GATINEAU – Si l’on se fie à la réaction d’Alexis Joseph, la publication, lundi, de la liste des joueurs à surveiller du Bureau central de dépistage de la LNH (BCD) n’a pas exactement soulevé les passions en coulisses du Match des Espoirs de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ).
À huit mois de la présentation du repêchage de 2027, celui qui est considéré comme le meilleur espoir du circuit junior québécois préfère garder les deux pieds sur terre.
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« On en a entendu parler un peu, a souligné l’attaquant des Sea Dogs de Saint-Jean. Mais on est en octobre, et juin, c’est encore très loin. C’est sûr que c’est plaisant pour tout le monde de voir qu’on est sur la liste, mais il ne faut pas trop y porter attention. »
Joseph fait partie des quatre espoirs de la LHJMQ qui ont reçu la cote de A, attribuée à un potentiel choix de premier tour. Son compagnon de trio Jamie Glance, l’attaquant Carter Meyer, des Remparts de Québec, et le défenseur Malik L’Italien, des Mooseheads d’Halifax, complètent le quatuor.
Ils auront une première occasion de confirmer leur enviable statut, mercredi, alors que les 40 meilleurs espoirs de la LHJMQ se feront face dans un duel entre Équipe Crosby et Équipe Lafleur.
« C’est cool de voir la liste, a quant à lui réagi Glance. Il y a beaucoup de travail derrière ça, mais il y a encore beaucoup de place à l’amélioration. Ç’a fait grimper le niveau d’excitation, mais je sais que je dois rester calme, ne pas m’emporter et continuer à garder la pédale au plancher. »
Comme chaque année, le BCD publiera une liste de mi-saison, puis une liste finale. Une cote A ne garantit absolument rien aux espoirs, qui devront ultimement convaincre les recruteurs des équipes de la LNH. Ils seront d’ailleurs près de 160 à prendre des notes dans les gradins du Centre Slush Puppie de Gatineau, mercredi.
Cette présence massive peut être une source de motivation, mais aussi une distraction.
« On a eu une discussion avec eux ce matin à savoir ce que les recruteurs de la LNH recherchent », a expliqué l’entraîneur d’Équipe Crosby, Serge Beausoleil. « Ils veulent des gars en contrôle qui prennent de bonnes décisions et qui sont capables de jouer sur 200 pieds.
« Les recruteurs ont déjà épié les gars et ils vont continuer tout au long de la saison pour parfaire leur liste. »
C’est un peu pour cette raison que la mission de Beausoleil, et celle de son vis-à-vis Yanick Jean, sera de réduire au maximum la pression et la nervosité de leurs ouailles pour cet affrontement au sommet.
« Le message est de profiter de cette chance sans se promener avec un fusil sur la tempe en te disant que c’est ta dernière chance, a illustré Jean. Tu ne peux pas avoir cette approche-là. Ces gars-là sont habitués à jouer sous les projecteurs depuis qu’ils sont jeunes. Ce n’est pas ça qui va les impressionner. »
Garder la tête froide
Dans un événement où chacun veut forcément se démarquer, la tentation d’en faire trop peut être grande. Mais la clé est souvent de garder les choses simples, surtout lorsqu’on se retrouve sur la glace avec des joueurs qu’on connaît à peine.
L’Italien et Meyer semblent avoir bien compris le message : ils n’ont pas l’intention de changer leur approche pour tenter d’attirer l’attention.
« Je vais juste continuer à jouer comme je le fais depuis le début de la saison, a assuré L’Italien. Je veux jouer dans mes forces, leur montrer que je peux patiner avec la rondelle et que je peux défendre efficacement. C’est un autre défi pour moi. Je vais aller sur la glace et faire mes affaires. »
Meyer a abondé dans le même sens, tout en rappelant l’importance de ne pas sacrifier le jeu collectif dans un contexte où les performances individuelles risquent de faire jaser.
« Tout le monde peut arriver ici en voulant se mettre en valeur, peut-être même en étant égoïste, a-t-il reconnu. Mais tu dois jouer à ta façon et penser à tes coéquipiers. La rondelle va finir par rentrer si tu fais les bonnes choses. »


















