MONTRÉAL – Ce qu’on a vu des Canadiens de Montréal dans cette convaincante victoire de 5-2 face aux Maple Leafs de Toronto, samedi, était-il le résultat de la réunion d’équipe tenue la veille dans les quartiers généraux à Brossard?
« J’espère », a lancé un Martin St-Louis beaucoup plus détendu lors de son point de presse.
Détendu parce que ses hommes sont sortis de leur torpeur en signant une première victoire en six matchs (1-4-1) et, surtout, parce qu’ils y sont parvenus en revenant à « leurs standards ». C’est de ça qu’il a été question quand le groupe et les entraîneurs ont procédé à un examen de conscience vendredi.
« Ç’a commencé à ce moment-là, a souligné le défenseur Mike Matheson. On s’est parlé dans une réunion qui n’était pas amusante. Parfois, ça prend ça pour changer les choses. »
Un match n’est pas un échantillon suffisant pour affirmer que le Tricolore est de retour sur les rails, surtout qu’il jouait contre une bête blessée qui se débrouillait sans Auston Matthews et Matthew Knies. Reste qu’il est revenu, en majeure partie, à ce qu’il faisait de bien quand il connaissait du succès en début de saison.
Il a été fort efficace en échec avant – un point central de l’entraînement de vendredi – et n’a pas commis beaucoup de revirements coûteux. Il n’a pas fait « d’actions qui aident l’autre équipe ».
« Martin est toujours honnête avec nous, que ce soit bon ou mauvais », a fait valoir Noah Dobson, auteur de deux buts. « Il y avait beaucoup de glissements dans notre jeu, et on devait les aborder. […] On ne leur a pas donné grand-chose. On a mieux géré la rondelle en zone neutre, et on a été efficaces en échec avant.
« Quand on fait ça, on récupère les rondelles, on obtient du temps de jeu en zone offensive et c’est là qu’on génère nos chances de marquer. Nous avons répondu de la bonne façon. »
On dirait qu’en faisant ça, les Canadiens ont réussi à inverser la tendance et à faire subir aux Maple Leafs ce dont ils ont été victimes plus souvent qu’à leur tour dans les dernières semaines.
Ce sont eux qui ont marqué sur deux tirs consécutifs en première période, une réplique directe à un poteau de John Tavares sur le jeu de puissance. Ce sont eux qui ont dominé la deuxième d’un bout à l’autre – 17-6 aux tirs – et qui sont parvenus à chasser le gardien Joseph Woll grâce à quatre buts sur 25 lancers.
Et ce sont eux qui ont joué une troisième période « plate » pour fermer les livres et empocher les deux points – Josh Anderson scellant la victoire avec son deuxième de la rencontre dans un filet désert. Dans les 27 dernières minutes de jeu, les Canadiens n’ont dirigé que trois tirs sur Dennis Hildeby.
« C’était une décision de groupe en troisième période, a expliqué St-Louis. On a joué une game profonde. Il fallait protéger le danger. On a passé du temps en zone offensive et on a été calculés. On n’avait pas le même mouvement qu’en deuxième, on n’a pas fait autant de passes qu’en deuxième.
« On a géré la rondelle comme il faut. Quand tu fais ça, tu arrives à un moment où tu peux gérer le match. Ce n’est pas arrivé souvent à nos dernières sorties. »
Du positif devant le filet
Tout ça a entre autres été rendu possible grâce au fait que les Canadiens n’ont pas donné le premier but pour la première fois en cinq matchs. Jakub Dobes a été plutôt solide en général, mais il a surtout repoussé les 11 tirs auxquels il a fait face au premier vingt.
En cédant deux fois seulement sur 26 lancers, le gardien tchèque a affiché un taux d’efficacité supérieur à ,900 pour la première fois en cinq départs.
« J’ai vu la rondelle pas mal toute la soirée, a indiqué Dobes. Les gars ont porté attention aux détails. Si je joue pendant 60 minutes et qu’ils jouent pendant 60 minutes, qu’on obtient les bonds, alors nous devenons une équipe très difficile à battre. […] C’est juste un match, nous devons aligner des victoires. »
Il est vrai que Dobes et son homologue Samuel Montembeault n’ont pas été étincelants pendant cette série d’insuccès. Mais ils ont aussi souvent été victimes d’une désorganisation générale devant eux; habituellement le résultat direct de revirements coûteux. Ceux-ci ont été limités au maximum samedi.
« On n’a pas eu à se défendre trop souvent parce qu’on n’a pas fait beaucoup de revirements, a conclu St-Louis. Il n’y a pas eu beaucoup de zones grises, et elles arrivent quand il y a des revirements. Aucun système de jeu n’est fait pour répondre à des revirements. »


















