Il n'est quand même pas tombé des nues. Impliqué au sein des programmes des moins de 17 ans, en novembre 2021, et des moins de 18 ans, à la plus récente Coupe Hlinka-Gretzky, il se doutait bien que son tour allait venir. Mais peut-être pas aussi rapidement.
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« J'étais encore avec les moins de 18 ans il y a quelques mois », a-t-il relaté en entrevue avec LNH.com. « Je me disais que je ferais le saut avec les moins de 20 ans l'an prochain. J'imagine que les dirigeants ont aimé ce que j'ai fait aux niveaux inférieurs. Quand tu as une opportunité comme celle-là, c'est dur de dire non.
« N'importe quel entraîneur avec de l'ambition veut passer par là. J'ai été un bon soldat pour Hockey Canada en occupant différents postes par le passé et je pense que je suis rendu là. »
L'entraîneur-chef et directeur général du Phoenix de Sherbrooke n'a donc pas mis trop de temps avant d'accepter la proposition avec enthousiasme, même s'il remplissait du même coup à peu près tous les temps libres qu'il avait à son agenda déjà bien rempli.
Avec la tenue exceptionnelle du dernier CMJ à la fin de l'été, le personnel d'entraîneurs n'a été nommé qu'au début du mois de novembre et a un peu de retard à rattraper par rapport aux années « normales ». Le camp de sélection s'amorce le 9 décembre à Moncton, mais le travail est commencé depuis plusieurs semaines.
À travers les entraînements et les matchs du Phoenix, Julien a du visionnement et de l'évaluation à faire pour aider à dresser la liste des joueurs qui ont le potentiel de se tailler une place sur l'équipe. Quand le tournoi se mettra en branle le 26 décembre à Halifax, il sera responsable de la brigade défensive et du désavantage numérique.
« On a beaucoup de pain sur la planche et plusieurs réunions, a expliqué le pilote québécois. On a environ six mois de retard sur une année normale. Habituellement, les entraîneurs peuvent mettre les choses en place pendant l'été au chapitre des structures et du système. Là, ça fait seulement un mois qu'on a commencé.
« C'est beaucoup de travail. J'ai déjà vécu des compétitions internationales avec Hockey Canada, alors je sais comment ça fonctionne et quelles sont les attentes. Ça va vite, mais on est bien entourés là-dedans. »
Parallèlement à tout ça, Julien doit établir le plan d'action du Phoenix en vue de l'ouverture de la période des transactions dans la LHJMQ, avec le DG adjoint Olivier Picard, et aussi se préparer à céder les rênes du club à ses adjoints pour une dizaine de matchs.
Cela peut sembler beaucoup, surtout au cours d'une année où le Phoenix vise les grands honneurs, mais l'homme de hockey ne s'en fait pas trop.
« C'est sûr qu'il y a eu des questionnements, mais je sais que je suis bien entouré, a-t-il assuré. J'ai pleinement confiance en mes assistants pour prendre le lead et je travaille toujours en étroite collaboration avec Olivier. Ça ne me stresse pas beaucoup. »
Un tremplin
Ce qui le rassure, c'est que d'autres ont été en mesure de concilier leurs responsabilités de directeur général et d'entraîneur-chef dans la LHJMQ avec des rôles importants avec l'équipe unifoliée - il nomme d'ailleurs les Dominique Ducharme, Joël Bouchard, Marc-André Dumont et Jim Hulton.
Il y a certes un prix à payer, mais ça vient avec une visibilité non négligeable pour un pilote qui souhaite gravir les échelons et éventuellement faire le saut chez les professionnels. On n'a qu'à penser à Ducharme et à André Tourigny, qui ont obtenu des postes d'entraîneur-chef dans la LNH après avoir dirigé le Canada au traditionnel tournoi du temps des Fêtes.
« C'est sûr que cette opportunité est un tremplin, que ce soit pour le poste d'entraîneur-chef de cette équipe ou pour monter au niveau professionnel, a-t-il conclu. Je n'ai jamais caché mon désir de graduer et si j'en ai l'occasion, je vais le faire. Ce tournoi est une bonne vitrine au niveau de la LNH, et j'espère que ça va aider. »
Photo :Vincent Rousseau