Louis Crevier l’admet d’emblée. Émotionnellement, la journée du jeudi 1er octobre 2026 n’en fut pas une comme les autres.
À quelques heures de son premier match dans l’uniforme des Sabres de Buffalo, le défenseur québécois a accepté une prolongation de contrat de quatre ans d’une valeur de 16 millions $. À 25 ans, l’ancien choix de septième tour des Blackhawks de Chicago en 2020 signait son premier gros contrat en carrière.
« C’était un beau moment. Je suis très content pour moi et ma famille, ça me rend fier. Il reste encore beaucoup de travail à faire, mais c’était une belle journée », a lancé Crevier en entrevue téléphonique avec LNH.com, vendredi après-midi.
« Je suis content d’en être rendu là dans ma carrière et de commencer un nouveau chapitre avec une nouvelle équipe, a-t-il poursuivi. [Le contrat] enlève une certaine pression, mais au final, ça ne change pas grand-chose dans la façon dont je vais me présenter à l’aréna ou dans le travail que je veux faire. La seule différence, c’est que ça t’apporte peut-être un peu plus de stabilité quand tu termines un match. »
Cette stabilité, Crevier se l’est offerte pour la première fois l’an dernier, alors qu’il a disputé sa première saison complète au plus haut niveau. Après deux saisons à partager son temps entre la Ligue américaine et la LNH, le natif de Québec s’est taillé un poste régulier à Chicago, au sein d’une jeune équipe en reconstruction.
Il était donc très loin de s’attendre à recevoir un appel, en plein voyage en Italie au mois de juin, pour se faire informer qu’il venait d’être échangé.
« J’étais à Rome quand ça s’est produit. J’aime dire que je ne pouvais pas être plus loin du hockey, a-t-il raconté. À ce moment, je n’avais pas du tout la tête au hockey. C’était un choc. Je ne pensais pas du tout me faire échanger. Mais une fois la vague d’émotions passée, tout s’est placé et j’étais content. Je me joins à une excellente équipe. »
Crevier a été impliqué dans la transaction qui a envoyé Bowen Byram et Jordan Greenway aux Blackhawks. Même si Byram constituait l’élément central de cette transaction, Crevier aime se dire que les Sabres ont exigé qu’il fasse partie du retour.
« Je comprends qu’il y avait d’autres gros noms dans la transaction, mais reste qu’ils ont voulu m’acquérir, a souligné le géant de 6 pi 8 po et 236 lb. Je vais devoir faire mes preuves, mais quand une équipe veut obtenir tes services dans un échange, c’est bon signe. »
L’entraîneur-chef des Sabres, Lindy Ruff, a confirmé la théorie.
« Nous avons eu beaucoup de discussions à son sujet, nous l’avons regardé de près dans les matchs, a dit Ruff, jeudi, lorsque questionné au sujet de Crevier. Il fait bien circuler la rondelle, il est fluide sur ses patins. Je pense qu’il cadre parfaitement avec notre équipe. »
Crevier est arrivé il y a un peu plus d’un mois à Buffalo afin de se familiariser avec son nouvel environnement. C’était nécessaire, car il débarquait en territoire complètement inconnu. À l’exception du défenseur des Americans de Rochester Vsevolod Komarov, avec qui il a évolué à sa dernière saison avec les Remparts de Québec dans la LHJMQ en 2021-22, Crevier ne connaissait absolument personne lorsqu’il s’est présenté au camp d’entraînement.
« C’est beaucoup d’ajustements, mais ça se passe bien, a-t-il dit. Je vois déjà une belle amélioration. Plus les semaines vont avancer, plus je vais jouer des matchs, mieux je vais me sentir. Et là, la glace est officiellement brisée avec le premier match d’hier à Columbus. »
Oui, parce que revenons aux émotions de la journée de jeudi. Après la signature du contrat, Crevier devait trouver le moyen de se concentrer sur le premier match de la saison, à peine quelques heures plus tard.
Jumelé à Ower Power à la ligne bleue, le Québécois a terminé la partie avec un temps d’utilisation de 16:14, un tir au but et deux tirs bloqués dans une défaite de 6-3 contre les Blue Jackets.
« Il s’est passé tellement de choses pendant la journée que c’est certain que j’avais beaucoup de distractions. J’étais un peu nerveux, aussi. Quand je suis nerveux, je joue moins bien », a noté Crevier, visiblement insatisfait de son match. « C’est un peu ce qui s’est passé hier, mais la glace est brisée. C’est une game différente de ce à quoi j’étais habitué (à Chicago). »
Crevier aura l’occasion de répondre à ses propres standards dès samedi lors du prochain match des Sabres. Et comme le hasard fait parfois drôlement les choses, il pourra le faire contre son ancienne équipe, alors que les Blackhawks seront en visite au KeyBank Center de Buffalo.
« Ça va être le fun de jouer contre les gars et de les revoir. Bien évidemment, je veux les battre, a mentionné Crevier. Ce sont des beaux moments au hockey. C’est le genre de match dont tu vas te souvenir pendant longtemps, alors j’ai hâte. »
Mais avant l’affrontement sur la glace, il y aura un souper et des retrouvailles vendredi soir quelque part dans un restaurant de Buffalo, a promis Crevier.


















