Bernie Parent at Winter Classic Alumni Game

Eric Lindros a de nombreux souvenirs du match des anciens de la Classique hivernale 2012 entre les Flyers de Philadelphie et les Rangers de New York.

Mais s’il y en a un qui ressort du lot, c’est le large sourire de Bernard Parent au Citizens Bank Park de Philadelphie.

« Il est arrivé là-bas, a enfilé les jambières et a profité de chaque moment, s’est souvenu Lindros, qui jouait pour les Flyers cette journée-là. On pouvait voir son sourire depuis le New Jersey. Il a adoré l’expérience. »

Parent, membre du Temple de la renommée et pierre angulaire des championnats de la Coupe Stanley des Flyers en 1974 et 1975, s’est éteint dimanche à l’âge de 80 ans. Il était une icône pour les amateurs de hockey de la région de Philadelphie, dont plus de 45 000 lui ont réservé une ovation inoubliable lors de la journée du match des anciens.

« Demandez à n’importe qui pour savoir qui a reçu la plus grosse ovation, a mentionné l’ancien défenseur des Flyers Mark Howe. Ce n’était même pas proche. C’était celle pour Bernie, et de loin. »

Parmi les partisans sur place se trouvait Franny Drummond, qui a grandi en banlieue de Philadelphie.

« Qui ne s’est jamais imaginé être Bernie Parent dans le match no 7 de la finale de la Coupe Stanley? a dit Drummond. À l’école, je portais le no 1 quand j’étais gardien. Il était mon idole, un vrai héros pour les partisans. Il inspirait les gens à jouer au hockey. »

Drummond, aujourd’hui âgé de 52 ans, est un artiste qui se spécialise dans les peintures pour les masques de gardien. Il en a conçu pour plusieurs gardiens, actuels et anciens, dont Brian Elliott, Dan Vladar et Jacob Markstrom. Il est également le créateur du fameux masque de zombie de Steve Mason.

Mais rien ne s’est apparenté à la création d'un masque pour Parent.

Both sides Bernie Parent 2012 WC alumni mask

Il mettait en vedette le logo des Flyers, le logo de la Classique hivernale et la bannière du chandail retiré (no 1) de Parent à l’avant, avec des images de Parent et des trophées qu’il a gagnés sur les côtés – la Coupe Stanley (deux fois), le trophée Vézina (deux) et le trophée Conn-Smythe (deux). Il y avait également une photo de Parent tirée de la couverture du Time Magazine en 1975.

« Tout le monde voulait être Bernie Parent, a repris Drummond. Avec des jambières Mylec, le no 1 dans le dos, j'étais Bernie. Pendant un instant, je m’imaginais être Bernie Parent. Le voir porter quelque chose que j’ai peint pour lui, c’est historique pour moi. Ce [masque] que nous avons créé est porté par une légende. »

Drummond en a fait trois exemplaires : un que Parent porterait, un que Parent donnerait à une œuvre de charité, et un troisième qui serait remis au propriétaire des Flyers Ed Snider.

« Ça contient tout ce dont j’ai toujours rêvé en tant que peintre de masques de gardien et partisan de hockey, a dit Drummond. C’est comme un rêve devenu réalité. »

Ed Snider presented mask by Bernie Parent Maskup closeup

Le rêve aurait pu ne jamais se réaliser, puisque Parent avait initialement opté pour un rôle d’ambassadeur lorsque les formations ont été annoncées pour le match des anciens. Mais les protestations des partisans et des anciens ont fini par convaincre Parent, qui était alors âgé de 66 ans, d’enfiler ses jambières pour la première fois depuis qu’il avait subi une blessure à un œil mettant fin à sa carrière le 17 février 1979, dans un match contre les Rangers – une belle coïncidence.

Le match était déjà marqué par la réunion de la fameuse « LCB Line » des Flyers, un trio composé de Bobby Clarke, Bill Barber et Reggie Leach qui a mené Philadelphie au titre en 1975, et par la présence de Lindros – qui a aussi joué pour les Rangers au cours de sa carrière – dans un uniforme des Flyers pour la première fois depuis 2000. Mais la participation active de Parent dans ce match a repoussé les émotions à un tout autre niveau.

« Au cours de ma carrière, quand j’ai pu jouer avec Équipe Canada et dans certains matchs des étoiles, m’asseoir dans des vestiaires avec quelques-uns des plus grands joueurs, c’était un sentiment incroyable », a dit Howe, un des sept membres du Temple de la renommée dans le vestiaire des Flyers cette journée-là. « Pour ce match, je pense que j’avais joué avec ou contre chacun des gars présents dans le vestiaire, à l’exception d’un seul. Je me disais : "Ça va être génial, je vais enfin avoir l’occasion de jouer environ cinq minutes avec Bernie Parent". C’était super. »

Techniquement, ce fut 5 minutes et 32 secondes – le temps passé sur la glace en début de match par Parent. Et il a fait un arrêt mémorable, si on peut le décrire ainsi, stoppant Ron Duguay des Rangers sur une échappée.

« Ron s’est amené et a pratiquement tiré la rondelle sur les jambières de Bernie, a raconté Howe. Et le stade a explosé. Le geste de Duguay avait de la classe, et il l’a fait pour les bonnes raisons. »

Même si Duguay n’a pas trop compliqué la tâche de Parent, « quelque chose me dit que Bernie aurait fait l’arrêt de toute façon », a lancé Lindros.

Puis, comme la vedette qu’il a toujours été, Parent n’est pas demeuré trop longtemps sous les projecteurs, quittant pour le vestiaire sous les acclamations de la foule et laissant Mark Laforest et Neil Little compléter le travail devant le filet des Flyers.

« C’était sa décision, avait dit Keith Primeau, l’entraîneur pour les anciens Flyers cette journée-là. Il avait voulu s’assurer que nous savions, avant le début de la partie, qu’il ne serait sur la glace que pour cinq minutes. »

Bernie waves to crowd at 2012 WC alumni game

Parent avait soutenu que l’amour affiché à son endroit par les partisans des Flyers n’avait pas de prix.

« Le sentiment quand les gens scandent votre nom de cette façon, ça ne s’achète pas, avait-il dit à l'époque. Aucune somme d’argent ne peut te procurer ça. C’est comme une grande famille qui s’est réunie ce soir. Pas une équipe avec des gens en provenance de Philly, c’est une grande famille et nous avons profité de cet événement en famille. »

Et cette journée très spéciale, cette famille a eu l’occasion de lui dire merci.

« Je n’ai pas eu la chance de jouer avec lui, mais sa simple présence en disait long, a dit Lindros. Il dégageait quelque chose. Tu te sentais bien quand tu étais en sa compagnie. »

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