Daniel Jacob LNH Duhamel

LAVAL, Qc – Pendant près de 10 ans, Daniel Jacob et Joël Bouchard ont été des inséparables. Où Bouchard jouait le rôle d’entraîneur-chef, Jacob jouait celui d’adjoint. De Boisbriand à San Diego, à Syracuse, à Laval.

Vendredi, les deux entraîneurs se retrouvaient, mais la scène était tout autre. Jacob, devenu entraîneur-chef du Rocket de Laval le 13 juillet en remplacement de Pascal Vincent, affrontait par un heureux hasard le Crunch de Syracuse de Bouchard en ouverture de saison 2026-27 à la Place Bell.

Le Crunch l’a emporté 2-0, mais la symbolique du moment allait bien au-delà du résultat du match, aussi décevant soit-il pour Jacob et le Rocket.

« Je suis très reconnaissant d’être dans cette position, mais je ne suis pas seul, a rappelé Jacob. J’ai ma famille derrière moi, j’ai des mentors qui m’ont donné une chance et Joël en fait partie. C’est très ‘cool’ de l’affronter. »

Rencontré par LNH.com en matinée, Bouchard ne tarissait pas d’éloges envers son ancien protégé, qui en est à un tout premier emploi à la barre d’une équipe. Il ne savait pas si le ‘timing’ allait permettre aux deux hommes de vivre un tel moment un jour, mais il est convaincu que Jacob a toutes les qualités nécessaires pour diriger un groupe comme celui du Rocket.

« Les Canadiens ont pris une bonne décision en l’embauchant, a-t-il affirmé. Il aura du succès, je ne suis pas inquiet. C’est une bonne personne, il est dédié. […] Dans toutes nos années à travailler ensemble, jamais nous n’avons eu d’accrochage. C’est un gars extraordinaire avec les joueurs et avec le reste du personnel. Il a une bonne énergie. Il est travaillant. Des bonnes qualités qui prouvent encore une fois que quand tu travailles fort et que tu fais les choses correctement, tu vas monter. »

Quelques heures avant d’offrir cette réponse, Bouchard avait rendu visite à Jacob au bureau des entraîneurs du Rocket. Un bureau qu’il avait lui-même occupé lors de ses années à la barre de l’équipe, de 2018 à 2021. Les deux acolytes avaient également célébré la nomination de Jacob au restaurant cet été. Leur association s’est soldée en 2024 lorsque Jacob est redevenu adjoint chez le Rocket pour se rapprocher de sa famille, mais le lien est demeuré intact.

« On a été de tous les combats ensemble. […] Tu ne travailles pas autant d’années avec quelqu’un sans créer un lien et ne plus lui parler après », a dit Bouchard.

Bouchard-Jacob-Rocket

Pour l’instant, l’élève n’a pas dépassé le maître. Le Rocket de Jacob n’a jamais été dans le coup face au Crunch vendredi. La seule embellie de l’équipe lavalloise est survenue en troisième période, alors que le déficit de 0-2 semblait déjà bien difficile à surmonter.

Plombé par un manque de synchronisme, le Rocket n’a décoché que huit tirs dans les deux premières périodes du match. Jacob Fowler avait toutefois gardé son équipe dans le coup jusque-là, bloquant 19 des 20 premiers lancers dirigés vers lui, mais le deuxième but de la rencontre de Nick Abruzzese après sept minutes en troisième période a cloué le cercueil des locaux.

« Je ne veux pas trouver des excuses – les choses sont ce qu’elles sont – mais Syracuse avait une bonne cohésion dès le départ, et lorsque tu regardes leur formation, 13 de leurs 18 patineurs ont joué ensemble l’an dernier, a soulevé Jacob. De notre côté, 9 de nos 18 patineurs seulement sont de retour. J’aurais vraiment été fâché si nous avions montré un manque d’effort, mais ce n’est pas le cas.

« Une bonne troisième période, Jacob Fowler devant le filet… On a en masse de positif en vue de demain. »

Jacob et Bouchard se retrouveront dans moins de 24 heures pour un deuxième duel Rocket-Crunch à la Place Bell.