Pierre-Luc Dubois n'a jamais aimé se mesurer aux Jets de Winnipeg, mais maintenant qu'il est dans leur camp, les raisons pour lesquelles il détestait les affronter sont justement ce qui lui fait croire qu'il cadrera parfaitement là-bas.
Dubois est convaincu qu'il cadrera parfaitement chez les Jets
Le Québécois a des attentes très élevées envers lui-même après avoir été acquis en retour de Laine et de Roslovic

« Ils ont une combinaison de joueurs imposants, de talent et d'éthique de travail, et ils sont simplement difficiles à affronter, et en plus, ils misent sur l'un des meilleurs gardiens de la LNH », a déclaré le joueur de centre de 22 ans en visioconférence dimanche, 24 heures après avoir été échangé par les Blue Jackets de Columbus aux Jets en retour des attaquants Patrik Laine et Jack Roslovic. Winnipeg a également mis la main sur le choix de troisième ronde de Columbus au Repêchage 2022 de la LNH.
« Ils sont très, très fatigants à affronter, et c'est plaisant de me retrouver dans leur camp maintenant. Comme je l'ai dit, je pense que la combinaison gabarit-talent est quelque chose que je possède moi aussi. Je pense donc que je cadrerai parfaitement ici. Ils forment tellement une bonne équipe que le temps d'adaptation ne devrait pas être très long. »
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Ce que Dubois (6 pieds 2 pouces, 205 livres) apporte sur la patinoire n'est pas la seule raison pour laquelle Winnipeg était une destination logique pour lui. Son père, Éric Dubois, est entraîneur adjoint avec le Moose du Manitoba, le club-école des Jets dans la Ligue américaine de hockey (LAH), et Pierre-Luc connait donc bien la ville. Il a d'ailleurs été en confinement là-bas il y a presque un an, quand la dernière saison a été mise en pause en raison de la pandémie du coronavirus.
« Je me sens bien ici, a poursuivi Dubois. J'ai déjà reçu des messages des joueurs et j'ai parlé au téléphone avec des membres de l'organisation hier. J'ai un très bon pressentiment.
« Je suis fébrile de faire partie de cette organisation dont je n'ai entendu que de bonnes choses. »
La saison dernière, Dubois a récolté 49 points (18 buts, 31 passes) en 70 matchs. Il a signé un contrat de deux ans avec les Blue Jackets durant la saison morte, mais a demandé à être échangé. Il a entamé la présente campagne avec un but en cinq rencontres avant la transaction. Il débarque dans une équipe beaucoup mieux nantie offensivement, alors qu'il va occuper le poste de deuxième centre des Jets, derrière Mark Scheifele.
« Regardez le groupe d'attaquants, du premier au quatrième trio, a indiqué Dubois. Il y a énormément de profondeur et de talent. Peu importe où tu joues et avec qui, que ce soit au centre ou à l'aile, tu sais que tu vas être entouré de joueurs de talent. Comme attaquant, c'est tout ce que tu peux demander. »
Parmi ces joueurs de premier plan qui vont l'entourer, il y a l'attaquant Nikolaj Ehlers, avec qui il pourrait évoluer lorsqu'il fera ses débuts avec les Jets. Dubois connait bien Ehlers pour l'avoir affronté dans la LNH, mais également à plusieurs reprises dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) lors de la saison 2014-15. Dubois évoluait alors avec les Screaming Eagles du Cap-Breton, tandis qu'Ehlers s'alignait avec les Mooseheads de Halifax.
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« Il est probablement le meilleur joueur junior que j'ai affronté, a louangé Dubois. Dans la LNH, il a gardé cette même vitesse, ces mêmes mains et son sens du hockey, donc je suis très emballé de pouvoir jouer avec lui. »
D'ici à ce que Dubois puisse patiner aux côtés d'Ehlers, il faudra qu'il respecte la période d'isolement obligatoire après avoir traversé la frontière des États-Unis. On ne sait pas encore exactement à quel moment il fera ses débuts, mais le principal intéressé a indiqué que les Jets comptent l'intégrer dans les rencontres d'équipe par visioconférence afin qu'il soit le plus prêt possible quand le temps viendra.
De gros souliers à chausser
L'un des défis de Dubois à Winnipeg sera de faire oublier Laine, sélectionné tout juste avant lui - au deuxième rang total - lors du Repêchage 2016 de la LNH. Depuis ses débuts, en 2016-17, Laine a inscrit 140 buts en 306 matchs, neuvième à ce chapitre dans la LNH durant cette période.
D'une part, les attentes seront élevées envers le Québécois parce que les Jets ont payé le gros prix pour l'obtenir, mais d'autre part, Dubois sera habité du désir de prouver qu'il n'est pas le joueur que l'on a vu à Columbus depuis le début de la saison.
Jeudi dernier, il a été cloué au banc par l'entraîneur John Tortorella dans une défaite de 3-2 en prolongation contre le Lightning de Tampa Bay, jouant seulement 3:55, mais sa dernière présence sur la patinoire, lors de laquelle il a été nonchalant et peu impliqué, a fait le tour de la planète hockey.
« Oui, il est un excellent joueur », a dit Dubois au sujet de Laine. « Mais vous savez, j'ai des attentes très élevées envers moi-même et je sais quel genre de joueur je peux être. […] Je pense que je vais bien cadrer et que je pourrai apprendre des joueurs ici, donc je ne ressens pas une pression supplémentaire.
« Je faisais le calcul et j'ai joué presque 300 matchs », a plus tard ajouté Dubois. « C'est presque 6000 présences dans la LNH. Je suis beaucoup plus que le joueur que vous avez vu lors de cette seule présence. C'est quelque chose qui est derrière moi, et je suis simplement fébrile d'être ici et d'entamer ce nouveau chapitre. »
Dubois n'a pas voulu dévoiler les raisons l'ayant poussé à demander à quitter Columbus, se limitant à dire qu'il s'agissait d'un processus et que ce n'est pas quelque chose qui s'est produit du jour au lendemain.
« J'ai énormément appris à Columbus, du moment où j'ai été repêché à 18 ans jusqu'au moment où j'ai été échangé, que ce soit grâce aux joueurs ou au personnel, a mentionné Dubois. […] Je suis déçu, parce qu'en tant que joueur de hockey, ton seul objectif est de gagner la Coupe Stanley, et je serai toujours déçu de ne pas avoir pu accomplir ça.
« "Torts" est un entraîneur très exigeant », a renchéri Dubois plus tard. « Mais je pense que tout ce qu'il a fait pour moi était dans le but de me rendre meilleur. Je ne vais jamais parler en mal de ce qu'il a fait. Mon père m'a toujours dit que quand un entraîneur s'acharne sur toi, c'est parce qu'il veut que tu deviennes le meilleur joueur possible, et j'apprécie cela. »

















