TORONTO – Vendredi marquera les deux mois du règne de John Chayka et Mats Sundin au sein de l’état-major des Maple Leafs de Toronto, et leur parler d’un début de mandat « occupé » serait probablement un euphémisme.
Depuis l’annonce de leur embauche le 3 mai, le DG et le vice-président aux opérations hockey de l’équipe ont opéré un remaniement majeur de leur effectif. Un remaniement qui s’est encore manifesté, mercredi, avec l’acquisition de l’ancien champion de la Coupe Stanley Sergei Bobrovsky.
« L’ajout d’un gardien du calibre de Sergei Bobrovsky envoie le message que nos ambitions de redresser l’équipe sont sérieuses, a commenté Chayka quelques heures après l’ouverture du marché des joueurs autonomes. Nous sommes une équipe bien plus dynamique que nous l’étions il y a 24 heures. »
Et bien, bien plus qu’il y a huit semaines.
À leur entrée en poste, Chayka et Sundin avaient promis qu’il allait y avoir des changements au sein de cette équipe qui venait de rater les séries pour une première fois depuis 2016.
On doit leur donner : que leurs manœuvres fonctionnent ou non, ils ont bel et bien brassé les cartes.
Il n’a jamais été question pour les deux dirigeants de reconstruire, et ce, surtout depuis que les Maple Leafs ont remporté la loterie du repêchage. Merci à cette petite boule blanche portant le no 12.
Avec ce premier choix qu’ils ont obtenu, Sundin, Chayka et leurs collègues ont jeté leur dévolu sur le jeune prodige Gavin McKenna vendredi dernier, à Buffalo.
L’occasion d’obtenir un espoir prêt pour la LNH donne aux Leafs l’espoir de gagner dès maintenant, une philosophie bien importante alors que le contrat actuel d’Auston Matthews tire à sa fin et que la fenêtre de l’équipe pourrait vite se refermer.
« On voulait se bâtir la meilleure équipe possible pour la prochaine saison », a commenté Chayka.
Voilà comment ils ont rebâti l’équipe.
Arrivées (10) : Bobrovsky, les défenseurs Darren Raddysh et Emil Andrae, puis les attaquants Nick Paul, Jack Roslovic, Colton Sissons, Teddy Blueger, Brandon Duhaime, Zack MacEwen et McKenna.
Départs (7) : les gardiens Joseph Woll, Dennis Hildeby et Samuel Ersson, les défenseurs Brandon Carlo et Simon Benoit, puis les attaquants Matias Maccelli et Nicholas Robertson.
Sans compter le renvoi de Craig Berube et l’embauche de Jim Hiller au poste d’entraîneur-chef.
Mais qui dit changement, dit incertitude.
Prenez Raddysh, par exemple. Un défenseur de 30 ans acquis du Lightning de Tampa Bay le 19 juin et mis sous contrat pour huit saisons. Il s’agit d’une mise sous contrat risqué pour un joueur qui n’avait jamais obtenu plus que 37 points dans une même saison avant d’en obtenir 70 (22 buts, 48 passes) en 2025-26.
Prenez ensuite la venue de Bobrovsky, qui, oui, pourrait devenir judicieuse, mais qui peut aussi s’avérer un échec total.
Tout d’abord, il aura 38 ans lorsque la saison 2026-27 va s’amorcer en septembre. De plus, son taux d’efficacité de ,877 affiché la saison dernière avec les Panthers de la Floride, son pire en carrière, lui a valu le 26e rang sur les 27 gardiens du circuit qui ont obtenu au moins 40 départs. Seul Kevin Lankinen (,873) a fait pire avec les Canucks de Vancouver.
Mais Chayka ne semble pas inquiet par ces chiffres. De son côté, il voit un compétiteur à l’éthique de travail inégalée qui sera en mission afin de prouver qu’il est l’un des meilleurs, sinon le meilleur, gardien de l’histoire (bien que des cerbères comme Martin Brodeur, Dominik Hasek et Patrick Roy auraient leur mot à dire sur la question).


















