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PLYMOUTH, Michigan – Chaque fois qu’il enfile les patins et l’uniforme américain, Cole Hutson sait que Big Brother le regarde. 

« Il vient de m’envoyer un texto pour me dire que j’avais marqué un beau but ce soir, et il m’a envoyé une vidéo de la séquence. Il regarde plusieurs de mes matchs », lance l’arrière de 17 ans à LNH.com en parlant de son frère Lane, le brillant espoir en défense des Canadiens de Montréal.

Au lendemain de sa victoire avec l’Université de Boston en demi-finale du Beanpot, Lane s’est donc installé devant son téléviseur pour regarder le premier match de Cole au tournoi des cinq nations des moins de 18 ans – un gain sans histoire de 7-1 des États-Unis contre la Suisse.

C’est sur ce genre de soutien que le troisième d’une famille de quatre peut compter à son année d’admissibilité au repêchage de la LNH. Cole, de son côté, ne manque jamais une occasion de voir Lane à l’œuvre. Pas tant pour le soutien que pour l’inspiration.

« En grandissant, j’ai toujours voulu être comme lui, a amorcé le gaucher. Même meilleur que lui (rires). J’ai pris beaucoup d’aspects de son jeu pour les intégrer au mien. Il a une mentalité très offensive et il est constamment le gars le plus intelligent sur la glace. C’est le type de joueur que je veux être. »

Il l’est déjà un peu. Il a amassé 10 buts et 34 points en 39 matchs avec l’équipe des moins de 18 ans du programme de développement de USA Hockey (NTDP) – son frère avait totalisé 10 buts et 63 points en 60 rencontres au même stade de sa carrière, avant d’être réclamé au 62e rang en 2022.

« Lane a vraiment établi les standards pour moi à ses deux saisons ici », a insisté Cole.

Nick Fohr était entraîneur adjoint à l’époque où Lane faisait la pluie et le beau temps avec le programme. Il pilote désormais la formation comme entraîneur-chef.

« Je crois que Cole est un joueur un peu plus naturel, a-t-il avancé. Le jeu est plus facile pour lui, ça lui vient plus naturellement. Mais Lane travaillait tellement, tellement fort pour combler l’écart. Ses habitudes de travail étaient inégalables. Ils sont différents de ce côté, mais le résultat est similaire dans plusieurs cas. »

En termes de ce qu’ils démontrent sur la patinoire, il est facile de constater les similitudes entre les deux jeunes hommes au chapitre de la vision du jeu et des tendances offensives, notamment. Le 10e but de la saison de Cole était pratiquement un copier-coller de ce qu’on a pu voir de Lane au fil des années.

« On veut qu’il se concentre sur son patin et sur son contrôle de l’espace pour mieux défendre et reprendre la rondelle plus rapidement, a ajouté Fohr. Il a tellement de talent. Ses habiletés à tromper l’adversaire sont remarquables. C’est difficile de défendre contre lui parce que tu n’as aucune idée de ce qu’il va faire. »

La même chose a souvent été dite au sujet de Lane. Et à 5 pieds 10 pouces et 159 livres, Cole fait aussi face aux mêmes doutes quant à son gabarit et sa capacité à défendre.

« Je crois qu’on sous-estime parfois mon talent, a-t-il laissé tomber. On m’a un peu dénigré à cause de ma taille. Je veux prouver que je peux être dominant malgré tout, et que la taille n’a aucune importance. »

Le mystère plane

Avec les succès que connaît son frère depuis deux saisons dans la NCAA, le jeune Hutson ne devrait pas avoir trop de difficultés à convaincre la direction d’une équipe de lui faire confiance à ce sujet. À quel rang? Ça, c’est une autre question.

Le Bureau central de dépistage l’a répertorié au 57e rang chez les patineurs nord-américains sur sa liste de mi-saison, mais plusieurs observateurs le voient être réclamé en première ronde.

« Mes seules attentes sont d’être sélectionné avant Lane, a-t-il lancé à la blague. Ce qu’il est parvenu à accomplir est assez impressionnant, mais je ne suis pas surpris. Je n’ai jamais vu quelqu’un travailler aussi fort que lui. Il mérite absolument tout ce qui lui arrive. »

Quant à la possibilité d’éventuellement se retrouver chez le Tricolore avec son frère, Cole s’est montré ambivalent, et son raisonnement est rempli de sens.

« Les fans l’adorent là-bas, ça m’a ouvert les yeux sur leur passion, a-t-il d’abord dit. Ce serait cool, mais ce ne serait pas parfait au chapitre hockey. On se battrait pour du temps de jeu, et bien honnêtement, je ne pense pas que je serais capable de le détrôner du jeu de puissance! »

Comme quoi l’élève a encore beaucoup de respect pour le maître.

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