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Cinq questions avec… Daniel Lacroix

L'ancien adjoint des Canadiens a parcouru la planète hockey avant de poser ses valises à Moncton en décembre

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

Il y a une vie après les Canadiens et Daniel Lacroix en a fait la preuve au cours de la dernière année. Congédié de son poste d'adjoint à l'entraîneur-chef Claude Julien au terme de la saison 2017-18, le pilote d'expérience a fait un tour bien rempli de la planète hockey pour découvrir de nouveaux horizons.

Ce périple l'a mené en Chine et en Finlande avec la LNH avec des arrêts à Cologne, en Allemagne, où il a dirigé les Sharks de Cologne pendant une demi-saison dans la Ligue professionnelle allemande (DEL), et en Lituanie, où il a accepté l'offre de son ancien coéquipier Dainius Zubrus pour aider au développement du programme de la Fédération de hockey en tant qu'entraîneur-chef.

« Ç'a été des choses qui m'ont poussé à aller en dehors des sentiers battus au lieu de rester dans la même routine que j'avais dans la LNH, a expliqué Lacroix. C'est bon parfois de se ressourcer et d'aller chercher de l'information ailleurs. Ça m'a donné l'opportunité d'acquérir d'autres connaissances et ç'a été bénéfique pour moi. »

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Depuis le 23 décembre, Lacroix occupe le poste d'entraîneur-chef des Wildcats de Moncton, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Il s'agit pour lui d'un retour au Nouveau-Brunswick puisque c'est avec cette équipe qu'il a fait ses premiers pas derrière un banc.

Il a été en poste à Moncton de 2002 à 2006 avant de graduer chez les professionnels, où il a été adjoint avec les Islanders de New York, les Bulldogs d'Hamilton (LAH), le Lightning de Tampa Bay, les Rangers de New York et les Canadiens.

« Je reviens en terrain connu, a-t-il lancé. C'est un niveau que je connais bien, une ville que j'apprécie et des gens que j'ai déjà côtoyés. Il n'y a pas de surprise pour moi. Le nouvel aréna est une bonne amélioration. C'est difficile de demander un meilleur environnement de travail pour les jeunes et le personnel. »

L'ancien attaquant a accepté de se prêter au jeu des cinq questions avec LNH.com :

Bonjour Daniel. D'entrée de jeu, on doit te demander comment tu en es venu à prendre la relève de Peter Draisaitl - le père de Leon - au mois de janvier dernier en Allemagne?

C'est un peu le hasard qui a fait ça. Je suis allé visiter Clément Jodoin avec son équipe à Berlin après un tournoi en Lituanie. Je suis allé passer une semaine là-bas avec lui et ça m'a donné la chance de voir le niveau et de voir les joueurs qui étaient là. J'en connaissais plusieurs qui étaient passés par la LNH ou la LHJMQ. Quelques mois plus tard, c'est en lisant une de mes chroniques mensuelles sur NHL.com que le directeur général de l'équipe Mark Mahon a décidé de me contacter pour savoir si j'avais de l'intérêt. 

J'avais reçu quelques offres, mais ce qui m'attirait le plus à ce moment-là, c'était d'aller en Europe à court terme parce que mon objectif principal était de revenir en Amérique du Nord et de diriger ici. Ça cadrait bien avec ce que je recherchais parce qu'ils avaient déjà un nouvel entraîneur sous contrat pour cette saison (2019-20). J'ai eu du plaisir avec l'équipe et nous avons accompli du bon boulot.

Comme c'était ta première expérience européenne derrière un banc, est-ce que tu as dû adapter ton style au hockey qui se joue là-bas?

Je dirais davantage que ce sont les équipes qui s'adaptent à l'entraîneur. S'ils ont un pilote nord-américain, ils jouent un style plus nord-américain. Si c'est un entraîneur européen, c'est plus européen. J'ai abordé les choses un peu comme si je dirigeais une équipe de la Ligue américaine. C'était une équipe composée de quelques joueurs qui ont joué dans la LNH, d'autres qui ont des aspirations de venir en Amérique du Nord et qui poussent pour se faire valoir et certains qui approchent de la fin de leur carrière et qui tentent d'obtenir d'autres contrats parfois plus intéressants dans d'autres ligues.

