Bergeron Price badge Chaumont HHOF

MONTRÉAL – À 66 ans, Claude Julien n’a rien perdu de sa passion pour le hockey. Il dirige depuis le début de la saison les Lions de Zurich, qui trônent au sommet de la Ligue nationale suisse. 

À Zurich, Julien compte sur un vétéran défenseur en Yannick Weber. Comme le hockey restera toujours un petit monde, la présence de Weber lui a permis de renouer avec Carey Price à la fin du mois d’octobre.

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« Carey est le beau-frère de Yannick et il est venu visiter sa sœur (Kayla) au mois d’octobre », a raconté Julien lors d’une entrevue téléphonique à LNH.com mercredi après-midi. « Il a profité de son passage à Zurich pour visiter la Suisse avec sa famille. Il a regardé quelques-uns de nos matchs. Il a aussi surpris notre équipe en sautant sur la glace pour un entraînement optionnel. Il l’a fait comme joueur, pas comme gardien! Il voulait démontrer ses habiletés offensives. Il a encore un bon tir et de bonnes mains pour un gardien. 

« J’ai donc eu l’occasion de le féliciter et de jaser avec lui avant son entrée au Temple de la renommée du hockey à Toronto. J’étais vraiment heureux de le croiser à nouveau. » 

Julien, qui se trouvait en Italie pour un voyage éclair au moment de l’appel, a décrit l’impact de Price à ses jours avec le CH. 

« J’étais le coach à Montréal quand nous avions repêché Carey en 2005, a-t-il raconté. Mais je ne l’avais pas dirigé à mon premier passage avec le CH. Je l’ai fait à mon deuxième séjour (février 2017 à février 2021). Il m’avait fait la vie dure quand j’étais avec les Bruins. Il était tout un gardien et il jouait toujours bien contre nous. Il s’agit de souvenirs moins positifs pour moi!

« À mon retour avec le CH, je savais que j’étais pour compter sur un des meilleurs gardiens de la LNH. Carey a connu des hauts et des bas avec le Tricolore, il a vécu différentes situations et il a jonglé avec des blessures. À sa dernière saison complète (2020-2021), Carey a conduit l’équipe jusqu’en grande finale, quelques mois après mon congédiement. Il était la raison majeure de la présence de l’équipe en finale. Il était incroyable. 

« Carey était un gagnant. Il a tout gagné à part la Coupe Stanley. Il est aussi une bonne personne, un gars avec un grand cœur et un homme humble. »

Price sera intronisé au Temple de la renommée du hockey le lundi 9 novembre à Toronto. Le numéro 31 recevra cet immense honneur en même temps que Patrice Bergeron, un autre ancien joueur de Julien, mais avec les Bruins de Boston. 

« Je n’aurai pas la chance d’y participer en personne à Toronto, a répliqué Julien. J’avais aussi raté le grand jour pour Zdeno (Chara) l’an dernier. Mais ça ne change rien dans mon livre à moi. Je suis fier d’avoir eu l’occasion de diriger Patrice et Carey, deux grands joueurs. Je suis tellement heureux pour eux. 

« Mon horaire à Zurich me permettra de me libérer pour le retrait du chandail de Patrice à Boston au début du mois de décembre (1er décembre). J’ai reçu une invitation personnelle de Patrice. J’étais heureux quand j’ai regardé notre horaire avec les Lions. Je manquerai un ou deux entraînements, c’est tout. Je me rachèterai en visitant Boston pour un autre moment important de Pat. »

Bergeron, un trésor pour un coach

À Boston, Julien a fait ses débuts derrière le banc des Bruins lors de la saison 2007-2008. Cette année-là, Bergeron n’avait joué que 10 matchs en raison des symptômes d’une grave commotion cérébrale, découlant d’une mise en échec du défenseur Randy Jones, des Flyers de Philadelphie. 

« À cette époque, je voulais juste le revoir en santé, a affirmé le Franco-Ontarien. Le hockey devenait bien secondaire. Je lui disais toujours que sa santé passait en premier et qu’il y aurait une vie après le hockey. Patrice et les Bruins avaient pris leur temps dans ce dossier. Même s’il avait manqué plusieurs matchs cette année-là, cette malchance ne l’a jamais ralenti. Il a connu une carrière fabuleuse. »

Au mois de juin 2011, Julien était aussi l’homme derrière le banc des Bruins pour le moment fort de la carrière de Bergeron, soit la conquête de la Coupe Stanley. 

« Je garderai toujours un lien fort avec Pat et les gars de l’équipe de 2011, a dit Julien. Je texte encore régulièrement avec Patrice, Zdeno, Brad Marchand, David Krejci et d’autres gars de cette édition. Nous trouvons des moyens de garder contact. » 

Aux dires de Julien, Bergeron incarnait le joueur de hockey idéal. 

« Il avait l’équipe à cœur, mais il retirait aussi une fierté d’être un joueur complet, a-t-il expliqué. Il est l’un des rares joueurs qui ne regardaient pas ses statistiques offensives. Il désirait contribuer offensivement, il le faisait avec des saisons de 70 points. Il avait de bons chiffres. Mais il avait également en tête d’être le meilleur centre défensif et le meilleur centre au cercle des mises en jeu. Je pouvais me fier à lui pour toutes les missions possibles. Il a gagné le Selke très souvent (six fois). Il maîtrisait tous les aspects du jeu. Et c’est pour ça qu’il entre au Temple dès sa première année d’admissibilité.

« Patrice s’est toujours donné corps et âme pour les Bruins de Boston. C’est son équipe, il n’a porté qu’un seul uniforme dans la LNH. Il reste encore à Boston avec sa femme et ses enfants. Pour un petit gars de la ville de Québec, il a adopté la ville de Boston comme sa deuxième maison. Mais les gens du Massachusetts l’ont aussi adopté. »

Sur la scène internationale, Julien a dirigé Bergeron et Price avec l’équipe canadienne aux Jeux olympiques de Sotchi en 2014 et à la Coupe du monde de hockey à Toronto en 2016. Les deux fois, il servait d’adjoint à Mike Babcock. Les deux fois, le Canada l’avait emporté. 

« À Sotchi et à Toronto, je m’occupais du jeu en désavantage numérique, a rappelé Julien. On dit toujours que ton gardien est ta meilleure arme pour tuer une punition. J’avais donc Carey devant le filet et j’avais Patrice comme centre en infériorité numérique. Ils facilitaient mon travail dans mon rôle. Je pouvais passer pour un coach intelligent et comme un grand tacticien! »