12-1 Fleury MIN Cots feature

ST. PAUL, Minn. - Marc-André Fleury a eu 38 ans lundi. À l'entraînement, le lendemain, le gardien du Wild du Minnesota ne paraissait pas vieux. Il ressemblait au bon vieux Fleury, souriant, de bonne humeur, prêt à s'étirer pour faire des arrêts.

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Alors qu'il était assis dans le vestiaire après l'entraînement, le directeur général du Wild Bill Guerin est passé faire un tour. Fleury et Guerin ont joué ensemble chez les Penguins de Pittsburgh à la fin de la saison 2008-09 et en 2009-10, Fleury étant alors dans la vingtaine, en pleine ascension dans la LNH, et Guerin dans les derniers milles de sa carrière d'attaquant.
« Marc! a lancé Guerin. Comment vas-tu? »
« Bien, a répondu le Sorelois. Tu m'as vu sur la glace? »
« Oui. Un an plus vieux! »
« Les aines sont encore jeunes. Ça va. »
« Je me souviens que tu avais l'habitude de te moquer de moi quand j'avais ton âge. »
« Oui, effectivement. »
Ils ont ri, et Fleury a souri timidement. Il a admis qu'il taquinait souvent Guerin en le surnomment « the old guy » (le vieux), faisant remarquer ses petits cheveux gris et disant qu'il était plus lent et moins souple.
« Et aujourd'hui c'est moi, le vieux », a dit Fleury presque en chuchotant. « Je ne peux pas croire. »
Plus ça change, plus c'est pareil, mais Fleury n'a pas fini d'écrire les chapitres de sa carrière qui le mèneront fort probablement au Temple de la renommée du hockey.
Le Québécois montre une fiche de 7-4-1 avec un blanchissage, une moyenne de buts alloués de 2,32 et un pourcentage d'arrêts de ,918 à ses 12 derniers matchs devant la cage du Wild, qui accueillera les Oilers d'Edmonton au Xcel Energy Center jeudi (20 h HE; ESPN+, HULU, SN1, SNO, SN NOW).
L'entraîneur du Wild, Dean Evason, soutient que Fleury a l'air d'avoir 15 ans raison de son énergie et de son niveau de compétitivité. Le défenseur Alex Goligoski s'émerveille devant l'enthousiasme et les capacités athlétiques de son gardien.
« Il a toujours du plaisir et il prend soin de lui », a noté Goligoski, coéquipier de Fleury à Pittsburgh de 2007 à 2011. « Je ne remarque aucune différence par rapport à il y a 15 ans. C'est fou. »
Imaginez, Roberto Luongo a été intronisé au Temple de la renommée le 14 novembre. Il a signé 489 victoires en carrière, au quatrième rang de l'histoire de la LNH.
Fleury compte 527 victoires.
Il a également accompli des choses que Luongo n'a pas su faire. Il a remporté la Coupe Stanley en tant que partant en 2008, et en tant que réserviste en 2016 et en 2017, avec les Penguins, puis il a mis la main sur le trophée Vézina à titre de meilleur gardien de la LNH en 2021 avec les Golden Knights de Vegas.

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Ça le fait sentir bien? Vieux? Les deux?
« Le temps passe tellement vite, a dit Fleury en riant. Je ne suis pas du genre à m'attarder aux statistiques. Mais maintenant que vous le mentionnez, Roberto est un gars que j'adorais regarder, alors c'est un peu étrange d'être dans la même catégorie que lui au chapitre des statistiques. C'est vraiment bizarre. »
Fleury a besoin de 24 victoires pour rejoindre Patrick Roy au deuxième rang de l'histoire. Il ne resterait que Martin Brodeur et ses 691 victoires devant lui. Il n'y pense pas chaque jour, mais il est au courant de la situation. Roy et Brodeur étaient ses idoles quand il était jeune.
« C'est quelque chose d'assez 'cool', a dit Fleury. Dans ma tête, il y a quelques années, je me disais que si je pouvais atteindre les 500, ce serait plutôt cool de retourner à la maison (à la retraite) en ayant accompli cela. J'ai eu la chance de continuer à jouer pour y parvenir. […]
« C'est irréel de peut-être pouvoir m'approcher encore plus de [Roy], mais je ne suis pas encore rendu là. »
Pour ce qui est de son âge, Fleury dit le ressentir.
« Oh oui, a-t-il affirmé en riant. Très souvent. Plusieurs journées. »
Selon ses dires, il n'avait pas de difficulté à jouer sans devoir s'étirer et n'avait pas de problème à s'entraîner le lendemain d'un match, même s'il allait au lit à 3 heures du matin.
Aujourd'hui, quand il se réveille le lendemain d'un match, il se sent plus rigide qu'il n'en avait l'habitude. Il a moins d'entrain. Il a besoin d'en faire plus afin de conserver sa flexibilité et son énergie.
Mais rien de tout ça n'est si pire, et il y a même des avantages.
« Des fois, tu n'es pas aussi rapide, mais tu es un peu plus intelligent, a-t-il estimé. Tu lis mieux le jeu. Je pense que ça aide à continuer à jouer. »
Le hockey garde également l'esprit jeune.
En arrière-scène, Fleury continue de jouer des mauvais coups à ses coéquipiers, et il demeure à l'aise et humble sous les projecteurs. Il est passé de gardien à barman, mardi, dans le cadre de « Wild About Children », une collecte de fonds pour la Fondation du Wild du Minnesota, alors que les joueurs ont servi les partisans au Xcel Energy Center. Tout en mélangeant et en versant un martini à la lavande appelé « Wild Flower », il a fait des blagues, signé des autographes et posé pour des photos.
« C'est particulier dans le monde du hockey, tu n'as pas l'impression de vieillir, a mentionné Fleury. Évidemment, ton corps le ressent certaines journées, mais mentalement, tu as l'impression de faire encore partie des jeunes. »
Trente-quatre gardiens ont joué dans la LNH après avoir eu 38 ans, certains connaissant beaucoup de succès. Johnny Bower et Dwayne Roloson ont chacun signé 102 victoires. Dominik Hasek a remporté 101 matchs, Jacques Plante 91, Brodeur 89, Ed Belfour 83…
Combien Fleury sera-t-il en mesure d'en gagner? Pour combien de temps encore va-t-il jouer?
« Je ne veux pas spéculer », a soutenu Fleury, qui est sous contrat jusqu'au terme de la prochaine saison. « On va voir. J'arrive vers la fin, n'est-ce pas? Il me reste ces deux années. Ça pourrait se terminer là. Peut-être une autre. Je ne le sais pas. »
En attendant, il faut en profiter.
« Il a du plaisir, a conclu Evason. Parfois, on perd de vue cette notion. Ces gars-là font beaucoup d'argent et sont des professionnels et tout, mais ça reste un jeu, et il s'assure que ça soit un jeu non seulement pour lui, mais pour ses coéquipiers. »