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BROSSARD – « C’était facile. Ils me voulaient ici et je voulais jouer ici pour une longue période. Nous avons trouvé une entente rapidement. » 

Assis à la gauche de Kent Hughes dans la salle de conférence de presse, Ivan Demidov a résumé assez simplement les négociations pour sa prolongation de contrat de huit ans et 73 millions $ (9,125 millions en moyenne). 

Si le 1er juillet sonne le coup d’envoi à la chasse aux joueurs autonomes sans compensation, la fête nationale du Canada représentait également la première journée où Demidov pouvait prolonger son entente avec les Canadiens. 

« C’est une chose très cool, je suis heureux d’être ici, a dit Demidov d’entrée de jeu lors d’une longue conférence de 30 minutes. J’ai hâte de jouer d’autres matchs avec ce chandail. »

Les bonnes équipes et les bons directeurs généraux apprennent de leurs erreurs. Le CH et Hughes ont visiblement grandi de l’expérience Lane Hutson. 

Hutson avait paraphé sa prolongation de contrat (8 ans et 70,8 millions pour une moyenne de 8,85 millions) le 13 octobre 2025, soit trois matchs après le début de la dernière saison. Le numéro 48 avait confié que les pourparlers avec l’équipe pour les premiers jours de la campagne l’avaient tracassé. 

Demidov, qui est un ami proche d’Hutson, n’aura pas à endurer cette forme de stress. 

« C’était facile pour moi, a-t-il répété. Je voulais régler cette question de papier. Je désirais m’entraîner la tête en paix et me concentrer sur le hockey. »

Finaliste pour le titre de recrue de l’année grâce à une récolte de 62 points (19 buts, 43 passes) en 82 matchs, Demidov gardait les deux pieds bien sur terre même si une immense montagne d’argent l’attend. 

« Je ne l’ai pas encore dans mon compte de banque », a-t-il répliqué en se tournant vers Hughes avec un sourire espiègle dans le visage. 

« Tu y penses à l’argent », a-t-il poursuivi quelques minutes lorsque relancé sur le fait qu’il provient d’un milieu très modeste en Russie. « L’argent est une portion importante de ta vie. Mais pour moi, le plus important reste le hockey. Je pense au hockey. L’argent ne sera jamais plus important que le hockey dans ma vie. »

Un noyau solide

Sur le plan stratégique, Hughes est resté fidèle à sa propre philosophie en convainquant un autre jeune joueur de son noyau d’accepter un peu moins d’argent pour le bien de l’équipe.  

« On a une structure salariale avec notre équipe, a noté Hughes. Comme nos autres joueurs, Ivan est un gars d’équipe, comme nos autres joueurs. Il veut faire partie de quelque chose au lieu d’être le quelque chose. »

« Nous avons un bon noyau, a renchéri Demidov. Nous avons pratiquement tous le même âge au sein de l’équipe. Nous voulons gagner la Coupe Stanley. Nous sommes affamés. C’était une motivation pour moi. Je veux me présenter à l’aréna, faire mon travail et gagner des matchs. »

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Avec un plafond salarial qui passera de 95,5 millions à 104 millions cette saison, et qui continuera à augmenter de façon significative dans le futur, le Tricolore a établi des bases solides sur le plan comptable. 

Le noyau fort de l’équipe demeurera techniquement intact jusqu’à la fin de la saison 2029-2030, année où Nick Suzuki devra renégocier son contrat. 

Suzuki (7,875 M), Cole Caufield (7,85 M), Juraj Slafkovsky (7,6 M), Demidov (9,15 M), Noah Dobson (9,5 M), Hutson (8,85 M), Mike Matheson (6 M), Kaiden Guhle (5,55 M) auront une empreinte de 62,375 millions sur le plafond salarial. Il s’agit d’un montant fort raisonnable pour huit très bons joueurs. 

Hughes n’a pas dévoilé ses secrets, mais son ancien métier d’agent de joueurs l’aide certainement à la table des négociations. 

« C’est plus l’environnement ici, les coéquipiers, les entraîneurs et tous ceux qui travaillent au sein de l’organisation qui me sert d’arguments, a expliqué le DG du Tricolore. Il y règne un bon environnement. Quand tu es malheureux à un endroit, j’imagine que ça te prend un plus gros salaire pour te convaincre d’y rester. Le crédit ne revient pas à moi, mais plus à tous ceux qui œuvrent pour l’équipe. »

S’il y a un revers de la médaille à cette saine gestion des contrats au sein du noyau fort de l’équipe, Hughes doit aussi se montrer prudent quand vient le temps de séduire un gros nom sur le marché des joueurs autonomes. 

« Quand un joueur ne connaît pas notre environnement, je dois dire que c’est plus difficile de sauter sur le téléphone pour convaincre un joueur de venir jouer pour nous, a répliqué Hughes. Normalement, tu n’as pas beaucoup de temps pour parler avec un joueur. Mais les gars se connaissent dans la LNH. Les équipes ont des réputations. Je pense que nous avons une bonne réputation. Quand tu te retrouves à une mauvaise place, ça circule vite chez les joueurs. »

« Quand tu fais un échange pour un joueur, tu dois le balancer, a-t-il poursuivi. Quand tous nos joueurs font des sacrifices pour aider l’équipe, tu ne peux pas signer un gars à 20 millions et l’inviter à rentrer à l’intérieur du vestiaire pour lui demander de remercier Ivan, Nick, Cole et tout le monde pour ses 20 millions. Nous sommes conscients de cette réalité. Ça fait partie de bâtir une culture. En même temps, nous avons signé l’an dernier Noah pour plus d’argent que les autres. Ça nous permettait de faire un pas vers l’avant. Et nos joueurs étaient heureux de ce choix. »

En ce 1er juillet, le CH n’a attiré aucun gros poisson à Montréal via le marché des joueurs autonomes. L’équipe a procédé à quelques signatures mineures, mettant sous contrat les attaquants Alex Belzile et Samuel Poulin et le défenseur Ethan Samson pour un an à deux volets. Le gardien Kaapo Kahkonen sera également de retour pour une autre saison.

Comme il l’a dit souvent dans le passé, Hughes reste ouvert à l’idée d’améliorer son équipe, possiblement avec une transaction, mais il le fera uniquement si cet échange peut aider l’équipe à court et long terme. 

« Si on fait un grand échange et qu’on sacrifie une portion de notre futur, ce ne sera pas pour un joueur de 34 ou 35 ans. On le ferait pour un joueur qui pourrait contribuer dans le futur aussi. »