CALGARY – Julien BriseBois n’a pas cherché trop longtemps pour identifier la principale différence entre construire une équipe gagnante pour la Coupe Stanley et une équipe gagnante pour la médaille d’or aux Jeux olympiques.
« Il n’y a aucun plafond salarial », a lancé BriseBois lors d’un entretien avec les médias montréalais en cette dernière journée du camp d’orientation de l’équipe canadienne à Calgary.
« Quand tu dois assembler l’équipe canadienne, tu as accès à tellement de bons joueurs, a-t-il poursuivi sur une note plus sérieuse. C’est excitant pour un dirigeant. Pour le premier entraînement à Brossard en février dernier pour les 4 nations, je regardais les joueurs sur la patinoire et je trouvais ça incroyable. J’avais le même sentiment lors de notre premier souper ici à Calgary. C’est difficile de ne pas te passer le commentaire qu’il y a de bons joueurs de hockey dans la salle ! »
BriseBois, le directeur général du Lightning de Tampa Bay, aura encore son mot à dire dans la sélection de l’équipe canadienne pour les Jeux Olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026. À l’instar de la Confrontation des 4 nations, il occupe un poste d’adjoint au DG, Doug Armstrong (Blues de St. Louis). Jim Nill (Stars de Dallas) et Don Sweeney (Bruins de Boston) sont les deux autres adjoints à Armstrong, alors que Kyle Dubas (Penguins de Pittsburgh) a hérité du rôle de directeur du personnel.
Pour les six prochains mois, BriseBois aura comme mission en compagnie des autres dirigeants d’assembler la meilleure équipe possible.
« Quand on bâtit une équipe pour aspirer à la Coupe Stanley, il y a du court terme, mais aussi du long terme, a affirmé l’homme de 48 ans. Tu souhaites gagner sur une longue période. Dans une formule pour un tournoi olympique, c’est février 2026 qui compte. Et rien d’autre. L’âge des joueurs n’est pas un facteur. C’est qui peut en donner le plus possible pour nous aider à gagner. Tu désires aussi offrir tous les outils possibles pour les entraîneurs en choisissant des joueurs avec des profils différents. »
BriseBois et ses acolytes ne choisiront donc pas nécessairement les 25 meilleurs joueurs au pays, mais bien les 25 joueurs qui feront du Canada une équipe redoutable sur tous les fronts.
« Tous les joueurs présents ici sont de grands joueurs, a-t-il rappelé. Ils mériteraient chacun leur place. Mais ça se jouera selon leurs performances en début de saison. L’an dernier, nous avions tenu une rencontre à Edmonton avant le début de la saison. Nous commencions à préparer notre formation. Il y a des joueurs que nous croyions bien positionner qui ont fini par glisser à l’extérieur de l’équipe. Il y a d’autres joueurs qui ont capté notre regard. Nous nous ferons nos choix en fonction de ceux qui joueront bien à l’automne. Tous les joueurs ici sont assez bons. »
Suzuki : un sérieux candidat
À la Confrontation des 4 nations, BriseBois avait trois de ses joueurs du Lightning au sein de l’équipe en Brayden Point, Anthony Cirelli et Brandon Hagel. Derrière le banc, Jon Cooper représentait un autre visage familier.
Point, l’un des six premiers joueurs sélectionnés, et Cooper ont déjà leur billet d’avion pour Milan. Plusieurs membres de l’équipe gagnante de février dernier conserveront leur place.
Nick Suzuki sera l’un des joueurs qui voudront bousculer l’ordre établi. Encerclé par trois journalistes de Montréal, le DG du Lightning a parlé du capitaine du Tricolore.
« Il est ici à Calgary, il reste donc sous notre radar, a-t-il répliqué. Quand nous avons fait notre sélection pour les 4 nations, c’était au mois de novembre dernier. Nous devions donner notre équipe pour le 1er décembre. Nous savions que Nick Suzuki était un bon joueur de hockey et nous regardions sa saison. Ultimement, il n’a pas obtenu un poste au sein de notre équipe. Mais il est ici aujourd’hui. Ses performances seront scrutées à la loupe entre le début de la saison et la fin décembre. »
BriseBois a rejeté l’hypothèse suivante : Suzuki avait nui à sa propre candidature l’an dernier en raison de ses refus de représenter le Canada au Championnat du monde.
« Non, ce n’est pas vrai, a mentionné le Québécois. Nous sommes ici pour gagner. Nous ne sommes pas là pour faire de la politique. Nous voulons choisir les joueurs qui augmenteront nos chances de gagner la médaille d’or. C’était la même philosophie pour les 4 nations. »
« Mais s’il y a un facteur, c’est le suivant. Si tu représentes le Canada au Championnat du monde, tu donnes une chance aux dirigeants de mieux te connaître sur la glace et à l’extérieur. Nous pouvons voir comment un joueur s’adapte dans différentes situations. Tu n’es pas pénalisé si tu refuses d’y aller. Mais si tu y vas et que tu joues bien, tu peux gagner des points. Samuel Montembeault représente un bon exemple. Il avait connu un très bon tournoi au Championnat du monde. Il avait aidé le Canada à gagner. Ça pesait dans la balance quand nous devions choisir nos gardiens. Nous savions qu’il pouvait bien jouer dans de grands matchs et dans une formule d’un tournoi, ce qui est différent d’un quatre de sept. Il n’y a pas de marge d’erreur avec une élimination directe. »


















