MELOCHE BADGE LEPAGE

SAINT-JEAN, N.-B. – Samuel Meloche a la tête et les deux pieds bien ancrés à Saint-Jean. Mais pendant que le gardien concentre ses énergies sur les succès des Sea Dogs, la prochaine étape de sa carrière se prépare déjà en coulisses.

L’espoir des Sabres de Buffalo dispute présentement une troisième saison dans la LHJMQ avant de rejoindre l’Université Northeastern, dans la NCAA, l’an prochain. Et les entraîneurs de sa future équipe n’attendent pas son arrivée pour contribuer à son développement.

« Je parle régulièrement avec leur entraîneur des gardiens (Brian Mahoney-Wilson), a expliqué Meloche. Il me donne souvent ses impressions. Il y a une belle collaboration entre les entraîneurs ici, à Northeastern et à Buffalo. Ils travaillent tous ensemble pour que je m’améliore le plus possible. »

La possibilité pour les joueurs de la LHJMQ de poursuivre leur carrière dans la NCAA a changé la donne pour les équipes du circuit junior. Chacune développe sa propre approche, mais chez les Sea Dogs, on accueille favorablement les échanges avec les universités.

Mahoney-Wilson était d’ailleurs sur place, à Saint-Jean, lors de la deuxième semaine d’activités de la saison pour voir Meloche à l’œuvre. D’autres représentants universitaires étaient également présents pour observer des joueurs susceptibles de rejoindre leurs rangs.

« Notre mentalité est de bâtir une relation forte avec les écoles. C’est important de travailler ensemble », a souligné le directeur général des Sea Dogs, Trevor Georgie. « On veut ce qu’il y a de mieux pour le joueur. S’il veut poursuivre sa carrière dans un collège américain, comment pouvons-nous l’aider à atteindre ce but?

« Je vois ça comme un partenariat. Il faut mettre l’accent sur ce qu’il y a de mieux pour le joueur, que la prochaine étape soit la LNH, la Ligue américaine, une ligue européenne ou la NCAA. Quand tu prends soin de tes joueurs, habituellement, ça te revient parce qu’ils prennent soin de l’équipe. »

Les Sea Dogs ont justement acquis Meloche des Huskies de Rouyn-Noranda, au cours de la saison morte, avec l’objectif clair d’atteindre les plus hauts sommets. Depuis son arrivée dans la LHJMQ, en 2024-25, le jeune homme de 19 ans a joué plus de matchs de saison régulière que n’importe quel autre gardien.

Il a obtenu 101 départs à ses deux premières campagnes, et il aura de nouveau la grande part des responsabilités à Saint-Jean. Reste qu’il risque de devoir davantage partager la tâche avec son adjoint Raphaël Courchesne, qui a disputé 38 matchs la saison dernière.

« L’accent sera mis sur la qualité plus que sur la quantité avec Sam », a affirmé l’entraîneur des gardiens des Sea Dogs, Kyle MacDonald. « Il jouera beaucoup de matchs, évidemment, mais on veut qu’il atteigne un certain niveau qui lui permettra de connaître du succès à Northeastern et dans l’organisation des Sabres.

« On se concentrera sur les détails. Parfois, quand tu joues autant de matchs en aussi peu de temps, tu n’as pas la chance de le faire. Ici, on pourra ralentir la cadence et l’aider à s’améliorer. »

Des années charnières

C’est exactement cette philosophie axée sur la précision que Meloche retrouvera quand il fera le saut à Northeastern. L’horaire des équipes de la NCAA est plus allégé que celui des équipes de la LHJMQ, et l’accent est mis sur les entraînements et le travail en gymnase.

« Je trouve ça très avantageux pour les joueurs de la LHJMQ de pouvoir prolonger leur carrière junior avant de signer un contrat professionnel, a plaidé Meloche. Le niveau de hockey est aussi très fort. C’est aussi une belle occasion d’aller chercher un diplôme pour ce qui viendra après le hockey.

« Ça me permettra d’acquérir encore plus d’expérience avant d’aspirer à jouer chez les professionnels. Pour les gardiens, surtout, c’est vraiment un avantage. »

On le sait; la position de gardien en est une à développement tardif. En passant quelques saisons dans les rangs universitaires américains, Meloche pourra poursuivre sa progression et gagner en maturité avant de faire le saut chez les professionnels.

« S’il allait jouer chez les pros dès l’an prochain, il y aurait beaucoup d’importance accordée aux victoires et aux défaites, a fait remarquer MacDonald. À Northeastern, il s’entraînera cinq fois par semaine et il passera du temps dans le gymnase. Entre 20 et 23 ans, c’est la fenêtre parfaite pour maturer physiquement.

« Je vois ça comme une très belle chance pour lui. Ça l’aidera à mieux se préparer pour les professionnels. Il arrivera à la prochaine étape avec encore plus de confiance et d’expérience. »