TORONTO – Bien avant que Carey Price ne devienne l'un des gardiens les plus marquants de sa génération et qu'il fasse son entrée au Temple de la renommée du hockey, lundi, Jim Hiller avait pu constater le potentiel du jeune homme qui avait encore tout à prouver dans les rangs juniors.
L’actuel entraîneur-chef des Maple Leafs de Toronto était entraîneur associé de l’équipe de Price, les Americans de Tri-City, lors de la première saison complète du gardien alors âgé de 16 ans dans la Ligue de hockey de l’Ouest.
« Je pense que personne n’aurait pu prédire la carrière qu’il a connue à ce moment précis, a déclaré Hiller, vendredi, après l’entraînement de son équipe. Mais on savait que ce jeune homme allait jouer dans la LNH. C’est dur à dire au sujet de n’importe quel joueur, et ce l’est encore plus pour un gardien.
« On le voyait par sa façon de se comporter. Il avait cette confiance tranquille, ce calme devant son filet. Rien ne l’agaçait vraiment. Et il avait aussi tous les attributs physiques. Mais on ne pouvait pas prédire les sommets qu’il a atteints. »
Price s’est vite établi comme le meilleur gardien de sa génération. Il a remporté l’or aux Jeux olympiques, à la Coupe du monde et au Championnat mondial junior. Il a aussi mis la main sur les trophées Hart, Vézina et Bill-Masterton au cours des 15 saisons qu’il a passées dans l’uniforme des Canadiens de Montréal.
Bref, le seul grand objectif qui lui a échappé est la Coupe Stanley, qu'il a frôlée en guidant le Tricolore jusqu'en finale en 2021. Il avait d’ailleurs éliminé les Maple Leafs presque à lui seul au premier tour de ces séries, quand le CH a effacé un déficit de 1-3.
« C’était tout un défi de jouer contre lui, a souligné John Tavares, qui a battu Price 12 fois en 25 matchs de saison régulière. Je me souviens précisément de l’année au cours de laquelle il a remporté le trophée Hart. Il était pas mal imbattable, cette saison-là. Il a été incroyable aux Olympiques à Sotchi.
« Quand tu étais dans son équipe, il te permettait de jouer avec tellement de confiance. Et quand tu jouais contre lui, il t’en enlevait. Il donnait l’impression que tout était facile devant son filet. »
Le mot « incroyable » utilisé par Tavares pour décrire les performances de Price à son unique participation aux Jeux olympiques n'est peut-être même pas suffisant. Derrière une équipe remplie de talent, le gardien avait été tout simplement intraitable.
En cinq matchs, il n'avait accordé que trois buts, terminant la compétition avec une moyenne de buts alloués de 0,59 et un taux d'efficacité de ,972. Il avait notamment blanchi les États-Unis en demi-finale, puis la Suède en finale pour aider le Canada à décrocher la médaille d'or.
« Ça prend un effort d’équipe pour l’emporter, et nous jouions du hockey très efficace, a observé Tavares. Et puis, nous l’avions derrière quand les choses tournaient mal. Quand tu comptes sur un gardien aussi talentueux, le reste de l’équipe gagne en confiance et peut se permettre de prendre plus de chances.
« On pouvait se permettre d’être plus agressifs pour compliquer la vie de nos adversaires parce qu’on savait qu’il était là pour réparer nos erreurs. On savait qu’il ferait l’arrêt important. »
Un autre ennemi juré
Compte tenu de la rivalité qui existe entre les Canadiens et les Maple Leafs, on peut imaginer que les éloges à l’endroit de Price n’ont jamais été bien nombreux dans le vestiaire torontois à l’époque.
Mais Carey Price n'est pas le seul joueur de cette cuvée à avoir donné des maux de tête aux Maple Leafs. Lors de ses trois matchs no 7 en carrière contre les Maple Leafs – tous au premier tour – Patrice Bergeron a amassé quatre buts et trois aides pour mener les Bruins de Boston à la victoire chaque fois.
Le défenseur Morgan Rielly n’était pas encore avec la formation torontoise lors de la première occurrence, en 2013, mais Bergeron lui a fait faire des cauchemars en 2018 et en 2019.
« On parle de lui comme d’un spécialiste défensif, mais je crois qu’on perd un peu de vue son talent offensif, a fait valoir l’arrière de 32 ans. Il était très fiable défensivement, certes, mais il était aussi excellent en attaque. Je me souviens des années où il formait l’un des meilleurs trios de la Ligue avec (Brad) Marchand.
« Il était en mesure de générer des chances de marquer sans en donner dans son territoire. Quand on parle de joueur complet, il était au sommet de la liste. Il est probablement le meilleur exemple. »


















