La dernière année a été exceptionnelle pour Chara : son intronisation au Temple de la renommée du hockey en novembre, son retour au sein de l’organisation à titre de conseiller aux opérations hockey et de mentor, et maintenant le retrait de son numéro.
« Tout ce qu’il a accompli, soyons honnêtes, il l’a mérité grâce à sa discipline, sa persévérance et la façon dont il s’est comporté sur la glace comme à l’extérieur », a souligné Bergeron.
Chara, qui est détenteur du record du plus grand nombre de matchs joués par un défenseur dans l’histoire de la LNH avec 1680 rencontres (septième parmi tous les patineurs), a disputé 1023 matchs à Boston. Il y a été capitaine pendant 14 saisons et a remporté le trophée Norris en 2009 à titre de meilleur défenseur de la LNH. Il a récolté 481 points (148 buts, 333 passes) avec les Bruins, pour un total de 680 points (209 buts, 471 passes) en carrière avec les Islanders de New York, les Sénateurs d’Ottawa, les Capitals de Washington et les Bruins.
Mais c’est à Boston qu’il a laissé son empreinte la plus marquante.
« Je pense qu’ils sont redevenus les Bruins », a conclu Bourque, en parlant des équipes avec lesquelles Chara a évolué après sa signature à titre de joueur autonome le 1er juillet 2006, un geste qui a changé le cours de l’histoire de la concession.
Chara a conduit les Bruins à la finale de la Coupe Stanley trois fois, remportant le championnat en 2011, mais la soirée de jeudi faisait surtout penser à ce moment en 2019. Ce soir-là, le 6 juin, Chara s’est présenté sur la glace du TD Garden avec une visière complète pour protéger les multiples fractures à la mâchoire qu’il avait subies lors du match précédent.
« J’étais debout sur la ligne bleue à côté de lui au début du match et je n’oublierai jamais le bruit assourdissant », a raconté le défenseur Charlie McAvoy. « Je n’avais jamais entendu le TD Garden être aussi bruyant, avec l’enjeu qu’il y avait. C’était extraordinaire. On n’allait pas l’empêcher de jouer ce match.
« Je pense que ça résume parfaitement la personne qu’il était, un dur de dur. »
C’est exactement ce que tout le monde a souligné jeudi : sa force physique et mentale, son éthique de travail, le fait qu’il soit devenu l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de la LNH et sa capacité à rassembler ses coéquipiers derrière lui.
« Tu ne pouvais pas faire autre chose que le suivre », a affirmé David Pastrnak.
Durant son discours, Chara a nommé chaque membre de l’édition 2011 des Bruins, permettant à la foule d’applaudir chacun des joueurs. C’est un moment qui en dit long sur le meneur qu’était Chara et sur sa façon de traiter et respecter ses coéquipiers.
Pour beaucoup d’entre eux, il était une étoile polaire.
Il a enseigné le leadership à Bergeron et pris McAvoy sous son aile. Il a fait des entraînements des Bruins des séances formatives. L’entraîneur Marco Sturm a d’ailleurs éclaté de rire, jeudi, en se remémorant la bagarre entre Chara et l’un de ses coéquipiers à l’entraînement durant sa première saison à Boston. Il cherchait à réveiller les siens et à leur faire comprendre ce qu’il faut pour être un membre des Bruins.
« S’il vous demandait d’aller à 100 milles à l’heure, il allait monter à 101, seulement pour que vous compreniez où la barre était placée, a mentionné Ference. Il menait par ses actions et il n’aurait jamais demandé quelque chose qu’il n’aurait pas fait lui-même. C’est ça, du leadership. »
Chara a mentionné dans son discours, jeudi, qu’il souhaitait porter le numéro 3 à son arrivée à Boston, mais qu’il savait que ce numéro avait été retiré en l’honneur de Lionel Hitchman. Il a donc choisi le 33, sans savoir à quel point ce numéro était déjà important à Boston en raison de Larry Bird.
C’est un autre de ces moments parfaits pour un joueur qui s’est intégré si facilement au paysage sportif de Boston et aux Bruins. Il avait signé un contrat avec eux pendant l’été en 2006, une décision qui s’est prise en quelques minutes parce que l’ouverture du marché des joueurs autonomes est un véritable tourbillon.
Mais il a pris cette décision après avoir fait ses devoirs, sachant que ce pourrait être un mariage parfait. Ce le fut.
« Tu cours un risque, mais je n’ai pas non plus pris cette décision à la légère, a dit Chara. Je savais que c’est là où je souhaitais aller, car il y avait une occasion de mener cette équipe et une volonté de devenir meilleurs, sans compter que j’avais la chance d’habiter à Boston. J’ai vu que ce serait un bon mariage. Et ç’a été la meilleure décision que j’ai prise. »