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RALEIGH, Caroline du Nord – Ghyslain Lauzon, sa femme Manon et leur fils Émile sont facilement identifiables dans la marée rouge et noir qui envahit les corridors du Lenovo Center : ils affichent tous fièrement les couleurs dorées des Golden Knights de Vegas.

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Ils n’ont quand même pas fait le voyage entre Val-d’Or et Raleigh – avec des escales à Montréal et à Newark – pour se fondre dans la masse. Ils sont là, en finale de la Coupe Stanley, pour soutenir fièrement Jérémy, l’aîné d’une famille de quatre enfants, dans les moments les plus enivrants de sa carrière.

Les plus enivrants, aussi, pour cette famille de hockey.

« On ne s’attendait pas à vivre ça quand on a inscrit les gars au hockey », lance le père du défenseur des Golden Knights en regardant autour de lui. Sur les murs, les colonnes et les kiosques du Lenovo Center, le logo de la Coupe Stanley est partout. Ils sont bel et bien en train de vivre « ça ».

C’est le scénario – autrefois fictif – que Jérémy a imaginé des centaines de fois, peut-être même des milliers, avec ses frères Zachary et Émile dans la rue ou à la patinoire du coin.

« On l’a fait pas mal de fois », rigole le cadet des trois frères. « On se demandait toujours qui allait marquer le but gagnant en prolongation. Souvent, ils me mettaient devant le but, alors c’était plus eux que moi! […] Quand on était jeunes, on a tous grandi avec le même rêve.

« De voir qu’il y en a un qui est sur le bord de le réaliser, c’est incroyable. Et on veut le vivre avec lui. »

Ce rêve les a tous menés loin dans le hockey. Zachary a été un choix de deuxième tour des Penguins de Pittsburgh en 2017 et il a dû mettre un terme à sa carrière en raison des blessures. Émile, lui, a joué un peu plus d’une centaine de matchs dans l’uniforme des Foreurs de Val-d’Or, dans la Ligue de hockey junior Maritimes Québec.

À eux trois, ils sont l’illustration même de la difficulté d’atteindre la plus haute marche du sport. Celle qui est à portée de Jérémy pour la première fois de sa carrière, à l’âge de 29 ans.

« À un certain moment, on s’est dit : "Ben coudonc, il y a peut-être quelque chose à faire avec ça" », se souvient Ghyslain en lançant un petit rire. « Ils ont peut-être un avenir dans le hockey. Ç’a été une surprise quelque part, mais ça vient surtout avec beaucoup de fierté. »

Ça se lisait d’ailleurs dans le visage du trio, à quelques minutes du début du premier match de la finale – une éventuelle victoire de 5-4 des Golden Knights. On sentait aussi beaucoup de soulagement parce qu’il y a quelques jours à peine, personne ne savait avec certitude si Lauzon allait pouvoir disputer cette série.

Le défenseur s’est blessé au premier tour contre le Mammoth de l’Utah et il a dû passer un mois sur la touche en espérant que le chemin de son équipe se prolonge en son absence.

« On a suivi tous les matchs et on espérait qu’il guérirait rapidement pour qu’il puisse vivre son rêve, souffle la maman. Je suis certaine qu’il bavait devant la télé tous les soirs en regardant les matchs. Il voulait juste retourner sur la glace le plus vite possible.

« Dès qu’on a su qu’il jouerait, on a acheté nos billets pour être là. On est contents de vivre ça. » 

Le reste de la famille, Zachary et leur sœur Amélie notamment, se joindront à la fête dans quelques jours à Vegas. Maintenant que les enfants ont quitté le nid familial, ce sera une rare occasion de voir Jérémy à l’œuvre tous ensemble et de se remémorer son parcours jusqu’à cette étape.

En espérant, bien sûr, ajouter un beau et gros souvenir dans la banque familiale d’ici quelques jours.

« On compte vivre ça pleinement, conclut Ghyslain. On va être là jusqu’à la fin! »