Pascal Vincent Daniel Jacob badge Chaumont

GATINEAU – Pascal Vincent avait regardé la veille un match entre les espoirs du Kraken de Seattle et ceux des Canucks de Vancouver à Abbotsford en Colombie-Britannique. Il baigne maintenant dans sa nouvelle réalité, celle d’entraîneur adjoint à Lane Lambert avec le Kraken de Seattle. 

Lors des deux dernières saisons, Vincent était derrière le banc du Rocket de Laval et c’est lui qui dirigeait les jeunes joueurs des Canadiens de Montréal lors de tournois de recrues comme celui auquel l’équipe prend part présentement.

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« C’est difficile pour moi de partir de l’organisation des Canadiens », a dit Vincent lors d’un entretien téléphonique depuis son nouveau domicile de Seattle, dimanche. « Le CH et le Rocket représentaient plus qu’un boulot pour moi, c’était un amour profond. Je suis un petit gars de Laval et je coachais l’équipe de ma ville. Je travaillais pour l’équipe de mon enfance.

« Mais dans notre travail, tu dois avoir le courage de saisir les occasions. Je voulais retourner dans la LNH et je me réjouis de ce nouveau départ avec le Kraken. Je ne pouvais pas refuser cette offre. »

Aux yeux de Vincent, Kent Hughes, Jeff Gorton et John Sedgwick ont fait le bon choix en confiant les rênes du Rocket de Laval à Daniel Jacob, même s’il n’avait jamais agi comme entraîneur en chef. 

« Quand j’ai informé l’équipe de mon désir de partir, j’ai eu de bonnes conversations avec “Gorts” (Gorton), Kent et “Sedgy” (Sedgwick), a raconté Vincent. Pour moi, le choix était relativement simple : je voyais Daniel prendre le relais. Je le considérais comme le candidat numéro un. »

« Je ne sais pas si mes mots ont eu une importance, mais j’ai partagé ce que je savais au sujet de Dan. Il est un gars travaillant et il a une approche assez directe avec ses joueurs. Il comprend aussi le côté humain. Il connaît également l’organisation et il s’agit d’une valeur vraiment importante. Il y aura une continuité au sein du Rocket. Nous venions de connaître deux bonnes saisons. Cette équipe restera entre de très bonnes mains.

« Dan a également travaillé avec différents entraîneurs dans le passé, il peut s’inspirer de plusieurs personnes. Il fera ses ajustements pour mettre son empreinte sur le Rocket. Je sais qu’il attendait cette chance depuis longtemps. Je suis vraiment content pour lui. »

Sur une note plus personnelle, Vincent a posé ses valises le 31 août dernier dans la région de Seattle. 

Il retournera derrière le banc d’une équipe de la LNH pour une troisième fois après des passages avec les Jets de Winnipeg dans un poste d’adjoint (2011-12 à 2015-16) et les Blue Jackets de Columbus dans des fonctions d’adjoint (2021-22 à 2022-23) et d’entraîneur en chef (2023-24). 

L’insistance du Kraken et de Lambert

S’il se disait très heureux avec le Rocket, l’homme de 54 ans ne pouvait refuser l’appel d’un autre défi au niveau de la LNH. Dans un monde où les contacts sont primordiaux, il n’avait aucun proche ou mentor au sein de l’organisation du Kraken. 

« C’était une situation un peu comme celle à mes débuts avec les Jets à Winnipeg, a-t-il précisé. Je ne connaissais personne de près chez le Kraken, comme c’était le cas avec les Jets. Le hockey reste toutefois un petit monde.

« L’an dernier, j’avais fait des entrevues pour le poste d’entraîneur en chef avec les Canucks de Vancouver. J’avais vraiment aimé mes entrevues. C’était tellement positif que je croyais que je partais pour Vancouver, mais il y a eu des changements et ils ont choisi un autre entraîneur (Adam Foote). J’avais parlé à Patrik Allvin, qui était le DG des Canucks. Aujourd’hui, le hasard fait que je me retrouve avec Patrik à Seattle. Mais ce n’est pas lui qui a poussé pour moi, puisque nous avons été engagés en même temps. »

Lambert, l’entraîneur en chef du Kraken, est celui qui aura œuvré en coulisses pour attirer Vincent dans l’État de Washington. 

« Lane a obtenu le poste avec le Kraken l’an dernier (29 mai 2025) et il m’avait approché à cette époque pour devenir son adjoint, a-t-il précisé. J’ai le même agent que Lane en Neil Glasberg. C’est Neil qui avait conseillé à Lane de m’approcher. J’avais vraiment aimé nos discussions, mais je ne me sentais pas prêt à partir. J’avais refusé le poste l’été dernier, mais Lane m’a recontacté il y a quelques mois. Avec le départ de Jessica Campbell comme adjointe avec le Kraken, il y avait une ouverture pour moi. J’ai passé une longue entrevue avec Jason Botterill (DG du Kraken) et je trouvais que le mariage était bon pour moi.

« À Seattle, je travaillerai avec de très bons hommes de hockey. Est-ce que je veux encore devenir un entraîneur en chef dans la LNH? Absolument. Mais aujourd’hui, je n’ai aucun problème à agir comme adjoint. L’une de mes plus grandes valeurs est la loyauté. Je consacrerai tous mes efforts aux succès du Kraken. Je grandirai de cette autre expérience. »

Après deux saisons dans sa ville natale à Laval, Vincent se sentira plus seul dans l’ouest des États-Unis puisque sa conjointe (Josée) et sa fille de 15 ans (Geneviève) ne l’ont pas suivi dans cette autre aventure. 

« Ce n’est pas facile pour moi, mais c’était le bon choix pour la famille, a-t-il reconnu. Ma fille a grandi à Winnipeg et elle a habité à Columbus avant de s’installer à Laval. Elle n’avait jamais étudié en français. Cette année, elle se retrouvera en quatrième secondaire dans une école francophone pour une première fois. Je ne voulais pas la déraciner une autre fois. »