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DENVER - Pierre-Édouard Bellemare s'est déjà retrouvé sur cette scène. Il sait exactement quelles émotions il ressentira quand cette finale de la Coupe Stanley se mettra en branle, mais il y en a une en particulier qu'il veut s'assurer de ne plus jamais revivre : l'amertume de la défaite.

C'était en 2018. L'attaquant français faisait partie de la première mouture des Golden Knights de Vegas, qui se sont frayé un chemin jusqu'en finale contre toute attente. Cette fois, il évolue au sein d'une équipe en quête d'un troisième triomphe consécutif - le Lightning de Tampa Bay.
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Le contexte est complètement différent.
« Je me souviens très bien de la finale à Vegas », a-t-il amorcé, mardi, lors de la journée des médias. « Lors des trois premiers tours, tout le monde nous a mis perdants. En finale, tout le monde nous a mis gagnants. Ç'a changé un peu la donne dans le vestiaire. La scène est devenue un peu trop grande.
« On s'est mis à penser à ce qui arriverait si nos amis et nos familles débarquaient pour célébrer la Coupe. À l'inverse, on ne parle pas de ça ici. On parle du match no 1 et ça s'arrête là. Cette équipe est déjà arrivée à ce niveau. Les gars comprennent qu'on n'a rien à cirer du bruit extérieur. »
Le parcours cendrillon des Golden Knights s'était arrêté en cinq matchs contre les Capitals de Washington, et le trophée avait glissé entre les mains de Bellemare. Il a maintenant l'occasion de se reprendre.
Le hasard a fait en sorte qu'il retrouve l'Avalanche du Colorado sur son chemin, l'équipe qu'il a quittée après deux saisons pour s'entendre avec le Lightning à l'ouverture du marché des joueurs autonomes, l'été dernier. Le patineur de 37 ans voulait une chance légitime d'aller de nouveau jusqu'au bout. Il a choisi l'équipe qui avait fait ses preuves.
« Je savais que j'allais avoir une décision à prendre au cours de l'été, et j'ai saisi cette occasion quand elle s'est présentée à moi, a-t-il expliqué. Ç'a été assez simple du point de vue hockey, pour être honnête. Je n'ai pas quitté le Colorado parce que je n'étais pas bien. »
En ce sens, Bellemare se retrouve dans une drôle de position. Même si une conquête n'est pas l'histoire d'un seul homme, sa décision sera jugée selon l'issue de cette finale. On verra s'il remportera son pari.

TBL@FLA, #1: Bellemare profite d'un retour

« Rendues à ce stade, les deux équipes ont assurément la volonté de faire les bonnes choses pour connaître du succès, a-t-il observé. Je ne veux rien dire de négatif ici, mais la différence, c'est l'expérience. Ça ne prend pas un scientifique pour voir que les gars du Lightning ont surmonté l'adversité à maintes reprises.
« L'Avalanche a traversé ça au cours des deux dernières années. Quand je suis arrivé dans le vestiaire à Tampa, j'ai tout de suite vu que les gars croyaient au système et qu'ils n'en dérogeaient pas. Quand tu es récompensé par quelque chose d'aussi prestigieux que la Coupe, c'est très facile d'acheter un système. »
Et même s'il a une excellente connaissance des stratégies de Jared Bednar, il ne veut pas accorder trop d'importance à cet aspect. Ni au fait qu'il affrontera de bons amis avec la Coupe à l'enjeu.
« Ça ne me paraît pas difficile d'affronter d'anciens coéquipiers, a-t-il conclu. Je suis assez concentré, du fait que j'ai déjà perdu en finale et que je n'ai pas envie que ça se reproduise. C'est l'équipe qui se dresse sur notre chemin. La plus grosse marque de respect, c'est de montrer mon 120 pour cent et de jouer mon meilleur hockey. »