GÖTEBORG, Suède – Jakub Stancl a inscrit son deuxième but du match avec seulement 11,7 secondes à écouler pour permettre à la Tchéquie de prendre sa revanche en éliminant le Canada en quarts de finale grâce à une victoire de 3-2, mardi, au Championnat mondial junior.
Le tir de l’attaquant a dévié sur le défenseur Oliver Bonk avant de se frayer un chemin derrière Mathis Rousseau, jetant une immense douche froide sur la foule en rouge et noir au Scandinavium de Göteborg.
« Je ne sais même pas comment je me sens », a rigolé le héros du match. « C’est un sentiment incroyable. […] Laissez-moi vous dire qu’il y avait beaucoup de cris de joie dans le vestiaire. Les Canadiens ont beaucoup poussé dans les deux dernières périodes, mais nous sommes restés forts. »
Le Canada tentait de défendre son titre pour la deuxième fois, après avoir eu raison de la Tchéquie en prolongation, lors de la finale de l’an dernier. Il a finalement subi la première défaite de son histoire contre cette nation en ronde éliminatoire et ainsi pris la porte de sortie en quarts pour la première fois depuis 2019. La Tchéquie a quant à elle rendez-vous avec la Suède en demi-finale jeudi.
« Ce n’est jamais le résultat souhaité, a souligné le défenseur Maveric Lamoureux. Surtout dans ce tournoi-là, qui est un rêve pour tout joueur. Surtout avec le Canada, on a des chances de se rendre loin, d’aller chercher l’or… C’est ça qu’on veut tout le temps.
« Perdre en quarts de finale, personne n’était prêt pour ça. Je n’étais pas prêt pour ça. Quand ils ont marqué, j’étais juste comme : ‘’Holy F*’’. Il y avait de bonnes chances que ce soit fini. »
L’entraîneur Alan Letang a retiré Rousseau au profit d’un sixième patineur, mais les Canadiens n’ont pas été en mesure de traverser la ligne bleue des Tchèques. C’était bel et bien terminé.
À la cloche finale, les joueurs se sont alignés sur la ligne bleue, débinés, pendant que les Tchèques célébraient à l’autre bout. Lamoureux, Denton Mateychuk et Macklin Celebrini ont reçu leurs titres de joueurs par excellence du tournoi pour le Canada, puis l’hymne national tchèque a retenti.
Les cris des vainqueurs ont résonné dans les coulisses de l’amphithéâtre pendant de longues minutes après qu’ils eurent retraité dans leur vestiaire, situé non loin de celui du Canada.
« Nous avons pris notre revanche », a lancé fièrement le capitaine Jiri Kulich, qui a vécu l’affront l’an dernier. « C’est une grande victoire, mais nous devons rester humbles et nous concentrer sur la demi-finale. […] Plusieurs des gars de l’an dernier m’ont texté. Ils sont vraiment fiers de nous. »
La troupe d’Alan Letang avait pourtant montré un peu de caractère, alors que les choses ne regardaient pas très bien. Stancl et Tomas Cibulka ont donné le ton au match en touchant la cible dans un intervalle de 10 minutes en première période pour pousser le Canada dans ses derniers retranchements.
« On ne peut pas commencer un match de cette façon dans un moment aussi important, a relevé Lamoureux. Il faut jouer pendant 60 minutes, il faut que tu sois là au complet. On est revenus extrêmement forts en deuxième et en troisième. »
Et pour une fois, la réponse n’a pas été que l’affaire de la jeune sensation Macklin Celebrini.
Matthew Wood a touché la cible d’un tir précis dès le retour du vestiaire pour réduire l’écart à 2-1. Cette réussite a semblé fouetter ses coéquipiers, et incidemment les partisans, jusque-là silencieux. Le Canada a lentement pris l’ascendant, et ça s’est confirmé avec le but de Jake Furlong, inscrit avec 3:20 à faire à l’engagement.
Rousseau a aussi profité du deuxième vingt pour reprendre ses esprits après une première période plutôt ardue. Il a notamment frustré Eduard Sale sur une descente à 2-contre-1, alors que son équipe tirait encore de l’arrière par deux buts. Ç’aurait pu être le dernier clou dans le cercueil canadien.
Il est finalement venu du bâton de Stancl dans une fin de match dramatique. Michael Hrabal a repoussé 28 lancers, tandis que Rousseau a effectué 19 arrêts.
Faux départ
La troupe unifoliée a amorcé ce match avec de bien bonnes intentions. Elle a dirigé quatre tirs sur le filet de Hrabal dans les trois premières minutes de jeu, tout en appliquant une pression constante en zone adverse. Ça n’a toutefois pas duré; le jeu s’est relâché et l’intensité a diminué.
Stancl a ouvert la marque sur une contre-attaque en battant proprement Rousseau d’un tir du côté rapproché, à 7:51. Le gardien québécois s’est bien repris par la suite en frustrant Dominik Rymon sur un tir de pénalité accordé aux Tchèques après un coup de bâton de Noah Warren.
Rousseau a toutefois paru bien faible, quelques minutes plus tard, quand il a cédé devant le tir de la pointe à ras la glace du défenseur Cibulka. Si le portier n’avait pas vraiment connu de mauvais moments depuis le début du tournoi, disons que cette première période a été plutôt difficile pour lui.
« Je suis déçu de ma performance, a affirmé le gardien. C’était un gros match et les gars avaient besoin de moi. Il y a des moments où je me suis levé, mais les deux premiers buts étaient assez faibles. Ce n’était pas mon meilleur match. J’ai essayé de donner les meilleures chances à mon équipe de gagner. »
Heureusement, ses coéquipiers ont compris que c’était à leur tour de racheter ses erreurs. Wood et Furlong ont marqué respectivement en début et en fin de deuxième période pour ramener les deux équipes à la case départ et mettre la table pour une troisième tendue.


















