PIT Jagr 2-18

PITTSBURGH — Jaromir Jagr s'est présenté au podium et a déplié une feuille de papier sur laquelle il avait écrit son discours de remerciement, mais il a dû attendre que les partisans cessent de scander « Jagr! Jagr » avant de commencer à parler.

« Je dois vous le dire, quelle fin de semaine jusqu'ici », a lancé Jagr lorsque la foule s'est finalement calmée, « C'est super. »

Alors que Jagr s'est encore une fois délecté de l'amour des partisans des Penguins de Pittsburgh présents au PPG Paints Arena dimanche afin de voir son numéro 68 être retiré, il était évident qu'il était de retour chez lui. Bien que Jagr ait porté l'uniforme de plusieurs autres équipes après être parti en 2001, Pittsburgh a toujours été la ville qu'il a considérée comme son chez lui dans la LNH.

« Sans aucun doute, a commenté Jagr. Si vous dites à quelqu'un, n'importe où au monde, que ce soit en Tchéquie ou en Europe, quand vous lui dites "Jaromir Jagr", il vous répondra "Penguins de Pittsburgh", peu importe où j'ai joué par la suite. »

Pour mettre la cerise sur le gâteau, environ une demi-heure après que son numéro eut été hissé au plafond de l'aréna, Jagr a sauté sur la glace avec son équipement complet afin de rejoindre les joueurs actuels des Penguins pour la période d'échauffement avant leur match contre les Kings de Los Angeles. Tous les joueurs des Penguins portaient le numéro 68 de Jagr pendant l'échauffement, tandis que plusieurs d'entre eux, incluant le capitaine Sidney Crosby, Evgeni Malkin, et Kris Letang, arboraient des perruques imitant la fameuse coupe Longueuil de Jagr.

L'ailier droit de 52 ans n'a pas joué dans la LNH depuis 2017, mais il continue à jouer de temps en temps dans l'Extraliga, la meilleure ligue professionnelle tchèque, avec le HC Kladno, l'équipe de sa ville natale dont il est propriétaire. Donc, parce qu'il est encore actif, pourquoi ne pas participer à la période d'échauffement? Après tout, comme il l'avait rappelé à tout le monde pendant son discours, « C'est ma journée. »

Jagr, qui occupe le deuxième rang de tous les temps dans la LNH avec 1921 points (766 buts, 1155 passes) en 1733 matchs de saison régulière, est devenu le troisième joueur à voir son numéro être retiré par les Penguins, rejoignant son idole Mario Lemieux (66) et Michel Brière (21).

« Je me souviens que mon premier entraîneur Bob Johnson disait toujours, "Aujourd'hui, c'est une belle journée pour le hockey", a souligné Jagr. Je modifie ses paroles pour dire, "Aujourd'hui, c'est une belle journée pour moi." »

Ce fut bien le cas.

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Jagr est devenu la coqueluche de Pittsburgh, où il a joué les 11 premières saisons de sa carrière de 24 campagnes dans la LNH avec les Penguins, qui l'avaient sélectionné avec le cinquième choix au total lors du repêchage 1990 de la LNH. Jagr a uni ses forces avec Lemieux pour mener les Penguins à deux conquêtes de la Coupe Stanley en 1991 et 1992, a mis la main sur le trophée Hart, remis au joueur le plus utile dans la LNH, en 1998-99, et a remporté le trophée Art-Ross comme champion pointeur de la ligue à cinq reprises (1994-95, 1997-98, 1998-99, 1999-2000, 2000-01).

Plus de 30 anciens coéquipiers, entraîneurs et dirigeants de Jagr étaient présents, dimanche. Parmi ceux qui se trouvaient derrière Jagr alors que ce dernier s'adressait à la foule, on retrouvait Scotty Bowman, entraîneur-chef des champions de 1992, l'ancien directeur général Craig Patrick, et plusieurs joueurs des Penguins, incluant Phil Bourque, Jay Caufield, Randy Hiller, Ulf Samuelsson, Kevin Stevens, Ron Francis et, évidemment, Mario Lemieux.

Jagr s'est souvenu avoir regardé Lemieux à la télé pendant son adolescence alors que Lemieux représentait le Canada pendant le Championnat du monde de hockey 1985 de la FIHG à Prague, avant d'ajouter, « J'ai fait le vœu qu'un jour, nous allions jouer ensemble. »

Jagr a remercié Lemieux, maintenant propriétaire minoritaire des Penguins, presque tous ses anciens coéquipiers sur place, ainsi que quelques autres qui n'ont pas été en mesure de se rendre à Pittsburgh pour assister à la cérémonie, comme Bryan Trottier et Rick Tocchet.

