Le ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mathieu Lacombe, a dévoilé la plaque en compagnie d'Isabelle Charest, ministre responsable du Sport, du Loisir et du Plein – mais aussi triple médaillée olympique canadienne en patinage de vitesse sur courte piste. Le lieu où sera installée la plaque n'a pas encore été déterminé.
La Loi sur le patrimoine culturel du Québec confère au ministre Lacombe le pouvoir de désigner un personnage ou un événement historique officiel, le premier étant défini comme une personne décédée ayant joué un rôle remarquable dans l'histoire de la province.
Richard est la 106e personne à recevoir cet honneur symbolique. Le seul autre athlète aussi reconnu est Louis Cyr, dont les exploits au cours des 19e et 20e siècles l’ont placé parmi les hommes les plus forts de la planète.
« Il a été, peut-être sans nécessairement le savoir ou le vouloir, un exceptionnel moteur d’affirmation des Québécois et des Québécoises », a souligné le ministre Lacombe. « Maurice Richard conserve encore aujourd’hui son statut de héros et demeure un des symboles importants de l’identité québécoise. »
Richard est décédé à l'âge de 78 ans après une bataille de deux ans contre un cancer de l'abdomen.
Il a été exposé au Centre Molson (aujourd'hui Bell) le 30 mai 2000, et 115 000 personnes ont défilé devant son cercueil pour lui rendre un dernier hommage. Ses funérailles spectaculaires ont eu lieu le lendemain à la Basilique Notre-Dame de Montréal, et le service a été télédiffusé en direct dans tout le Canada.
Richard a transcendé à jamais le hockey à Montréal et au Québec. Il a été l’étoile canadienne-française dont avait tant besoin le peuple dans les années 1940 et 1950.
Il a joué 978 matchs dans la LNH, tous avec les Canadiens, de 1942 jusqu'à sa retraite en 1960, inscrivant 544 buts - toujours au sommet dans l’histoire de l'équipe - et 422 passes. Les 966 points de Richard le placent au quatrième rang de tous les temps chez le Tricolore, et il mène la concession pour les saisons de 20 buts (14), de 30 buts (neuf) et pour les tours du chapeau (26).
Les 82 buts du Rocket en séries éliminatoires de la Coupe Stanley, huitième de tous les temps dans la LNH, sont également un sommet chez les Canadiens, tandis que ses sept matchs de séries éliminatoires de trois buts ou plus lui permettent de s’installer au deuxième rang de la Ligue (à égalité avec Jari Kurri), derrière les 10 de Wayne Gretzky.
Il a remporté la Coupe Stanley à huit reprises – en 1944, 1946, 1953 et 1956, puis, en tant que capitaine, quatre fois consécutivement de 1957 à 1960. Il a également remporté le Trophée Hart en 1946-1947 à titre de joueur le plus utile à son équipe.
Il a été intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1961, la période d'attente habituelle de trois ans ayant été levée pour l'introniser immédiatement après sa carrière de 18 ans.
Le trophée Maurice « Rocket » Richard, créé par la LNH en 1998-1999, est décerné chaque année au joueur ayant marqué le plus grand nombre de buts en saison régulière.
Ciblé légalement ou non par ses adversaires, le Rocket jouait avec une passion brûlante, transportant l'adversaire sur son dos jusqu'au filet tout en portant les espoirs et les rêves d'une province entière.
À une époque politiquement chargée au Québec, où les Canadiens français en avaient assez d'être tenus à l'écart et marginalisés par la classe anglophone, Richard est devenu un symbole, même s'il a toujours répété qu'il n'était qu'un joueur de hockey. Pour les francophones en quête d'un porte-étendard, il était bien plus que cela. La population se l'est appropriée, et le Rocket est devenu bien plus qu'un buteur doué et la locomotive de son équipe.
Il est alors devenu un paratonnerre, une cible pour les ennemis sur et en dehors de la glace.
La suspension de Richard en mars 1955 pour les trois derniers matchs de la saison régulière et les séries éliminatoires par le président de la LNH, Clarence Campbell, à la suite d'un match violent à Boston, allait mettre le feu aux poudres. L’émeute qui a éclaté à l’intérieur du Forum et qui s’est transportée dans les rues le soir du 17 mars a mené au saccage de la ville. Les disciples du Rocket deviendront les membres fondateurs de la Révolution tranquille, qui a changé à jamais la culture et la politique du Québec.
« Je ne pense pas que mon père réalisait l'importance qu'il pouvait avoir pour les Québécois », a ajouté Richard fils. « Il était toujours surpris quand il avait droit à une longue ovation ou que les gens parlaient de lui comme s’il était un dieu.
« Ses funérailles ont été le moment le plus marquant pour moi. Avant, on savait que notre père était populaire. Mais à ses funérailles, de voir l’amour et le respect que les gens lui portaient, ça m’avait touché énormément. J’avais compris que pour les Québécois, c’était un homme spécial. Aujourd’hui, on en a la preuve. »