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Ça fait maintenant trois ans que Pierre-Olivier Joseph a fait le saut chez les professionnels. Pourtant, il dispute en ce moment sa toute première saison « normale ».

C'est exactement la raison pour laquelle le défenseur québécois préfère prendre son temps plutôt que de tenter de brûler les étapes jusqu'à la LNH. Et ça se passe plutôt bien pour lui avec le club-école des Penguins de Pittsburgh dans la Ligue américaine de hockey (LAH), à Wilkes-Barre.
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« Je ne me fais pas d'attentes par rapport au moment où je vais arriver au prochain niveau, a-t-il dit en entrevue avec LNH.com. Je vis le moment présent. Je me concentre sur mon prochain match, et non sur la prochaine occasion que j'aurai de monter dans la LNH.
« La Ligue américaine est vraiment sous-estimée au niveau de l'apprentissage pour les jeunes joueurs. Je le remarque de plus en plus. C'est une bonne chose de prendre son temps. J'aime beaucoup le fait d'être ici, à Wilkes-Barre, et je sais que j'en ai encore beaucoup à apprendre avant de jouer dans la LNH à temps plein. »
Après avoir disputé 16 matchs dans la grande ligue alors que la défensive des Penguins était décimée par les blessures, l'an dernier, l'ancien choix de première ronde en a joué seulement quatre avec la bande à Sid au début du mois de novembre.
Il peut donc se concentrer presque exclusivement sur le travail qu'il doit accomplir avec Wilkes-Barre, et ça lui plaît. Déjà reconnu comme l'un des vétérans de cette jeune formation, le grand patineur connaît ses meilleurs moments offensifs depuis sa dernière saison dans la LHJMQ.

Joseph totalise huit buts - le deuxième plus haut total chez les défenseurs de la LAH - et 28 points en 40 rencontres depuis le début de la campagne. Tout ça paraît fort bien sur la feuille de pointage, mais le principal intéressé n'associe pas nécessairement ces succès à la qualité de son jeu.
« Je ne trouve pas que je joue mon meilleur hockey, a-t-il avoué. Les points viennent, mais ça ne veut pas dire que je joue bien. Je veux continuer d'être solide dans ma zone et de limiter les chances adverses. Il faut que je mette plus d'accent là-dessus en ce moment.
« Je dois revenir à ma marque de commerce, qui est d'être fiable défensivement. C'est une chose que j'ai un peu délaissée avec le fait de vouloir en faire un peu plus offensivement pour aider l'équipe à gagner. »
Il est là pour apprendre de toute façon. Et aussi pour bâtir sa confiance. Avec celle qui lui est démontrée par l'organisation et le rôle qu'on semble vouloir lui confier au prochain niveau, il est facile pour lui de continuer à évoluer jusqu'à ce qu'on juge qu'il est prêt à faire le grand saut pour de bon.
Après tout, l'arrière de 22 ans ne fait que suivre le chemin un peu plus long emprunté par tant d'espoirs de l'organisation, qui ont fini par avoir un rôle d'importance chez les Penguins. Si sa progression se poursuit au même rythme, ça ne devrait être qu'une question de temps avant qu'il s'aligne à la ligne bleue de l'équipe.
« Plus je vieillis, plus je prends de l'expérience et plus la confiance vient, a-t-il conclu. Je pense que j'ai encore beaucoup à apprendre sur moi comme joueur et on me donne les outils à mettre dans mon coffre à Wilkes-Barre. Ce n'est pas négatif de passer du temps ici.
« Ça me permet d'essayer des trucs et d'avoir plus de bagages dans mon jeu en général. »