C'était quand même un bel environnement de travail. Je me suis retrouvé avec une bonne équipe dans une belle ville avec une importante base de partisans. Les joueurs voulaient travailler et voulaient avoir une structure de jeu. Ç'a été bien plaisant. 

Il commence à y avoir de plus en plus d'attention sur la DEL avec l'émergence des Moritz Seider, Tim Stützle, John-Jason Peterka et Lukas Reichel. Est-ce que le développement des jeunes est devenu l'une des priorités de cette ligue?

Il y a des règles en place qui obligent les équipes à aligner un minimum de jeunes joueurs dans leur formation. C'est sûr que ça fait en sorte de développer davantage de joueurs locaux. Les équipes suivent leur club junior de près et sont en communication constante avec les entraîneurs. Elles permettent aux jeunes de s'entraîner avec l'équipe professionnelle pour les aider à se développer davantage. Ça les expose à un meilleur calibre de jeu et à une autre façon de faire.

La DEL fait du bon travail à ce chapitre. Les équipes qui comptent sur un bon programme de développement ont un net avantage parce qu'ils alignent de très bons jeunes locaux en plus de pouvoir attirer des joueurs étrangers talentueux. Si une équipe compte sur ces deux aspects, elle est en voiture.

On a récemment vu Bob Hartley diriger l'équipe de la Lettonie lors de compétitions internationales, est-ce que ton expérience derrière le banc de la Lituanie était inspirée du même parcours?

Non, pas vraiment. Tout ça part de mon bon ami Dainius Zubrus avec qui j'ai été co-chambreur à l'époque où l'on jouait avec les Flyers de Philadelphie. Quand il a été nommé président de la Fédération de hockey là-bas, il m'a demandé si ça m'intéresserait de lui donner un coup de main pour aider à bâtir le programme si je n'avais pas les offres souhaitées en Amérique du Nord. Il voulait amener un côté plus professionnel et plus nord-américain.

C'est parti de cette discussion-là et quand j'ai su vers le mois d'août que je n'aurais pas d'ouverture dans la LNH, je me suis dit que ce serait une belle aventure à vivre. Ç'a été une bonne année pour moi côté coaching parce que ça m'a permis de trouver de nouvelles façons de communiquer et de préparer mes équipes. J'ai dirigé l'équipe de la Lituanie lors de trois tournois. Ce sont des tournois où tu n'as pas beaucoup d'entraînements. Il faut donc que tu trouves des façons de préparer ton équipe et de simplifier ton système pour qu'il soit plus accessible pour tout le monde parce que les joueurs n'ont pas tous un gros bagage de hockey.

Justement, comment est-ce qu'on s'habitue à ce calibre après avoir passé des années à diriger les meilleurs joueurs au monde dans la LNH?

Je savais un peu à quoi m'attendre parce que j'étais déjà allé en Lituanie quand je commençais à diriger. J'avais visité un peu avec Dainius et nous avions donné de l'équipement à de jeunes hockeyeurs. C'est tellement du hockey de base, je ne sais même pas s'ils ont huit arénas dans tout le pays. Nous avons fait un camp d'entraînement pour l'équipe nationale et il y a à peine eu 25 joueurs qui se sont présentés.

Les trois quarts des joueurs de l'équipe ne sont pas des professionnels et ne sont pas rémunérés pour jouer. C'est un défi assez imposant. Nous étions en division 1A et nous jouions contre le Kazakhstan et le Bélarus, qui comptent majoritairement sur des joueurs évoluant dans la KHL. Nos joueurs ont d'autres emplois à l'extérieur de la patinoire, ce n'est pas la même réalité. Reste que ç'a été une super bonne expérience et que j'avais des gars super travaillants et attentionnés. Avec mon emploi à Moncton, je ne pourrai plus être derrière le banc, mais je parle régulièrement avec Dainius pour aider au développement du programme.

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