« Il est un joueur offensif tellement intelligent, il sait comment se créer de l’espace », a noté Pascal Vincent, l’entraîneur en chef du Rocket de Laval. « Il est un joueur incroyable. J’ai appris à le connaître un peu cette semaine, pas énormément, mais juste assez. Pour moi, sa passion pour le jeu représente un autre atout. Il était déçu après le match. Il veut gagner. »
« Nous sommes chanceux de l’avoir. Et pour les partisans, ce sera génial. Il sera agréable à regarder pour plusieurs années. »
Vincent, qui se retrouve derrière le banc du CH pour ce tournoi des recrues, a fait rire les journalistes en conférence de presse.
« Non, je ne le coacherai pas », a répliqué l’homme de 53 ans après une petite hésitation quand un collègue lui a rappelé qu’il n’aura pas la chance de le diriger après les deux matchs de la fin de semaine face aux espoirs des Jets et des Maple Leafs de Toronto.
Demidov a joué ce premier match à l’aile droite en compagnie d’Oliver Kapanen et de Florian Xhekaj. Même si les trois joueurs n’avaient jamais joué ensemble dans le passé, ils ont rapidement développé une cohésion.
Xhekaj a touché la cible en première période en récupérant une rondelle libre après une incursion rapide de Demidov dans le cercle du gardien. Kapanen, quant à lui, a profité d’un relais précis du Russe pour s’inscrire à la marque avec un tir sur réception en supériorité numérique.
« On avait juste eu deux entraînements, mais ils se trouvaient bien sur la glace, a expliqué Vincent. Ils sont trois joueurs intelligents avec un bon sens du jeu. Il y a eu de bons moments, mais aussi de moins bons. Je dirais que leur chimie défensive était moins bonne. »
Les 21 000 partisans pour cette simple rencontre du 13 septembre entre les Jets et le CH oublieront toutefois les mauvaises lectures défensives du premier trio. Ils garderont plus en tête les bons coups.
Et parmi les bons coups, il y avait aussi cette énergie de la foule. Les fidèles du Tricolore ont scandé le nom de « Demidov », ils ont bondi après chacune des mises en échec de Xhekaj et ils ont fait une interminable vague en troisième période.
« C’était incroyable, a dit Vincent. J’ai 53 ans et je suis un homme plus vieux comparativement à mes joueurs. Je peux ressentir toute cette énergie de la foule. Je n’ose pas imaginer ce que les joueurs ressentaient. Et je suis dans la LNH depuis longtemps. Pour certains de nos joueurs, ils n’auront pas la chance de porter une autre fois un chandail de la LNH. Ils raconteront cette histoire (ce match) à leurs enfants. Pour nous, c’est aussi une bonne façon d’évaluer nos joueurs quand ils se retrouvent sur une grande scène. »
Un été à Montréal
À son premier bain médiatique à ce camp des recrues, Demidov est revenu sur plusieurs sujets qui ne concernaient en rien la visite des Jets.
L’ailier droit avait le sourire dans le visage en décrivant le choix de deuxième tour du Tricolore au dernier repêchage à Los Angeles, l’attaquant Alexander Zharovsky.
« J’ai joué avec lui souvent dans mon enfance, a-t-il rappelé. J’étais un peu surpris quand j’ai reçu l’appel de Kent (Hughes). Au départ, je me demandais pourquoi il voulait me parler aussi tard le soir. Il était environ 21 heures. »
À la fin du premier tour du repêchage, Hughes cherchait déjà à sonder Demidov au sujet de Zharovsky. Tôt le lendemain matin, le CH a bougé avec les Hurricanes de la Caroline afin d’améliorer son sort au deuxième tour et de réclamer Zharovsky avec le 34e choix.
Demidov n’a pas juste profité des derniers mois pour préparer la prochaine saison. Il a aussi passé du temps pour découvrir sa nouvelle ville, Montréal. Il a choisi de rester au Québec pour une très grande portion de l’entre-saison.
« Je l’ai déjà dit, mais c’est une belle ville et je voulais y passer du temps, a-t-il affirmé. Je connais mieux les bons endroits de la ville et la culture. Je me sens maintenant mieux avec la langue aussi (anglais). Je connais mieux mes coéquipiers. Plusieurs des joueurs restent aussi à Montréal l’été. »