GATINEAU – Luke Mittelstadt avait un plan bien précis. Il désirait terminer ses études en administration des affaires à l’Université du Minnesota avant d’ouvrir le prochain chapitre de sa carrière, celui du hockey professionnel.
Avec un baccalauréat en poche, après quatre saisons à porter l’uniforme des Gophers, Mittelstadt a paraphé son premier contrat avec les Canadiens de Montréal le 13 mars dernier. Il a signé une entente de deux saisons (2026-27 et 2027-28).
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Sept jours après son entente avec Kent Hughes, le défenseur a joué son premier match avec le Rocket de Laval. Il a terminé la saison dans la Ligue américaine, participant à 14 rencontres, dont cinq en séries éliminatoires.
« Je me sentais bien en fin de saison avec le Rocket, mais j’ai encore bien des choses à prouver à ce niveau », a affirmé l’Américain après un entraînement avec les espoirs des Canadiens vendredi à Brossard. « Je peux aussi en donner plus. »
À 23 ans, Mittelstadt, un lointain choix de septième tour (197e au total) au repêchage de 2023, participera donc pour une première fois à un tournoi des recrues avec le CH. Il sera l’une des pièces maîtresses à la ligne bleue avec Owen Protz, un choix de quatrième tour (102e) à l’encan de 2024.
« Oui, c’est un peu spécial de vivre un premier tournoi des recrues à mon âge », a-t-il répliqué avec le sourire dans le visage. « J’ai hâte à ce premier tournoi des recrues. Je veux agir comme un meneur. Je ne changerai pas ma personnalité, ça viendra naturellement. »
Mittelstadt a hérité du titre de capitaine pour le premier match des espoirs du CH, samedi, face aux Jets de Winnipeg.
À sa quatrième et dernière saison avec les Gophers du Minnesota, Mittelstadt a obtenu 21 points (deux buts, 19 passes) en 36 matchs. En neuf parties de saison régulière avec le Rocket, il a produit à un rythme pratiquement aussi élevé avec cinq points (un but, quatre passes).
« Je voulais poursuivre mon développement pour une autre saison dans la NCAA, a-t-il rappelé. Je trouvais que j’avais besoin d’acquérir plus de maturité dans mon jeu. À ma dernière année au Minnesota, j’ai atteint un autre niveau et je me sentais mûr pour les rangs professionnels. J’ai tellement aimé mes quatre saisons avec les Gophers. J’ai aussi obtenu mon diplôme en administration des affaires et en marketing. »
« Je n’ai jamais songé à jouer ailleurs, a-t-il continué. Je désirais rester fidèle aux Canadiens. C’était vraiment important pour moi. Ils ont investi un choix au repêchage pour moi. Ils m’ont toujours encouragé. J’aimais vraiment travailler avec “Rammer” (Rob Ramage) et “Frankie” (Francis Bouillon). Je n’ai que de bons mots à dire au sujet de cette organisation. »
Mittelstadt n’a pas l’étiquette d’un grand espoir. Mais il pourrait mêler les cartes. Bouillon, l’un des responsables du développement des joueurs, l’a en haute estime depuis de nombreuses années.
« Luke avait demandé de rester une année de plus au Minnesota pour obtenir son diplôme », a affirmé Daniel Jacob, le nouvel entraîneur en chef du Rocket. « Il voulait venir jouer pour l’organisation à la fin de ses études. Il vient d’une famille de hockey (son frère Casey joue pour les Bruins de Boston). Il est organisé et il suit son plan. Il avait une ouverture d’esprit à ses débuts avec le Rocket. Il a très bien joué pour nous en fin de saison, il s’est rapidement intégré à un nouveau système de jeu. »
Dans la hiérarchie des défenseurs du CH, Mittelstadt reste encore assez loin. David Reinbacher, le cinquième choix au total au repêchage de 2023, et Adam Engstrom, qui a joué 15 matchs à Montréal l’an dernier, le devancent.
Bryce Pickford, qui a connu une saison phénoménale l’an dernier avec les Tigers de Medicine Hat, attirera également plus les regards quand il sera complètement rétabli de son opération à une épaule.
Quand on lui demande s’il croit en ses chances de cogner à la porte de la LNH dans un avenir rapproché, Mittelstadt y va d’une réponse intelligente.
« Je ne sais pas. Je ne veux pas regarder trop loin, a-t-il répondu. C’est possible qu’il s’agisse d’un objectif pas si lointain. Je dois juste m’améliorer et utiliser les bonnes ressources. La LNH restera toujours le rêve, mais j’y vais une étape à la fois. »
Mittelstadt devra également surmonter un autre obstacle, celui de sa petite stature comme défenseur à 5 pieds 11 pouces et 185 livres.
« Si tu es plus petit, tu dois trouver des façons de sacrifier ton corps, a-t-il répliqué. J’ai compris ça au niveau de la NCAA. Je n’ai pas peur, je fonce. Je sais que je suis plus petit que plusieurs joueurs, mais je n’y pense pas. »
Un ancien coéquipier de L.J. Mooney
Toujours sur les bancs d’école à l’Université du Minnesota, L.J. Mooney fait partie des nombreux absents au camp du Tricolore pour ce Face-à-face des espoirs en fin de semaine au Centre Slush Puppie de Gatineau.
Mittelstadt a joué avec Mooney l’an dernier avec les Gophers.
« Je n’ai que de bons trucs à dire à son sujet, a dit le défenseur originaire du Minnesota. Il est tout un joueur. Mais il est aussi une personne géniale. Il n’est pas le plus grand ou le plus gros, mais il joue gros. Il fait tout sur une patinoire : il frappe, il bloque des tirs et il a des habiletés incroyables. À mon humble avis, il obtiendra plus d’un point par match cette saison avec les Gophers. »
À sa saison recrue à l’Université du Minnesota, Mooney, un petit ailier de 5 pieds 8 pouces, a récolté 30 points (sept buts, 23 passes) en 34 matchs.


















