VANCOUVER – Brendan Gallagher avait son sourire habituel à sa sortie d’un entraînement matinal, jeudi, sur la glace du Rogers Arena à quelques heures de son premier match dans l’uniforme des Canucks à la maison.
Gallagher l’avait perdu ce fameux sourire après un revers de 9-7 contre les Oilers d’Edmonton. Après deux périodes, les Oilers malmenaient leurs rivaux 8-2.
« J’avais imaginé un autre résultat final, a murmuré Gallagher. Il y a plusieurs choses qui clochaient dans ce match. Ça fait partie du hockey. »
Pour ce deuxième match du calendrier, les Canucks ressemblaient à ce qu’ils risquent d’être cette saison, une équipe en reconstruction.
À la présentation des entraîneurs et des joueurs, au son du classique Where The Streets Have No Name de U2, Manny Malhotra a reçu l’accueil le plus chaleureux. Quand l’entraîneur en chef, même s’il est un ancien des Canucks et qu’il dirige l’équipe pour une première saison, obtient la plus grosse dose d’amour des partisans, c’est un autre signe d’une formation qui n’aspire pas à la conquête de la Coupe Stanley.
Gallagher, lui, a fait son entrée sur la patinoire sans un tonnerre d’applaudissements. Les fidèles des Canucks ont salué son arrivée d’une façon respectueuse et polie, mais on repassera pour le moment de pure émotion.
Après 14 saisons et un total de 911 matchs avec les Canadiens de Montréal, l’ailier droit de 34 ans a maintenant amorcé une autre étape de sa carrière avec les Canucks. Et il y a une première chose qui frappe aux yeux. Il ne porte plus le numéro 11, mais bien le 7.
« J’ai choisi le numéro 7 pour ma mère, Della, a dit Gallagher en entrevue avec LNH.com jeudi matin. C’était son chiffre préféré, son numéro de prédilection. J’ouvre un nouveau chapitre de ma carrière, je souhaitais un changement, mais je voulais surtout honorer ma mère. Elle a tellement eu un grand impact dans ma vie. »
« Je sais que ma mère doit être fière de me voir poursuivre ma carrière en Colombie-Britannique et d’endosser le chandail des Canucks, a-t-il poursuivi. Elle doit sourire à l’idée que je passerai plus de temps près de mon père (Ian) et de ma famille. »
Même s’il avait voulu, Gallagher n’aurait pu garder le numéro 11. Les Canucks ont retiré ce chiffre d’une manière non officielle à la mémoire de Wayne Maki, un attaquant membre des trois premières saisons de l’équipe dans la LNH (1970-71 à 1972-73). Maki est décédé tragiquement en 1974 à l’âge de 29 ans. Un cancer du cerveau l’a emporté. Ironiquement, Della Gallagher a rendu l’âme à 66 ans après une brave bataille contre la même maladie.
Le CH restera toujours dans son cœur
Gallagher a une petite expérience de deux matchs avec les Canucks. Les deux fois, il a croisé Connor McDavid et les Oilers sur sa route. Les Canucks avaient signé une victoire de 6-5 en prolongation au premier duel.
« Honnêtement, je suis vraiment excité par ce nouveau départ avec les Canucks, a-t-il affirmé. Je ne trouve plus ça étrange. J’aime ce logo. J’ai eu assez de temps au cours de l’été pour digérer la fin de mon association avec les Canadiens. J’ai tourné la page. Je me retrouve avec un jeune groupe et j’aime toujours jouer au hockey. »
« J’avais besoin de trouver une nouvelle maison avec ce que j’ai vécu l’an dernier avec le Tricolore. Je l’avais dit rapidement. Les Canucks représentaient la destination logique pour moi et ma famille. »
Comme il l’avait dit le 29 juin, jour où Kent Hughes l’a échangé aux Canucks en acceptant de retenir une portion de son salaire, Gallagher n’en veut pas à son ancienne équipe.
