QUÉBEC – Un tour au centre de la patinoire, une salutation à la foule.
Patrice Bergeron ne voulait pas s’éterniser ni être le centre de l’attention lors de cette édition 2026 du Pro-Am Sun Life – auparavant connu sous le nom du Pro-Am Gagné-Bergeron – au Centre Vidéotron, jeudi.
Mais à quelques semaines de son intronisation au Temple de la renommée du hockey et du retrait de son chandail numéro 37 par les Bruins de Boston, Bergeron était, malgré lui, le personnage phare de cet événement caritatif qu’il chapeaute depuis maintenant 15 ans avec Simon Gagné.
Pour cette dernière apparition publique avant ces deux grandes cérémonies, Bergeron participait à un match d’anciens avec des amis d’enfance, entre autres.
« C’est toujours spécial, a-t-il souligné d’entrée de jeu. C’est une super belle surprise. Ça fait drôle! Ça me rappelle des souvenirs du tournoi pee-wee, de nos matchs dans le temps. »
Entre ces tournois de hockey mineur et le match de jeudi, se sont écoulées une trentaine d’années. Bergeron aura eu le temps de disputer 1294 matchs et 19 saisons dans la LNH, récolter 1040 points, puis remporter une fois la Coupe Stanley et six fois le trophée Selke.
Le 18 juin dernier, les Bruins ont annoncé que le 37 serait hissé dans les hauteurs du TD Garden. Quatre jours plus tard, le Temple ouvrait ses portes à Bergeron, et ce, dès sa première année d’admissibilité.
« Quand tu joues, tu regardes toujours en avant et non derrière toi. Tu veux simplement trouver un moyen de repousser tes limites. Quand tu prends un pas de recul, tu te poses la question, mais je n’y ai jamais cru jusqu’à ce que ça arrive.
« Pour l’instant, c’est encore dur à croire, car j’ai encore quelques mois à y penser, mais ça fait certainement chaud au cœur. »
Jeudi, Bergeron et l’équipe du Pro-Am ont amassé 315 000 $ qui seront redistribués entre six organismes soutenant les enfants, comme LEUCAN.
« Quand je suis arrivé dans la LNH, beaucoup de vétérans m’ont montré cette importance de redonner, de s’impliquer dans sa communauté. Et ma mère a été travailleuse sociale de carrière, donc ce côté-là d’être impliqué a toujours été important dans la famille », a-t-il expliqué.
La consécration d’un « modèle »
Phillip Danault a affronté Patrice Bergeron aux cercles de mises en jeu à quelques reprises avant qu’il ne prenne sa retraite en 2023. Trois ans après leur dernier affrontement, le joueur de centre des Canadiens de Montréal dit encore s’inspirer de son compatriote.
« Patrice a toujours été un modèle pour moi, a-t-il confirmé. J’ai eu la chance de m’entraîner avec lui quelques fois en été. Juste en le côtoyant, par sa présence dans un vestiaire, dans un gym, tu vois que son éthique de travail est incroyable. »
« Dès que tu entends le nom Patrice Bergeron, tout le monde sourit, tout le monde dit du positif », a quant à lui souligné le défenseur des Capitals Vincent Desharnais, qui a pu l’affronter à deux reprises à sa saison recrue. « Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire du négatif sur lui. […] Il s’implique beaucoup ici. À Québec, les gens le connaissent bien. C’est quelqu’un qui fait les bonnes choses pour les bonnes raisons chaque jour. En grandissant, quand tu vois des Québécois avoir de grands rôles comme il en a eu, tu veux porter attention à ce qu’ils font de bien. »
Zachary Bolduc, lui, n’a jamais partagé la glace avec Bergeron le temps d’un match de la LNH, mais il a connu le natif de L’Ancienne-Lorette dans les grandes années de la rivalité Canadiens-Bruins, d’un point de vue de spectateur.
« Lorsque les Canadiens jouaient contre les Bruins, c’étaient toujours de gros matchs serrés, des matchs remplis d’émotions, s’est remémoré l’attaquant de 23 ans. Je suis content pour lui. C’est un honneur mérité. »
Bergeron sera admis au Temple de la renommée le 7 novembre, puis le no 37 sera retiré par les Bruins le 1er décembre. L’Avalanche du Colorado, l’adversaire du jour, portera pour l’occasion son uniforme alternatif des défunts Nordiques de Québec, l’équipe d’enfance du héros de la soirée.
« En grandissant, je suis devenu un partisan de l’Avalanche par la bande en raison du déménagement des Nordiques, et c’étaient les mêmes joueurs en 1996 lorsqu’ils ont remporté la Coupe Stanley, a conclu Bergeron. J’ai des souvenirs d’être à côté d’ici, au Colisée, pour les premiers matchs de la série contre les Canadiens en 1993, qu’on a malheureusement perdue. J’ai beaucoup de bons souvenirs de ça. »


















