ELMONT, New York – Jonathan Drouin porte un rouleau de coton dans la narine droite et il se touche les dents en s’assoyant à son casier après un revers de 2-1 des Islanders de New York contre les Blues de St. Louis, samedi après-midi, au UBS Arena.
« J’ai hâte de rencontrer le dentiste, lance-t-il. J’ai deux dents chambranlantes. Mais à part ça, tout va bien! »
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Dans les dernières minutes du match, Drouin a reçu un coup de bâton accidentel au visage du défenseur Justin Faulk. À part cet incident qui risque de redécorer sa dentition, l’ailier de 30 ans traverse des jours heureux avec les Islanders, sa nouvelle équipe.
Il a trouvé un rôle au sein de l’un des deux premiers trios, il a rapidement gagné la confiance de Patrick Roy avec un temps de jeu dépassant la barre des 18 minutes et il a regagné une paix d’esprit. Il se sent bien sur la glace, mais aussi dans son corps et dans sa tête.
« J’ai trois enfants, a-t-il répliqué avec le sourire. Ils ont 3 ans et demi, 1 an et des poussières, et deux mois. Mes enfants m’aident mentalement. Quand je sors de l’aréna, je deviens un papa. J’ai deux jobs maintenant. Quand je suis à l’aréna, je suis un joueur de hockey. Mais à mon retour à la maison, je suis un papa. Je pense encore parfois au hockey à la maison, mais mes petits m’aident à décrocher. »
Cette phrase sur les deux emplois n’a rien d’anodin. Pour lui, elle est au centre de ses besoins.
Drouin avait choisi de se retirer de l’environnement des Canadiens de Montréal pour la fin de la saison 2020-21 et le long parcours jusqu’en finale de la Coupe Stanley. Il avait décidé de s’attaquer à des démons qui le grugeaient depuis trop longtemps : l’anxiété et des problèmes de sommeil.
Depuis cet épisode, il s’est ouvert plus d’une fois sur les enjeux reliés à la santé mentale. Il a maintenant acquis la force nécessaire pour mieux jongler avec cette réalité.
« J’aurai toujours des moments de stress », a-t-il rappelé très calmement lors d’un entretien avec LNH.com à l’intérieur du chic vestiaire des Islanders. « J’aimerais m’en débarrasser pour toujours, mais je sais qu’il y en aura. Ça ne partira pas à 100%. Je sais toutefois mieux les gérer. C’est ça, la clé. Je vis mieux avec ça. Quand je deviens nerveux, ça ne dure pas une heure, mais quelques minutes. Je me sens bien dans ma tête. Et quand j’arrive à la maison, je trouve ça facile de décrocher quand je vois ma conjointe (Marie-Laurence), mes enfants, mon chien et le bonheur de ma famille. Comme je l’ai dit, j’ai deux emplois : papa et joueur de hockey. »


















