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DRUMMONDVILLE – Ethan Gauthier en est à un point de sa carrière où toutes les pièces du casse-tête semblent être tombées en place. À sa troisième campagne dans la LHJMQ, l’attaquant est prêt à prendre plus de responsabilités offensives et à occuper un rôle de leader avec les Voltigeurs de Drummondville.

Mais surtout, il est prêt à rentrer à la maison – à l’endroit même où il a grandi et dans l’organisation au sein de laquelle son père Denis et son frère Kaylen ont fait leur marque avant lui.

« Je ne pouvais pas demander mieux comme environnement cette année. Je suis prêt à relever le défi de jouer dans ma ville natale. Je suis rendu là », constate l’espoir du Lightning de Tampa Bay dans les gradins du Centre Marcel-Dionne, un amphithéâtre qu’il connaît comme le fond de sa poche.

Il avait cinq ans et déjà il accompagnait son père, devenu entraîneur adjoint, à l’aréna. Vêtu de son chandail de Sean Couturier, il se faisait un plaisir d’aider le personnel de l’équipe à remplir les gourdes d’eau et à faire en sorte que tout soit parfait pour ses favoris. Tout ça, en rêvant un jour de revêtir l’uniforme pour vrai.

Acquis du Phoenix de Sherbrooke au cours de l’été, c’est exactement ce qu’il a la chance de faire depuis le début de la nouvelle saison. 

« Pour lui, les Voltigeurs, c’était sa LNH, se rappelle le paternel, désormais conseiller spécial avec l’équipe. La LNH, c’est à la télé. Le junior, c’était concret. Il le vivait, il voyait les 3000 personnes dans les estrades. »

« J’étais un passionné. Pendant trois ou quatre ans, je ne sais même pas si j’ai manqué un match à domicile », rigole Ethan, sans que l’on sache s’il exagère un peu. Notre petit doigt nous dit que ce n’est probablement pas loin de la vérité. 

Le temps a filé depuis cette époque, et voilà que c’est son chandail no 79, orné du nom « Gauthier », que les partisans drummondvillois enfilent pour aller encourager les Rouges. Vingt-sept ans après le dernier match de son père à la ligne bleue de l’équipe, et deux ans après le passage de trois saisons de son frère ainé, c’est à son tour de perpétuer l’héritage familial.

« Ce sont des moments spéciaux, reconnaît-il. Ça signifie beaucoup pour moi de jouer ici, mais aussi pour la famille. Pour mon père, pour mon frère. C’est une belle histoire de famille qui se poursuit cette année. »

C’est aussi une belle histoire d’appartenance à une ville que Denis a adoptée, et vice-versa, pendant son passage junior, au début des années 90. Il suffit de l’interviewer – ou plutôt de tenter de l’interviewer – dans un des couloirs du Centre Marcel-Dionne, quelques minutes avant un match, pour comprendre que le lien qui unit les Gauthier à Drummondville est très fort.

Il ne faut toutefois pas penser qu’Ethan est revenu à la maison seulement que pour poursuivre la tradition. Après avoir atteint la demi-finale deux années de suite avec le Phoenix, il débarque dans une équipe qui arrive à maturité et qui peut légitimement aspirer aux grands honneurs, dès cette saison. 

« Je me considère très chanceux d’avoir une troisième chance, amorce-t-il. Je sais qu’il y a des gars qui passent toute une carrière sans en avoir une. Je suis au point de ma carrière où j’ai la maturité pour occuper un rôle d’impact. De pouvoir le faire ici avec l’équipe de mon enfance, je ne pouvais pas demander mieux. »

Fierté

De son propre aveu, le défi qui se présente à lui désormais aurait peut-être été un peu trop imposant à relever dès les premières années de son parcours junior. Deux saisons plus tard, il a l’expérience des longs parcours en séries, et il a vécu la pression associée à l’année d’admissibilité au repêchage de la LNH. 

Le choix de deuxième ronde du Lightning au dernier encan a eu suffisamment de temps pour tirer des leçons dont il pourra se servir pour connaître du succès dans un contexte où les yeux seront souvent rivés sur lui.

« Ce n’est pas un défi comme ça qui va l’écraser, assure le paternel. Il a vécu de gros moments de hockey et il a toujours bien répondu. Il croit en l’équipe, il croit en l’organisation et il sait qu’il peut être une pièce importante. Il est venu ici pour gagner un championnat d’abord et avant tout. »

« Tu vois qu’il a ce sentiment d’appartenance à l’équipe, ajoute l’entraîneur Sylvain Favreau. Il a grandi dans le Centre Marcel-Dionne. Il gère bien ça et ce n’est pas une distraction. Il est heureux et fier d’être ici. Parfois, cette fierté-là donne une petite coche de plus au joueur. »

Une petite coche qui se traduit en motivation plus qu’en pression.

« Il y a beaucoup de joueurs qui auraient espéré vivre des moments comme ceux-là, conclut le jeune Gauthier. Je veux montrer aux gens de la ville que je peux avoir un impact sur l’équipe, même en étant le p’tit gars d’la place. »

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