« [Lemieux] et tous ces gars des années 1990, ils n'en sont probablement pas conscients, mais ils ont fait de moi l'homme que je suis, pas seulement sur la glace, mais en dehors, a déclaré Jagr. Ils ont donc eu un impact énorme sur l'homme que je suis aujourd'hui. J'avais 18 ans, et j'ai passé tant de temps avec eux. Mes parents n'étaient pas ici, alors eux, ils ont pris soin de moi. »

Jagr occupe encore le quatrième rang chez les Penguins avec 1079 points (439 buts, 640 passes) en 806 matchs de saison régulière, derrière Lemieux (1723), Crosby (1556) et Malkin (1270). Il figure également au quatrième rang pour les buts et les passes en saison régulière, ainsi que pour les points en séries éliminatoires de la Coupe Stanley avec 147 (65 buts, 82 passes) en 140 parties.

Mais en raison des difficultés financières des Penguins et de la nécessité que l'équipe mette d'autres joueurs sous contrat, Jagr a accepté d'être échangé aux Capitals de Washington à la suite de la saison 2000-01. Après trois saisons à Washington, Jagr a également évolué avec les Rangers de New York (quatre saisons), les Flyers de Philadelphie (une), les Stars de Dallas (une), les Bruins de Boston (une), les Devils du New Jersey (deux), les Panthers de la Floride (trois) et les Flames de Calgary (une) avant de retourner en Tchéquie en 2018.

Chaque fois qu'il est revenu à Pittsburgh à titre de joueur d'une équipe adverse, il a fait l'objet de huées.

Jagr a failli revenir à Pittsburgh en 2011 quand il a effectué son retour dans la LNH après avoir passé trois saisons avec l'Avangard Omsk dans la Ligue continentale de hockey. Mais Jagr a toutefois vu une formation talentueuse des Penguins qui venait de remporter la Coupe Stanley en 2009, et avec l'idée que l'équipe n'aurait pas de place pour lui au sein de leurs deux premiers trios, il a décidé de s'entendre avec les Flyers.

Alors les huées se sont poursuivies chaque fois qu'il a joué à Pittsburgh, ce qui l'avait initialement inquiété quant à la possibilité de voir son numéro être retiré. Il a également dit à la blague aux journalistes avant la cérémonie, « J'ai entendu beaucoup de huées récemment. »

Il n'a pas toutefois eu à s'en préoccuper. La seule fois où Jagr a reçu des huées dimanche, c'est lorsqu'il a mentionné la transaction avec les Capitals. Il a ri.

« Les partisans de Pittsburgh, les citoyens de Pittsburgh, de ma première journée ici jusqu'au jour où j'ai été échangé, vous m'avez rendu les choses beaucoup plus faciles pour moi, a dit Jagr. Ce sont probablement les meilleures années de ma vie, alors merci pour ça. »

La cérémonie de la retraite du numéro de Jagr a couronné quatre jours de célébrations à la suite de son arrivée de Tchéquie, accompagné par sa mère Anna Jagrova et sa copine Dominika Branisova. Tout a commencé avec une cérémonie à la mairie vendredi, où le maire de Pittsburgh Ed Gainey et la directrice du comté d'Allegheny Sara Innamorato ont annoncé que dimanche allait être la journée Jaromir Jagr à Pittsburgh et partout dans le comté d'Allegheny.

Vendredi soir, Jagr a participé à « Une soirée avec Jaromir Jagr », une conversation au coin du feu avec Bourque, Caufield et Stevens. Ensuite, Jagr a patiné avec l'édition actuelle des Penguins au début de leur séance d'entraînement devant une salle comble au UPMC Lemieux Sports Complex, samedi.

« Ce fut une expérience magnifique pour nous tous », a résumé l'entraîneur des Penguins Mike Sullivan. « Je crois que "Jags" est un gars que tous nos joueurs admiraient quand ils étaient enfants. Il a inspiré tout le monde. Je crois que nos joueurs ont vraiment apprécié l'occasion de le rencontrer et de passer du temps avec lui. Quand il a sauté sur la glace avec nous à l'entraînement, ils ont vraiment savouré cette expérience.

« Il est une véritable source d'inspiration pour nous tous, et nos joueurs sont donc très heureux d'avoir la chance de faire partie de cet événement. »