VANCOUVER – En première période de ce match de fou jeudi soir, une défaite de 9-7 des Canucks contre les Oilers d’Edmonton, la chanson « Courage », un classique de The Tragically Hip, a résonné à l’intérieur du Rogers Arena.
Assis sur la passerelle de presse pour y regarder ses coéquipiers, Guillaume Brisebois pouvait s’associer à ce mot entonné par Gord Downie, le chanteur de ce mythique groupe canadien.
Du courage, Brisebois n’en manque pas. Opéré à une hanche au mois de septembre 2025, le défenseur a patienté jusqu’au 18 mars 2026 avant de jouer un premier match l’an dernier. Il a réalisé son retour avec les Canucks d’Abbotsford dans la Ligue américaine après une absence de sept mois, participant à neuf rencontres.
Un an plus tard, Brisebois a gagné un poste parmi les huit défenseurs des Canucks de Vancouver. À 29 ans, il revient donc dans la LNH.
« C’est un bon sentiment, a calmement dit Brisebois lors d’un entretien avec LNH.com dans la salle de conférence de presse des Canucks jeudi matin. Je travaille pour arriver à cet objectif depuis longtemps. C’est assez spécial, considérant le chemin que j’ai parcouru au cours des derniers mois avec mes blessures. C’est un beau moment, mais le travail ne fait que commencer. »
Brisebois n’a pas joué lors des deux premiers matchs de la saison des Canucks, les deux fois contre les Oilers d’Edmonton. Il attend donc que Manny Malhotra lui fasse signe.
« Oui, mon histoire est une victoire de la persévérance. C’est une fierté, a-t-il affirmé. Je reviens d’une blessure où je me suis absenté pendant pratiquement un an. J’ai craqué la formation des Canucks pour l’ouverture de la saison. Mais j’aimerais jouer aussi. J’ai encore du boulot devant moi. J’y vais au jour le jour. Je crois en moi, mais j’ai aussi besoin de jouer. Je dois prouver que j’ai ma place. »
À pareille date l’an dernier, Brisebois vivait des moments plus sombres. Son rêve de s’accrocher à une place avec les Canucks venait de dérailler.
« Après la conquête de la Coupe Calder en 2025 avec les Canucks d’Abbotsford, où j’avais connu de bonnes séries, je croyais pouvoir m’établir à la ligne bleue pour le début de la saison 2025-2026, a-t-il rappelé. À 28 ans, je me voyais comme un régulier des Canucks. Mais à mon arrivée au camp, les médecins m’ont dit que je devais subir une opération pour ma hanche. Je ne pouvais plus endurer la douleur, j’avais traîné ça pendant plusieurs mois. Je trouvais des façons de gérer ça, mais j’avais atteint ma limite. La douleur empirait.
« J’ai fini par douter. Je me posais des questions à savoir si mon corps pouvait suivre afin d’atteindre mon rêve de jouer dans la LNH. C’était ma deuxième longue absence. Il y avait eu ma commotion avant. Il y a eu beaucoup de moments où je doutais. »
Avant l’opération à la hanche, Brisebois avait connu une autre longue traversée du désert.
Le 4 octobre 2023, lors d’un match préparatoire entre le Kraken de Seattle et les Canucks, le défenseur gaucher de 6 pi 2 po et 175 lb avait joué de malchance. Une mise en échec de l’ailier Brandon Tanev avait modifié ses plans.
« J’avais terminé la saison 2022-2023 à Vancouver dans la LNH. Les Canucks ne m’avaient même pas renvoyé dans la Ligue américaine pour les séries, a-t-il rappelé. Au camp suivant, je pensais réellement gagner un poste. Je peux même dire que j’avais mérité ma place, mais je me suis blessé lors de l’avant-dernier match préparatoire. Je me suis fait frapper par-derrière dans un match contre le Kraken. J’ai manqué près de six mois. Cette année-là, je n’avais joué que huit matchs (dans la LAH) en fin de saison. »
Une loyauté envers les Canucks
Le 30 juin dernier, Brisebois a paraphé un contrat d’une saison à deux volets avec les Canucks. Ryan Johnson, le nouveau directeur général des Canucks, a misé sur un joueur qu’il connaissait parfaitement.
Avant d’occuper ce poste à Vancouver, Johnson a appris son métier avec les Comets d’Utica et les Canucks d’Abbotsford dans la LAH. Il y occupait le poste de DG depuis la saison 2017-2018, soit la première année de Brisebois chez les professionnels.
Choix de troisième tour (66e au total) en 2015, Brisebsois n’a jamais connu une autre organisation que celle des Canucks. Onze ans après son repêchage, l’ancien du Titan d’Acadie-Bathurst et des Islanders de Charlottetown se bat encore pour une place au soleil à Vancouver.


















