La réaction de leurs coéquipiers n’était pas la seule similitude. Le but de Shesterkin est survenu lorsqu’il a récupéré un disque qui venait de rouler devant lui pour le soulever sur presque toute la longueur de la patinoire, depuis son propre demi-cercle, jusque dans la cage déserte pour enfoncer le dernier clou dans la victoire de 5-1 des Rangers sur le Lightning de Tampa Bay.
Hextall avait lui aussi récupéré une rondelle envoyée en fond de territoire par l’adversaire avant de la tirer dans un filet désert pour compléter la victoire de 5-2 des Flyers.
Shesterkin avait dit à plusieurs reprises au cours de ses huit saisons dans la LNH qu’il espérait marquer un but.
Hextall comprend très bien ce sentiment.
« Je ne veux pas paraître arrogant ou quoi que ce soit, mais je savais qu’avec la bonne occasion, j’aurais une chance de marquer », a-t-il dit.
Hextall, qui a disputé 13 saisons dans la LNH de 1986 à 1999 avec les Flyers, les Nordiques de Québec et les Islanders de New York, est le seul gardien à avoir tiré et marqué en saison régulière et en séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Le 11 avril 1989, il avait complété la victoire de 8-5 des Flyers contre les Capitals de Washington dans le cinquième match de la demi-finale de la section Patrick en marquant dans un filet désert.
« Honnêtement, ce n’était pas très haut sur ma liste de priorités, mais mes coéquipiers continuaient de me pousser à tenter de le faire, a raconté Hextall. À l’époque, dès que j’avais la rondelle et que le filet était désert, les partisans se mettaient tous à crier : “Lance!” Il y a eu quelques occasions où j’ai choisi de ne pas le faire parce que ce n’était pas le bon moment, que ce soit parce que les joueurs adverses exerçaient trop de pression sur moi, parce que nous menions par un but dans un match important ou pour une autre raison. J’ai toujours pensé qu’il fallait que ce soit la bonne occasion. »
Hextall a beaucoup observé Shesterkin lorsqu’il était directeur général des Flyers et des Penguins de Pittsburgh, et il ne cache pas son admiration à son endroit.
« Bien évidemment qu’il est bon, et je pense que l’une de ses principales qualités est cette assurance, cette confiance (swagger) qu’il dégage et qui fait que les équipes croient en vous, a analysé Hextall. Il a cette assurance et il a les habiletés. Il n’est pas le plus imposant (6 pieds 1 pouce, 198 livres). Certaines équipes ne veulent pas repêcher des joueurs comme lui, en disant : “ Oh, il est trop petit “. Je ne suis pas nécessairement d’accord. […] Il est mobile, il lit bien le jeu, il manie bien la rondelle. Et il a cette assurance qu’on aime voir chez un gardien. »
Shesterkin est le plus récent des 18 gardiens de la LNH qui ont marqué un but – pour un total de 21 (19 en saison régulière, deux en séries éliminatoires) – mais Hextall est persuadé que les progrès dans la construction des bâtons et l’évolution de l’entraînement des gardiens pour manier la rondelle font qu’il ne sera pas le dernier.
« Les jeunes sont tellement mieux formés aujourd’hui qu’à notre époque en ce qui concerne leur positionnement, le style papillon et tout. Ça inclut maintenant le maniement de la rondelle », a-t-il conclu.