« Les Canadiens resteront toujours dans mon cœur. Je ne joue plus là-bas, mais ça ne change rien à mon amour pour cette organisation. J’ai grandi comme joueur et comme humain dans cette ville. Je me répète, mais j’avais besoin d’un nouveau départ au sein d’une autre équipe dans la LNH. Je l’ai trouvé avec les Canucks. »
« À la fin de ma carrière, je retournerai à Montréal. C’est ma maison. J’ai rencontré ma femme (Emma) aussi là-bas. Mes deux filles (Everly et Ella) sont nées à Montréal, la petite dernière a vu le jour au mois d’août de cet été. »
Dans l’Ouest canadien, Gallagher aura l’occasion de garder un œil sur les activités du Tricolore. Le décalage horaire de trois heures entre Vancouver et Montréal l’aidera.
« Le premier match du CH contre les Maple Leafs était à la télévision dans le vestiaire de l’équipe adverse avant notre premier match, mardi, contre les Oilers à Edmonton. J’ai suivi la première période et le début de la deuxième. J’ai ensuite arrêté de regarder puisque je devais participer à des réunions d’équipe. »
Et si le Tricolore devait un jour gagner la Coupe Stanley, le numéro 7 des Canucks ne fermera pas sa télévision.
« Pas du tout, a-t-il répliqué en riant. J’ai traversé tellement d’étapes et de beaux moments avec les gars de cette équipe. Je leur souhaite que du bonheur. Je souhaite la même chose pour les partisans, ils méritent de voir une équipe gagnante. Je n’ai aucune rancœur. Je reste un partisan des Canadiens sauf quand je jouerai contre eux. »
Gallagher était également bien heureux de voir Josh Anderson hériter d’un « A » sur son chandail après son départ.
« Andy est le bon choix. Il a le respect de tous ses coéquipiers et il mène par ses actions sur la patinoire. »
Un mentor pour les jeunes
« Il est mauvais aux cartes et il a une mauvaise équipe dans son pool fantasy de la NFL. Mais à part ça, il est un formidable coéquipier. »
Cette déclaration provient de Paul Cotter, un compagnon de trio de Gallagher en ce début de saison avec les Canucks.
« Les partisans n’ont pas eu le temps de le constater. Il a déjà un impact au sein de notre groupe », a poursuivi Cotter, un autre nouveau venu chez les Canucks. « Il représente une voix importante. Il a toujours une attitude positive. Quand un gars a joué près de 1000 matchs (913) dans la LNH, tu n’as pas le choix de l’écouter. J’aime son approche positive, son désir de gagner et son absence d’ego. Et plus sérieusement, il est aussi très bon aux cartes. Il veut tellement gagner. »
À Vancouver, Gallagher ne devrait pas gagner une tonne de matchs. Mais il regagnera un rôle de mentor au sein d’une jeune formation.
« Je veux contribuer aux succès de l’équipe, a souligné l’ancien des Giants de Vancouver dans la Ligue junior de l’Ouest. Je ne pense pas à un nombre de buts ou de points. Je désire agir comme un meneur. Il y aura des moments où je devrai élever mon jeu et produire offensivement. Mais je ne jouerai pas uniquement ce rôle. J’aurai besoin de rester en santé. »
À ses deux premiers matchs sous les couleurs des Canucks, Gallagher a obtenu les minutes typiques d’un ailier de quatrième trio : 10:54 et 11:08.
Malhotra, un ancien coéquipier de Gallagher à Montréal (lors de la saison 2014-2015), entend profiter de sa vaste expérience.
« Nous nous retrouvons à la première semaine de la saison. J’ai encore bien des trucs à enseigner à mes joueurs, avait reconnu Malhotra jeudi matin. Gally m’aidera dans ce département. Il a du vécu, il a joué des rôles différents lors des dernières années à Montréal. Il m’aidera, il sera une voix de plus pour passer le message. »


















