CMJ : Thomas Bordeleau savoure chaque instant
L'attaquant québécois apporte désormais l'expérience de la grande ligue dans le vestiaire américain

Après deux rendez-vous bousillés par le protocole sanitaire établi pendant la pandémie, l'attaquant a finalement revêtu l'uniforme des États-Unis au Championnat mondial junior. Et avec toutes les frustrations qu'il a vécues depuis l'édition de 2020, inutile de dire qu'il a soif de victoires.
« Ce qui est bon, c'est qu'il ne tient plus rien pour acquis, a lancé l'entraîneur Nate Leaman. Pas un match, ni même une présence. Il est affamé, et il veut prouver quelque chose ici. C'est plaisant de le côtoyer en ce moment. On peut voir son énergie à l'entraînement et dans les matchs.
« On sait tous à quel point il veut être ici, et à quel point il veut faire une différence. »
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Le Québécois à la double citoyenneté aura assurément l'occasion de briller dans les prochains jours. En l'absence de Matty Beniers, qui a choisi de faire l'impasse sur cette reprise estivale du tournoi, Bordeleau se retrouve au centre du premier trio d'une équipe américaine en quête d'un deuxième sacre consécutif.
En deux matchs jusqu'ici - deux victoires faciles contre l'Allemagne et la Suisse - Bordeleau a amassé un but et trois mentions d'aide.
« Je sais quel genre de joueur je suis, ce que je suis capable de faire et ce que je peux apporter à une équipe, a-t-il évoqué, jeudi. Les gars aussi le savent. Je veux juste les aider le plus possible. Ça fait longtemps que je n'ai pas joué avec eux et j'adore ça. Je veux avoir un impact dans cette équipe. »
En ce sens, sa seule présence fait toute la différence. Depuis la dernière fois qu'il a tenté de se rendre à Edmonton, en décembre, Bordeleau a fait des pas de géant. Après la conclusion de sa saison avec l'Université du Michigan, au Frozen Four, il a disputé huit matchs avec les Sharks de San Jose et deux dans la Ligue américaine.
Il revient donc avec l'expérience des professionnels et la confiance qui vient avec le fait d'avoir amassé cinq aides à ses huit premières rencontres dans la grande ligue.
« Je ne pense pas que mon début de saison était proche d'être aussi bon que ma deuxième moitié, a-t-il reconnu. J'ai fait beaucoup de progrès sur la glace. Quand les gars de notre équipe (Michigan) sont partis aux Jeux olympiques, j'ai joué plus et j'ai obtenu un plus grand rôle.
« Et puis, à la fin de l'année, j'ai joué contre (Connor) McDavid et (Leon) Draisaitl. Ça m'a ouvert les yeux et fait changer des choses dans mon jeu qui font de moi un joueur encore plus complet. »
C'est en partie la raison pour laquelle Leaman n'a pas hésité à lui confier le titre d'adjoint au capitaine Brock Faber, même si le natif de Terrebonne en est techniquement à sa première expérience sur cette scène.
« Il a beaucoup d'assurance, a vanté le pilote. Le rythme de jeu de ce tournoi est très rapide, mais c'est loin d'être un problème pour lui parce qu'il a vu la vitesse de la LNH. Il sait ce que c'est de jouer sous pression dans les grands moments, et il peut nous aider à ce chapitre. »
Prêt pour la suite
Même s'il a les yeux rivés sur une conquête de l'or, Bordeleau sait bien que le camp d'entraînement le plus important de sa jeune carrière l'attend d'ici quelques semaines. Il voit donc ce tournoi relevé comme une sorte de dernière mise au point avant de passer à la vitesse supérieure.
« Ça ne peut pas nuire de jouer du hockey aussi compétitif à l'approche du camp, a souligné le patineur de 20 ans. Je vais arriver à San Jose prêt pour le tournoi des recrues. C'est une bonne occasion de perdre les mauvaises habitudes qu'on prend au hockey d'été. Je vais arriver au camp prêt à performer. »
Prêt, surtout, à se tailler un poste avec les Sharks après avoir laissé toute une carte de visite à son premier passage en Californie.
« Le plan est de jouer dans la LNH, a-t-il conclu. Je ne voulais pas partir de Michigan si je n'étais pas prêt à faire le saut. Mes conseillers aussi pensaient que c'était la décision à prendre. Je sais que je suis prêt et je sais ce que je peux apporter sur la glace. Ça va être à moi de le montrer. »

















