848 – ont coïncidé avec l’élimination des Voltigeurs en cinq matchs contre les Foreurs de Val-d’Or, qui avaient pourtant amassé 27 points de moins en saison.

« Pour la première fois de ma carrière, je sentais que je ne pouvais pas arrêter un ballon de plage, a-t-il illustré. C’est comme si j’avais oublié comment jouer au hockey. Je n’ai vraiment pas aidé mon équipe. Cette année, je veux arriver prêt en séries, et montrer que je peux jouer dans ces matchs importants. »

Larys ne peut pas changer ce qui s'est passé à Buffalo ni effacer ses difficultés du printemps dernier. Il peut toutefois s'en servir pour aborder les mois à venir avec un regard différent.

« Ces moments sont toujours au fond de mes pensées, et ils y resteront longtemps, a-t-il conclu. Mais ce n’est plus que du négatif. J’ai réussi à transformer ça en motivation, et c’est bien tant mieux. »