Fowler Duhamel LNH 100326

LAVAL, Qc – À l’extrémité du vestiaire du Rocket à la Place Bell, la déception de Jacob Fowler était manifeste.

« Je crois que j’ai eu un bon camp. Je crois que c’était suffisant pour avoir ma place dans l’équipe. J’imagine que non… »

Fowler a appris dimanche qu’il faisait partie de la dernière vague de retranchements du camp d’entraînement des Canadiens de Montréal. Fidèle à ce qu’il avait laissé planer au tournoi de golf de l’équipe à la mi-septembre, le DG Kent Hughes a choisi de commencer la saison avec deux gardiens : Jakub Dobes et Samuel Montembeault.

Amené dans la LNH pour calmer le jeu devant le filet du CH à deux moments critiques du calendrier 2025-26, Fowler a présenté une fiche de 9-6-2 avec une moyenne de 2,43 buts alloués par match et un taux d’efficacité de ,908 en 17 apparitions dans l’uniforme tricolore. Il a même joué le rôle d’adjoint à Dobes pour l’entièreté des séries éliminatoires.

Cet automne, il a clos son camp en ayant une fiche positive (2 MJ : 1-0-0; 2,77; ,893), mais avec un regain de vie de Montembeault (3 MJ : 1-0-0; 0,64; ,971) en parallèle, son destin était peut-être scellé d’avance. 

Car Fowler restait le seul gardien à pouvoir être rétrogradé au Rocket sans passer par le ballottage. Le portier de 21 ans est toujours associé à son contrat de recrue et est l’un des plus jeunes gardiens dans les rangs professionnels, toutes ligues confondues.

« J’ai fait le camp d’entraînement comme tout le monde. J’ai essayé de me faire une place dans l’équipe. Évidemment, je n’étais pas heureux de la conversation que nous avons eue [la direction et moi], mais ça fait partie de la vie d’un pro de rester dans le moment présent, a-t-il tempéré. Nous sommes chanceux d’avoir un bon groupe ici. »

Fowler a d’ailleurs été la grande vedette du match d’ouverture du Rocket malgré la défaite de 2-0 contre le Crunch de Syracuse vendredi. Il a multiplié les arrêts importants et in extremis à un moment où il n’y avait qu’un but d’écart entre les deux équipes.

Il a notamment privé Dylan Duke d’un but certain en début de deuxième en s’interposant avec la jambière gauche sur un retour de lancer, puis à la fin de l’engagement, sa réaction contre Tristan Allard en échappée a suscité une vague de « Fowler! Fowler! » chez un public lavallois timide jusque-là.

« Je pourrai probablement parler de Fowls après chaque match, car il est un gardien incroyable, a lancé le défenseur Owen Protz. Je ne pourrai jamais dire assez de bien de lui. Il a été incroyable ce soir, et il risque de l’être lors des prochains matchs. »

« C’était bien de revenir ici et jouer un match complet. Ça faisait longtemps. J’ai aimé notre effort, mais je crois que ce sera mieux demain », a quant à lui soutenu le principal intéressé.

Reinbacher serein

Quelques casiers plus loin, David Reinbacher semblait avoir déjà digéré la mauvaise nouvelle du dernier week-end. Le cinquième choix au total du repêchage de 2023 n’a su devancer Arber Xhekaj, Jayden Struble et Adam Engstrom dans la hiérarchie du CH au camp, et il se retrouve donc chez le Rocket pour un autre début de saison.

« C’est la vie, a-t-il lancé. Je ne peux rien changer présentement, je peux simplement me concentrer sur mon travail à faire au quotidien ici. Ça ne sert à rien de repenser à ce qui aurait pu se passer. »

Reinbacher a notamment été jumelé à Lane Hutson lors du calendrier préparatoire, et il s’était attiré les bons mots de Martin St-Louis après le match entre les Canadiens et les Sénateurs d’Ottawa à Trois-Rivières dans le cadre de Kraft Hockeyville.

« Il est calme, il utilise bien son bâton défensivement et il est intelligent en possession de rondelle », disait St-Louis.

« Je l’ai trouvé bon. Il est facile de le lire, et il a réussi à faire mourir plusieurs jeux. Il a très bien joué, c’était plaisant de le voir aller », avait quant à lui affirmé Hutson.

En confiance tout au long de cette audition avec le Tricolore, Reinbacher ne compte pas se dénaturer pour le début de la saison avec le Rocket. Surtout qu’il y sera maintenant le défenseur no 1 incontesté, tant qu’Engstrom demeure dans la LNH.

« Je n’ai rien à perdre, a-t-il conclu. Pourquoi je n’aurais pas cette même confiance ici? Je sais à quel point je suis bon et ce que je peux faire ici. Je vais travailler chaque jour et sourire, en profiter. »

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