Pendant quatre saisons, Rémi Poirier a fait ses petites affaires sans trop attirer l'attention devant la cage des Olympiques de Gatineau. Il a sagement gravi les échelons au rythme de la reconstruction de l'équipe, et voilà qu'il en récolte les fruits.
L'opération charme de Rémi Poirier a fonctionné
Grâce à une étincelante saison à Gatineau, le gardien de 20 ans a convaincu les Stars de lui accorder un contrat

Son nom figure désormais au sommet du classement des gardiens de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) pour la moyenne de buts alloués (2,24) et le taux d'efficacité (,919). Et depuis jeudi, il apparaît également sur la liste des joueurs
sous contrat dans l'organisation des Stars de Dallas
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Une étape qu'il attendait de franchir avec autant d'impatience que son repêchage et qu'il peut enfin mettre derrière lui.
« Je compare ça au repêchage parce que j'ai adopté la même mentalité pendant mon année d'admissibilité et cette saison, alors que je devais signer un contrat », a affirmé le gardien de 20 ans sélectionné en sixième ronde (185e au total) en 2020.
« Quand tu te fais repêcher, il n'y a jamais rien de certain. J'avais deux ans pour prouver aux Stars que j'avais ma place dans l'organisation. Maintenant que c'est fait, c'est hyper rassurant pour la suite. Mon but a toujours été d'aller le plus loin possible dans le hockey. C'est un bon début de carrière professionnelle. »
Il s'agit donc pour lui d'un soulagement, d'abord, d'une promesse d'une certaine stabilité ensuite, mais surtout d'un important pas de plus vers l'atteinte de son rêve ultime.
« C'est amplement mérité, a lancé l'entraîneur et directeur général, Louis Robitaille. La progression qu'il a connue au fil des années est impressionnante. Surtout qu'il ne l'a pas tout le temps eu facile. Il a été exposé dans une équipe en reconstruction, mais il a grandi et il est rendu un leader pour nous. »
Difficile, il est vrai, de briller derrière une formation qui flirte avec les bas-fonds. Lors des deux premières saisons de Poirier devant le filet gatinois, les Olympiques ont terminé dans le dernier quart du classement.
Le jeune homme a pris son mal en patience, même si la tenue des siens avait invariablement un impact sur ses prestations. Il a appris à la dure, charmant les Stars au passage, jusqu'à ce que la formation tourne le coin à l'arrivée de Robitaille derrière le banc, au début de la saison 2020-21.
Grâce à une infusion de jeunes talents et à un système de jeu différent, le travail de Poirier a rapidement changé. Sans pour autant être facilité.
« Quand je suis arrivé ici, j'ai instauré un système axé sur le jeu en unité de cinq et sur le soutien défensif, a expliqué Robitaille. Ç'a amené son lot de changements pour Rémi. Il est passé d'une moyenne de plus de 30 lancers par matchs à environ 26 ou 27. Ce n'est pas le même feeling.
« Il a progressé du côté technique et individuel, mais il a surtout travaillé sur l'aspect mental de son jeu. Il a appris à garder sa concentration malgré de plus longues périodes d'inactivité dans un match. Il a travaillé sur sa gestion des matchs, et c'est qui fait qu'il s'améliore constamment. »
Au sommet
Moins lourd, mieux outillé mentalement et plus en confiance à la suite d'une première présence dans le giron des Stars au camp d'entraînement, le portier de 6 pieds 2 pouces et 206 livres affirme sa supériorité envers ses homologues de la Ligue depuis le début de la saison.
Ce n'est pourtant pas de lui qu'on parle quand on évoque les Olympiques. Et ça ne le dérange pas du tout.
« Ça se peut que je passe sous le radar, mais je n'accorde pas vraiment d'importance à ça, a-t-il répondu. Mon objectif, c'est de me concentrer sur ma tâche et de laisser faire tout le bruit extérieur. Au bout du compte, c'est le résultat final qui importe. »
De ce côté, on ne peut nier que ça se passe plutôt bien. Il a maintenant trois ans devant lui pour gravir les échelons dans l'organisation des Stars, et a la possibilité de conclure sa carrière junior au sommet.
« Je sais depuis longtemps que je compte sur le meilleur gardien de la Ligue, a assuré Robitaille. Je l'ai affronté pendant deux ans et je suis très heureux de l'avoir de mon côté. Les chiffres, c'est beau, mais moi je regarde sa manière de présenter tous les jours et la confiance qu'il dégage devant son filet. C'est ça qu'on veut. »

















